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Les grains très durs résistent aux éclateurs des ensileuses

Avec son Défi ensileuses, Elvup a mis l’accent sur la nécessité de bien éclater les grains pour optimiser la valorisation de l’ensilage. Un challenge parfois difficile à relever pour les ensileuses.

L'indice de fragmentation des grains (IFG) des vingt échantillons analysés a varié de 40 et 63 .
© F. Mechekour

À la récolte, il faut mettre la priorité sur la qualité de l’éclatage des grains, quitte à risquer un éventuel excès de défibrage. Tel est le message qu’a voulu faire passer Yann Martinot, directeur technique d’Elvup (ex-Orne conseil élevage), lors de son intervention au Défi ensileuses organisé par l’entreprise de conseil en élevage ornaise (lire encadré). Les grains mal éclatés sont moins bien digérés par les vaches. Ils se retrouvent en quantité plus ou moins importante dans les bouses avec à la clé des pertes d’amidon et donc d’UFL. « Il faut que plus de 70 % de grains soient éclatés en morceaux de tailles inférieures à 4,75 mm. Cela correspond à des grains coupés au minimum en quatre et de préférence en huit morceaux. » Reste que cette qualité d’éclatage n’est pas toujours au rendez-vous sur le terrain. Les résultats des trois dernières campagnes d’ensilage issus de la base de données d’Elvup montrent que l’Indice de fragmentation des grains (1) a varié de 52 à 67 avec seulement 17 % d’IFG supérieurs à 70. L’IFG moyen se situait à 58, soit dans la tranche des résultats insuffisants (IFG compris entre 50 et 70). « Pour une exploitation faisant 30 hectares d’ensilage de maïs avec un rendement de 12 tonnes de MS/ha, cela représente une perte économique moyenne de 2 630 euros », selon Yann Martinot.

52 % de grains correctement éclatés

Compte tenu de l’importance de ce critère, Elvup a organisé un Défi ensileuses, mettant en compétition cinq modèles de marque différente. Le règlement imposait des longueurs de coupe de 14 et 18 mm avec un éclateur réglé à 2 mm. Sur une seconde parcelle, les constructeurs ont choisi des réglages d’éclateur compris entre 0,75 et 1,2 mm (ensilage à 36,7 % de MS contre 33,4 % de MS sur la première parcelle). « La qualité des coupes est pleinement maîtrisée par toutes les marques. Au niveau de l’éclatage, les écarts entre machines ne sont pas significatifs, mais les résultats (IFG moyen de 52 pour un ensilage à 35 % de MS) n’ont pas été à la hauteur de ce que l’on souhaite (IFG supérieur à 70). Ces résultats sont comparables à ceux de notre enquête », a conclu Yann Martinot. Lequel en a déduit que « lorsque le grain est très dur, peu d’éclateurs y arrivent. Les plus récents y arrivent cependant en général ».

L’arrivée de variétés de maïs typées farineux offre des perspectives intéressantes pour faciliter l’éclatage des grains. Leur utilisation dans des secteurs comme l’Orne reste cependant problématique en termes d’indice de précocité. Par ailleurs, plus il y a de grains, meilleur est l’indice de fragmentation. Ce dernier augmente de 5 à 10 points trois mois après la récolte. D’où l’intérêt, quand c’est possible, « de laisser fermenter le silo pendant quatre mois ».

Dans tous les cas, Yann Martinot préconise de vérifier la qualité de l’éclatage des grains avec des diagnostics réalisés au champ (2). « Le diagnostic visuel est insuffisant. » La mesure de l’IFG avec un tamis est plus précise mais aussi plus lourde à mettre en place.

(1) L' IFG permet d’évaluer le pourcentage de grains éclatés en morceaux de taille inférieure à 4,75 mm.(2) Méthode du seau, Réussir Lait, n° 304, page 50 - www.lait.reussir.fr

Les modèles engagés dans le Défi ensileuses

Cinq marques ont participé à l’événement organisé au Gaec Bois-Robin à Chemilli dans l’Orne le 5 septembre avec les modèles suivants : Claas Jaguar 940, Fendt Katana 65, John Deere 8500i, Krone Big X 530 et la New Holland FR 480.

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