Aller au contenu principal
Font Size

Elevage bovin
Le marché à terme, une autre façon d´acheter son tourteau

S´initier aux marchés à terme, c´est avant tout accéder à une meilleure connaissance des marchés pour se garantir contre la volatilité des cours.


Acheter son tourteau de soja sur le marché à terme, pourquoi pas ? Les céréaliers ont déjà compris l´intérêt des marchés financiers et les éleveurs de porcs ont emboîté le pas. La société Offre et Demande Agricole, experte en la matière, propose des formations aux exploitants pour les initier aux rouages des marchés à terme. Entretien avec Renaud de Kerpoisson, son directeur.

Quel est le principe du marché à terme ?
Renaud de Kerpoisson - Le marché à terme est un marché financier, sur lequel il n´y a pas de réel échange de marchandises. Il se distingue du marché physique, de gré à gré, où les intervenants se connaissent. Les marchés à terme sont des indicateurs économiques qui donnent de la transparence au marché. Ils ne cotent pas les produits au cours du jour mais fournissent une indication sur les prix qu´il sera possible d´obtenir dans six mois ou un an.
Acheter son tourteau sur le marché à terme consiste en fait à passer un contrat à un prix donné pour une livraison dans plusieurs mois, tout en sachant que la marchandise ne sera pas physiquement livrée. L´éleveur va en effet revendre son contrat lorsqu´il s´approvisionnera réellement en tourteau auprès de sa coopérative ou de son négoce habituel.
Si les cours ont monté, l´éleveur paiera son tourteau plus cher, mais il engrangera une plus-value sur le marché financier. Si au contraire, les cours ont baissé, il achètera son tourteau meilleur marché, mais il y aura une moins-value sur le marché financier. Par ce mécanisme, les gains et les pertes d´argent sur les deux marchés s´annulent.

Quel est l´intérêt pour les éleveurs ?
R. de K. - L´intérêt est de garantir aux exploitants un prix d´achat du tourteau longtemps à l´avance. Les éleveurs peuvent ainsi gérer leur approvisionnement en tourteau sans risque de fluctuation des cours. Ils s´engagent pour une quantité donnée, à un prix donné et pour une livraison différée. Grâce à des mécanismes financiers (couvertures et options), ce prix d´achat leur est garanti.
A l´avenir, avec l´agrandissement des structures et un contexte économique plus tendu, je pense que de plus en plus d´éleveurs vont s´intéresser à ces outils financiers pour sécuriser leur marge.

Comment faire pour se lancer ?
R. de K. - La priorité, c´est d´abord de bien se former. Pour les éleveurs, les marchés à terme représentent quelque chose d´abstrait, qui leur fait peur. L´initiation aux marchés à terme leur permet de mieux appréhender l´information de marché.
Cependant, une formation de quelques jours ne suffit pas. On ne se lance pas sur les marchés à terme du jour au lendemain. Il faut consacrer du temps pour continuer de se familiariser avec les rouages du système. Dans la pratique, pour acheter sur les marchés financiers, les exploitants passent généralement par des intermédiaires telles que les banques, les courtiers, ou les coopératives, qui couvrent déjà des positions sur ces marchés.
Dernier conseil aux éleveurs : fixez-vous un objectif de prix d´achat qui vous semble raisonnable et conservez-le sans tenter de coup de pocker ! N´oublions pas que l´objectif n´est pas de spéculer sur le prix du soja !

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Les systèmes avec litière malaxée compostée réclament des bâtiments très ouverts.  © C. Pruilh
« En litière malaxée, la clé est un couchage sec pour les vaches »
L'EARL Dijs dans le Calvados et le Gaec de Goirbal dans le Morbihan ont opté pour des plaquettes de bois, avec un objectif de 15…
Le Gaec compte 4 associés, 6 salariés, dont 2 mi-temps, et un apprenti. L’atelier lait emploie 3,5 UTH, la transformation 2,5 UTH et la vente 1,5 UTH.  © V. Bargain
[ Lait bio ] Le Gaec de Rublé veut être autonome à tous les niveaux
Au Gaec de Rublé, en Loire-Atlantique, l’autonomie pour la production, la commercialisation et désormais l’énergie est un point…
Angeline, Thierry et Emmanuel Ciapa. Les trois associés emploient un apprenti et un salarié cinq mois par an. © Ciapa
Être éleveur dans un désert laitier
Être isolé dans une région de grandes cultures pose de nombreuses difficultés : suivis technique et vétérinaire…
Sorgho fourrager sursemé dans une prairie permanente après un travail superficiel du sol au covercrop. Par son effet sur la plisse de la prairie, il permet une meilleure implantation du sursemis prairial réalisé ensuite  à l'automne.  © S. Guibert
Du sorgho sursemé et pâturé pour le creux d’été
Comment rendre les prairies productives pendant les quatre mois d'été? Frédéric Lenglet, dans la Sarthe, a sursemé en juin 2019…
Benjamin Boileau, avec sa fille Lily. Cent hectares autour de la ferme sont pâturables. © V. Bargain
Cinq races pour des croisements trois voies
Le Gaec de Rublé en Loire Atlantique a réalisé un gros travail sur la génétique pour l’adaptation du troupeau au…
Un matériel d’épandage doit être capable « d’approcher la dose moyenne préconisée à tout moment du chantier d’épandage, explique l’Institut de l’élevage. Cet objectif est difficilement accessible. » © CA Bretagne
Le DPA, un réel progrès pour l'épandage du fumier
La maîtrise du dosage du fumier épandu reste perfectible. Le DPA, qui tend à se développer, apporte un réel gain de précision.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière