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Sept techniques pour sécuriser vos sols bétonnés

Les glissades
des animaux
dans les bâtiments
sont un problème
à prendre au sérieux.
Il existe divers procédés
de traitement des sols
bétonnés qui procurent
un bon confort
aux animaux.

«Le traitement des sols bétonnés sur lesquels circulent les animaux est fortement conseillé, rappelle Jacques Charlery, du GIE lait-viande de Bretagne. Les glissades sur les bétons sont sources de stress pour l’animal, qui rechigne alors à fréquenter l’aire d’exercice. Les désordres vont du petit inconfort pouvant provoquer une boiterie, à la perte d’un animal suite à un accident. Le malêtre est parfois général dans le troupeau et la longévité des animaux est souvent diminuée. »

L’objectif des traitements est de rendre le sol moins glissant sans mettre en péril sa durée de vie. Le béton ne doit pas non plus être vecteur de mauvaises odeurs. Il doit enfin rester facile à nettoyer. Voici sept techniques présentées par le comité régional bâtiment de Bretagne, de la plus commune à la moins utilisée.

1 - Le béton rainuré après durcissement

C’est la technique universelle. Ce traitement peut être réalisé deux à trois fois sur le même béton, à intervalles de cinq à dix ans. Le principe est de tailler des rainures dans un béton durci - c’est-àdire âgé d’au moins quatre semaines. Le rainurage est réalisé à l’aide d’une machine équipée de disques diamantés. La surface du béton est rainurée tous les cinq centimètres.

Les rainures ne doivent pas être trop profondes (5 mm maximum) afin d’éviter l’accumulation de jus, la fermentation et les mauvaises odeurs. Il convient aussi de ne pas pratiquer un rainurage trop rapide au risque de dégrader la surface du béton. Ce traitement convient aux aires d’exercice et aux aires d’attente. Il est moins adapté pour les salles de traite. Son coût est d’environ 3 €/m2, pour une surface de 300 m2.

2 - Le béton scarifié après durcissement

La scarification consiste à attaquer le béton durci (au moins quatre semaines après réalisation), à l’aide de disques diamantés très rapprochés et à faible profondeur. Cette technique peut être combinée au rainurage, la scarification s’effectuant entre les rainures. Les animaux trouvent ainsi à la fois des zones de butée pour les sabots et une surface rendue rugueuse entre les rainures.

Les bétons scarifiés sont adaptés aux aires d’exercice et d’attente. La scarification utilisée seule convient aux salles de traite. La durée de vie d’une scarification est de cinq à dix ans. Il faut compter environ 6 €/m2, pour une surface de 300 m2.

3 - Le béton rainuré frais

Il s’agit de réaliser des rainures à la fourche sur le béton frais, mais bien fermé, avant durcissement complet. La mise en oeuvre doit être rapide et effectuée au bon moment. De simples essais permettent de constater si le béton se referme ou non.

Le bon stade est en général déjà atteint dans les premières heures après réalisation, avec des variations en fonction de la météo et de l’arrosage du béton. L’idéal est de créer des rainures de quinze millimètres d’épaisseur et espacées de cinq centimètres. Certaines dents de fourche trop fines creusent des rainures trop profondes qui accumulent les jus et créent de mauvaises odeurs.

Cette méthode s’avère intéressante sur les petits passages, dans les angles, et pour réaliser des rainures croisées. Elle s’adapte bien aux aires d’exercice et aux parcs d’attente, moins aux salles de traite. C’est une technique économique. La durée de vie est similaire à celle du béton rainuré après durcissement, soit au minimum cinq ans.

4 - Le béton désactivé

Le principe est de pulvériser sur la surface du béton un produit retardateur, dans les heures qui suivent la réalisation. Ce produit empêche le durcissement du premier centimètre de béton. Une fois la prise effectuée, on fait apparaître, à l’aide d’un puissant jet d’eau, les granulats du béton.

Il convient par conséquent d’éviter d’utiliser des graviers coupants, susceptibles de blesser les onglons des animaux. Adapté aux aires d’attente, ce procédé est déconseillé sur les aires d’exercice car il altère la qualité du raclage. Il peut être utilisé en salle de traite. Le coût du produit désactivant (hors main-d’oeuvre) s’élève à 2,50 €/m2.

5 - Le béton décapé thermiquement

Ce procédé est particulièrement adaptée à la récupération d’anciens bétons devenus glissants. Il convient aussi aux caillebotis, qui sont difficiles à traiter avec d’autres techniques. Il s’agit de provoquer un choc thermique sur le béton (2400 à 3000 °C) à l’aide d’une flamme d’oxytétrène sur une rampe de 50 cm de large. La partie traitée éclate.

La chaleur brûle les huiles, les graisses et les agents chimiques incrustés en profondeur. L’opérateur doit prendre garde à ne pas détruire les joints de retrait et d’étanchéité. Pour un traitement thermique, comptez 6 à 10 €/m2.

6 - Le béton balayé frais

Le béton frais, mais bien fermé, est frotté à l’aide d’un balai brosse avant durcissement complet. La durée de vie de ce traitement est limitée sur les aires d’exercice (deux à trois ans maximum). Cette technique économique peut être utilisée en attente d’un rainurage par exemple, ou dans des zones peu accessibles.

Le béton balayé convient aussi dans les logettes. Il est cependant difficile à laver et déconseillé dans les salles de traite. Le risque du balayage est de faire remonter des cailloux qui peuvent être inconfortables voire coupants pour les onglons.

7 - Le béton bouchardé frais

La technique consiste à imprimer une forme dans le béton frais, mais bien fermé, avant durcissement complet. La mise en oeuvre est rapide et doit être effectuée au moment adéquat. Les formes imprimées sont des losanges de cinq centimètres de côté. L’épaisseur des rainures est de 15 mm. Et leur profondeur doit être limitée à 5 mm pour éviter la rétention de jus, la fermentation et les odeurs désagréables.

Attention à ne pas faire ressortir les graviers du béton. Grâce à ses lignes losangées entrecroisées, le rainurage bouchardé assure un bon confort pour les animaux. Il nécessite toutefois de disposer de gabarits, sous forme de grilles ou de rouleaux, pour imprimer le béton. Il est conseillé sur les aires d’exercice et les aires d’attente.

Le béton bouchardé s’avère difficile à laver. Il est donc peu adapté aux sols de salle de traite.

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