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Le moins de perte possible pour le chantier de foin

Entre 600 et 1 000 kMS/ha sont perdues au cours d’un chantier de fenaison. C’est lors des opérations de fanage et d’andainage que l’essentiel de ces pertes se produisent. Résultat d’un essai comparant sept modalités de récolte.

Un essai coordonné par la chambre d’agriculture de la Creuse (1) a montré en 2015 qu’entre 9 et 16 % du rendement est perdu au cours du chantier de fenaison d’une prairie d’association. La prairie était composée de 20 % de légumineuses (trèfle blanc et luzerne) et 80 % de graminées (dactyle, pâturin commun et fétuque élevée). Le rendement moyen a été de 6,4 tMS/ha sur pied. « Malgré les précautions prises pour réduire les brassages inutiles et le temps de passage du fourrage dans les machines, les pertes sont loin d’être négligeables, d’autant plus que nous avons constaté que ce sont davantage les feuilles – partie la plus riche en azote – qui sont perdues, plus que les tiges », explique Pierre Lépée, de la chambre d’agriculture de la Creuse. Ainsi, les pertes de MAT varient, selon les modalités du chantier, de 5 à 23 % (voir tableau).

Dans cet essai, ont été comparées sept modalités pour lesquelles la vitesse de séchage, les pertes au champ aux différentes étapes du chantier et la consommation de carburant ont été mesurées (2). « C’est au cours des opérations de fanage et d’andainage que l’essentiel des pertes se produisent. Le pressage n’a occasionné que très peu de pertes ici, avec une presse à chambre variable et un fort débit de chantier (gros andain et vitesse d’avancement élevée). »

Pas d’impact de la vitesse de fauche sur les pertes

Une faucheuse simple a été comparée avec une conditionneuse à doigts et avec une conditionneuse à rouleaux. La faucheuse simple est moins chère à l’achat et consomme moins de carburant. Les faucheuses conditionneuses ont nécessité dans cet essai en moyenne 1,7 l de GNR de plus à l’hectare que la faucheuse simple. « La faucheuse simple a permis de faire moins de pertes de fourrages, notamment quand on fane juste après la fauche. » La conditionneuse à doigts peut occasionner des pertes assez importantes si le réglage du régime est mal réglé. Mais le séchage est plus rapide si on fait éparpiller les andains, ce qui permet une meilleure exposition au soleil, et souvent d’économiser un passage. La conditionneuse à rouleaux a causé dans cet essai moins de pertes que celle à doigts mais le séchage a été moins rapide. Il aurait été possible de régler l’écartement des rouleaux qui était trop important pour écraser correctement les tiges et ainsi accélérer leur dessication. Il était de 6 mm et peut être réglé à 3 mm. La faucheuse à doigts avec andains éparpillés a permis la plus rapide déssication du fourrage : avec une fauche le jour J vers 15 h, le taux de matière sèche atteignait 44 % à J + 1 à 9 h 30 (contre 37 % pour la faucheuse simple et 36 % pour la faucheuse à rouleaux). Par contre, la faucheuse à doigts a provoqué jusqu’à 38 % de pertes de plus qu’une faucheuse simple dans cet essai, sachant que le régime du conditionneur était de 1 000 tr/min. Il aurait fallu pouvoir tester cet équipement à 750 tr/min.

La fauche a été conduite à 8 ou à 12 km/h et dans cet essai, la vitesse de fauche n’a pas eu d’impact sur les pertes et sur la vitesse de séchage.

« L’itinéraire faucheuse simple avec premier fanage sur fourrage vert dans la journée a donné le moins de pertes et a aussi permis d’économiser 20 % de carburant par rapport aux itinéraires avec conditionneuses. Par contre, la vitesse de séchage a été moins rapide », retient Pierre Lépée.

Cet essai a permis de bien mesurer l’intérêt de travailler en andain serré (1,1 m de large et 0,38 m de haut) ou éparpillé (2,3 ou 2,6 m de large et 0,20 ou 0,26 m de haut) : avec la conditionneuse à doigts, le taux de matière sèche était, à J + 1 à 9 h 30, de 44 % avec andain éparpillé contre 39 % avec andain serré. « Travailler avec des andains éparpillés est particulièrement intéressant si on fait de l’enrubannage car le fourrage est ainsi exposé au soleil tout de suite et on gagne des points de matière sèche. »

(1) Essai coordonné par Pierre Lépée de la chambre d’agriculture de la Creuse avec les chambres d’agriculture de Corrèze, Haute-Vienne, du Limousin, Arvalis Institut du végétal, Herbe et fourrages Limousin, le GDA de Bourganeuf, la Cuma Vallée du Thaurion, Kuhn, Ets Micard.(2) Résultats présentés ici pour les six modalités les plus significatives.

En savoir plus

Une vidéo de présentation de l’essai est disponible sur le site http://www.herbe-fourrages-limousin.fr/

Matériels utilisés et itinéraires de travail

Faucheuse portée de 3,10 m de large, sept disques, prise de force à 1 000 tr/min, largeur d’andain de 2,20 m tout à plat

Faucheuse conditionneuse à doigts traînée avec timon latéral, avec andain beaucoup plus soufflé qu’avec la faucheuse classique, réglé à 1 000 tr/min.

Faucheuse conditionneuse à rouleaux à timon central, avec écartement entre rouleaux réglé à 6 mm, avec andain un peu plus couché qu’avec la conditionneuse à doigts

Faneuse portée 8 toupies avec 6 bras par toupie, 350 tr/mn à la prise de force (1 270 tr/mn au moteur)

Andaineur double avec travail sur 7,7 à 8,8 m, 350 tr/min à la prise de force, travail à 10 km/h

Presse à chambre variable

1 - faucheuse classique à 14 h jour J à 12 km/h, fanage J + 1 à 11 h, fanage J + 2 à 11h, andainage J + 2 à 17 h 30

2 - faucheuse classique à 14 h jour J à 12 km/h, fanage jour J à 16 h, fanage J + 1 à 11 h, andainage J + 2 à 11 h

3 - conditionneuse à doigts avec andain serré à 8 km/h jour J à 14 h, fanage J + 1 à 11 h, fanage J + 2 à 11 h, andainage J + 2 à 17 h 30

5 - conditionneuse à doigts avec andain serré à 8 km/h jour J à 14 h, fanage jour J à 16 h, fanage J + 1 à 11 h, andainage J + 2 à 17 h 30

6 – conditionneuse à doigts avec andain éparpillé à 8 km/h à 14 h, fanage J + 1 à 11 h, andainage J + 2 à 16 h,

7 – conditionneuse à rouleaux avec andain serré à 8 km/h, fanage J + 1 à 11 h, fanage J + 2 à 11 h, andainage J + 2 à 17 h 30

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