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L’Irlande programme une hausse de 50 % de sa production d’ici 2020

L’Irlande, qui exporte déjà 80 % de sa production
laitière, mise sur le développement de son export
sur pays tiers.

L’Irlande entend clairement utiliser les exportations, notamment agro-alimentaires, pour relancer son économie. Une économie en plein marasme qui, en quatre ans, a vu le taux de chômage passer de 4 à 14 %! Dans un rapport publié fin 2010 « Food harvest 2020 », le gouvernement a établi des objectifs de développement pour chacun des secteurs agricoles.

En lait, l’Irlande n’a pas froid aux yeux. « Le gouvernement affiche un objectif de hausse de 50 % de la production, un chiffre qui a surpris nos concurrents européens », a exposé Catherine Lascurettes, secrétaire générale de l’Irish farmers’association lors d’une journée organisée par le Cérel le 30 juin dernier. Cette augmentation de 50 % d’ici 2020 est-elle réaliste? En pratique cela signifie une hausse de 10 % par an de la production après les quotas, ce qui est considérable.

Une forte détermination de l’industrie irlandaise

Pour Catherine Lascurettes, plus que le chiffre en lui-même, c’est la tendance qu’il faut retenir et elle mise sur une expansion importante. « Celle-ci se fera sans le moindre doute car l’industrie irlandaise y est bien déterminée », affirme-t-elle. Les transformateurs — des coopératives — affichent une très forte volonté de travailler ensemble avec l’Irish Dairy Board pour améliorer leur rentabilité et profiter des opportunités crées par la demande croissante sur le marché mondial.

Mais beaucoup d’obstacles sont à surmonter, notamment la difficulté d’accès au crédit liée à la crise. L’industrie est par ailleurs handicapée par une capacité de transformation sous utilisée sauf en mai-juin(1) à cause de la très forte saisonnalité de la production (variation mensuelle de 1 à 7 !). « Les entreprises devront investir en capacité supplémentaire car les producteurs ne vont pas désaisonnaliser », explique-t-elle. « L’ambition n’est pas d’aller sur le marché européen saturé mais sur les pays tiers avec des produits nutraceutiques (produits de l’effort, laits maternisés…) ». Développer la capacité de transformer et de mettre les produits supplémentaires sur le marché de façon rentable, « cela prendra du temps ». Du côté des 18 000 producteurs irlandais, « le potentiel et l’enthousiasme sont bien réels, affirme-t-elle.

Des ambitions d’expansion de la plupart des producteurs

Leurs coûts — avec une production extensive à l’herbe et peu d’aliments — sont compétitifs et ils ont une capacité d’augmentation de la production à coûts relativement marginaux. "La plupart d’entre eux ont des ambitions d’expansion. Beaucoup pensent que s’ils ne répondent pas à l’augmentation de la demande mondiale, d’autres produiront à leur place ». Pour preuve l’augmentation du prix du quota: de 15-16c/litre, il est passé à 35 c (au-dessus de la pénalité de 28c!) lors du dernier marché, et Catherine Lascurettes s’attend à ce qu’il progresse encore de 10 % lors du prochain marché à l’automne. Mais conclut-elle, « les éleveurs irlandais ne vendront pas leur lait à perte ».

(1) Utilisation à 90 % contre 43 % d’octobre à mars.

Glanbia : un contrat volontaire pour sécuriser le prix

Original le contrat volontaire proposé par la coopérative Glanbia à ses producteurs en début d’année ! Bâti en accord avec des clients internationaux du groupe, il repose sur un prix minimum garanti de 280 euros pour 1 000 litres sur trois ans auquel s’ajoute une prime tenant compte de l’évolution du coût de l’aliment. Cette prime est estimée au début de l’année par Glanbia qui se base sur les travaux de l’institut irlandais (équivalent de l’Inra et de l’Institut de l’élevage).

Une prime supplémentaire est attribuée en fin d’année si l’augmentation du coût de l’aliment s’avère supérieure aux prévisions. L’agriculteur est invité à souscrire un contrat pour au minimum 10 % de son volume de production mais il n’y a pas de maximum. Cette année, les coopérateurs se sont vus proposer en début d’année une prime de 2,5c/l. Le contrat a eu du succès : il y a eu plus de demandes de souscription que d’offre. « La volatilité des prix n’est bonne pour personne », commente Catherine Lascurettes.

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