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REPRODUCTION
AVEC UN TAUREAU, MIEUX VAUT PRÉVENIR QUE SUBIR!

Quel que soit l’objectif poursuivi, l’emploi d’un taureau pour la
monte naturelle doit s’accompagner d’un certain nombre de précautions
sur les plans sanitaire et de la sécurité de l’utilisateur.

Le recours à la monte naturelle reste assez marginal dans les troupeaux laitiers (entre 15 et 20 % des femelles). Souvent utilisé pour « les rattrapages » des femelles non gestantes après insémination, le taureau est aussi parfois employé dans le cadre d’une stratégie de renouvellement du troupeau (lire témoignage). La possibilité offerte par la génomique d’ici fin 2010 d’évaluer le potentiel génétique de ses vaches, conjuguée au recours à de la semence sexée sur les meilleures vaches du troupeau,pourraient à terme augmenter la proportion de femelles saillies par un taureau de même race ou en croisement.

LE TAUREAU GENTIL N’EXISTE PAS

Quel que soit l’objectif poursuivi, avoir un taureau dans son élevage n’est jamais un choix anodin sur le plan de la sécurité de l’utilisateur, du sanitaire ou technique. Ce dernier point englobe notamment la maîtrise du progrès et de la variabilité génétique, le repérage de la date de saillie pour gérer le tarissement, la prise de risque en termes de facilité de naissance en cas de saillie sur génisses…

Seuls la sécurité et le sanitaire seront abordés ici. Le taureau gentil et sûr à 100 %, n’existe pas. Les plus dociles sont d’ailleurs potentiellement les plus dangereux parce qu’on a tendance à moins s’en méfier. « Quand on retire une vache après la saillie, cela peut finir par provoquer des troubles du comportement chez le taureau. Passé l’âge de trois ans, un taureau devient de toute façon irritable », prévient Didier Guérin, directeur du GDS de la Creuse. Quelques précautions s’imposent donc, comme la pose d’un anneau nasal à l’âge de 15 à 16 mois, le non-isolement du taureau, l’utilisation d’un bâton…

Sur le plan sanitaire, aucune précaution particulière n’est nécessaire si le taureau est issu du même élevage. Ce n’est plus le cas dès qu’il s’agit d’un achat. Il faut d’abord vérifier que l’animal est correctement identifié. « Une fois le taureau acquis, c’est le nouveau propriétaire qui est responsable si les documents ne sont pas conformes. »

VÉRIFIER LE STATUT SANITAIRE DE L’ÉLEVAGE VENDEUR

N’oubliez pas de notifier l’entrée de l’animal dans les sept jours qui suivent son introduction. Le taureau est isolé pendant au moins une quin- zaine de jours. « Le changement d’élevage est stressant pour l’animal. Ses défenses immunitaires s’en trouvent diminuées. » On profitera de la quarantaine pour réaliser des tests de dépistage de certaines maladies.

Si l’animal est acheminé directement dans votre élevage, la liste des analyses se réduit à la recherche de la BVD et de la paratuberculose (pour les bovins de plus de 18 mois). En effet, en France, « beaucoup d’élevages sont certifiés indemnes d’IBR, ce qui permet une dérogation au contrôle IBR à l’introduction lors de conditions de transports directes entre le vendeur et l’acheteur et sans rupture de charge ou dans le cadre de transport certifié. Si le taureau a transité plus de six jours, des contrôles brucellose et tuberculose peuvent être nécessaires », explique Didier Guérin.

DÉPISTER LA BVD

Avec la paratuberculose, les choses se compliquent un peu. « Un bovin se contamine dans le premier mois de sa vie. Il peut devenir contaminant à partir de 18 mois d’âge avec une détectabilité de la maladie qu’à partir de cet âge, d’où la nécessité de connaître le statut du cheptel d’origine. »

Il faut également contrôler la maladie des muqueuses (BVD). « Environ deux tiers des animaux IPI sont normaux d’apparence, mais excrètent du virus. » La BVD est responsable de problèmes de reproduction, d’avortements… Si l’animal n’a pas d’attestation prouvant qu’il n’est pas IPI, il faut faire un test de dépistage. « Dans certains départements, ce test est pris en charge par le GDS. » Au moment de l’achat, « n’oubliez pas de faire signer un billet de garantie conventionnelle au vendeur, précise Didier Guérin. C’est une garantie de reprise si le taureau s’avère atteint de BVD ou de paratuberculose ».

En cas de résultats positifs, contactez votre GDS ou votre vétérinaire pour connaître la démarche à suivre.

AVIS D'EXPERT

« Le suivi technique reste indispensable » Didier Guérin, directeur du GDS de la Creuse.

« Un taureau de monte naturelle en élevage laitier représente souvent un outil annexe de gestion de la reproduction de son troupeau. Un bon retour nécessite d’associer les qualités d’éleveur (observation des chaleurs et de la saillie de chaque vache par le taureau, des retours éventuels…), de suivi technique (diagnostics de gestation précoces pour quantifier la réussite et dater les gestations pour une bonne maîtrise des tarissements…) et de vigilance sanitaire. En cas d’introduction de l’animal, il faut bien respecter toutes les mesures de vigilance et de dépistage nécessaires. »

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