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Parvenez-vous à effaroucher les oiseaux sur la ferme ?

Étourneaux, pigeons, corvidés… Les oiseaux souillent la table d’alimentation, percent les bâches de silos et peuvent être sources de contaminations… Diverses méthodes de lutte existent mais il n’existe pas de formule miracle.

© V. Marmuse
 

Jean-Claude Delaunay, éleveur en Ille-et-Vilaine

OUI Je participe à une action collective contre les corvidés sur trois cantons avec l’aide de la FDGdon. Nous commençons à avoir beaucoup moins de corneilles noires sur le secteur. L’idée est de réguler la population en installant de petites cages qui servent de piège sur différentes parcelles. On place un corneille vivante à l’intérieur ; celle-ci doit impérativement provenir d’un secteur éloigné. Les corneilles locales s’approchent pour défendre leur territoire. Une fois qu’elles ont pénétré dans la cage, elles ne peuvent plus en sortir. Chaque couple piégé équivaut à cinq petits en moins chaque année. Personnellement, en un an, j’ai pu capturer 60 corneilles noires avec trois cages. La lutte collective est un travail de longue haleine. L’an dernier, 600 à 700 corbeaux ont été piégés sur le canton. D’autres actions sont également menées au fusil de mars à juillet, avec des autorisations préfectorales individuelles.  

Jean-Jacques Aubry, éleveur en Ille-et-Vilaine

NON Cela fait plusieurs années que les pigeons ont élu domicile dans notre stabulation, et le phénomène s’est amplifié depuis le début de l’année. Ils vont et viennent dans notre bâtiment semi-ouvert et défèquent sur la table d’orientation, l’auge et la réserve de concentrés qui alimente le DAC. Le fait qu’il y ait deux haies de part et d’autre de la stabulation n’arrange pas les choses… Nous avons fait intervenir des spécialistes qui sont venus deux nuits en l’espace d’un mois. Ils ont utilisé un effaroucheur lumineux (torche laser) pour éloigner les oiseaux. Cela n’a pas réglé le problème, je n’ai pas constaté d’amélioration. En attendant de trouver un meilleur moyen, nous allons installé une couverture amovible pour protéger la réserve de concentrés.

Yvon Mercier, éleveur dans le Finistère

OUI MAIS comme l’exploitation se situe dans une zone très favorable à l’hivernage des étourneaux (entre mi-octobre et début mars), il reste difficile d’endiguer ce fléau. Les étourneaux se nourrissent de grains de maïs qu’ils volent au silo et sur la table d’alimentation. Quand ils attaquent une zone, il n’y a plus un seul grain après leur passage ! C’est une perte nette, sans parler des risques sanitaires liées aux déjections. Ils parviennent même à pénétrer dans les bâtiments fermés. Nous avons investi dans deux effaroucheurs. Ils réduisent le problème les premiers mois, mais les oiseaux s’y habituent au fil des semaines et n’ont plus peur. L’effaroucheur pyrooptique (1 350 €) est le plus efficace. Il produit une détonation sonore en plus d’un effet visuel, à une fréquence aléatoire. Le second effaroucheur (250 €) diffuse un enregistrement de cris de prédateurs pour effrayer les étourneaux près de la table d’alimentation. Là encore, ça ne marche qu’un temps. J’essaie de les installer dès l’arrivée des oiseaux pour qu’ils ne s’installent pas sur la ferme. Mais cela ne fait que déplacer le problème…

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