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« La Holstein convient très bien à mon système bio »

Génotypages, semences sexées, 100 % d’IA, achats de doses… Dans l’Orne, Gilles Souvré joue à fond la carte holstein pour produire 550 000 litres de lait avec seulement 70 vaches.

L’association des éleveurs Prim’Holstein de l’Orne a mis le cap sur la bio cette année pour son assemblée générale avec comme point d’orgue la visite de l’exploitation de Gilles Souvré à Préaux-du-Perche. Après une première installation en conventionnel puis une parenthèse de sept ans dans le para-agricole, Gilles a repris en 2014 une ferme qui était en bio depuis treize ans. « Ma conversion en bio a été instantanée », souligne l’éleveur en souriant. Installé sur une surface de 81 ha, auxquels s’ajoutent 24 ha en achats de fourrages, il mise sur un maximum d’autonomie protéique (ensilages de méteil riches en protéines, ensilage de luzerne…) et des orientations génétiques précises pour tirer son épingle du jeu. Ancien éleveur-sélectionneur, (naisseur notamment de la mère à taureaux Fracasse), il a gardé sa passion pour la race Prim’Holstein. Pas question donc de lever le pied sur le travail de sélection ni de changer de race ou de faire du croisement laitier. " Nous avons un grand choix de taureaux en Prim’Holstein. Je ne suis pas persuadé que le croisement laitier apporte un plus sur le plan économique. Je serais plus pour l’introduction d’une seconde race comme la Jersiaise."

10,4 kg de lait produits par jour de vie

Les 72 Prim’Holstein du troupeau produisent entre 7 500 et 8 000 litres de lait par an. "J’ai vendu en moyenne 546 000 litres de lait depuis trois ans. » Leur production par jour de vie atteint 10,7 kg bruts. « C’est vraiment très bon pour un élevage bio sachant que la moyenne est à 11,5 kg dans les élevages adhérents à Prim’Holstein France et à 10,8 kg pour ceux qui sont au contrôle laitier », souligne Jean-Paul Mette, technicien Prim’Holstein France. « Mes prédécesseurs avaient fait un très bon travail de sélection. Il y avait de très bonnes souches dans l’élevage et j’ai récupéré certaines souches de mon ancien troupeau », souligne l’éleveur.

Le choix des taureaux est réalisé en collaboration avec Jean-Paul Mette. Gilles Souvré met l’accent sur la morphologie (pas de taureaux à moins de 3 en synthèse) et le variant A2 de la bêta-caséine (lire encadré). Les taux, la fécondité et les cellules sont également surveillés de près. « Les index morphologie et cellules du troupeau sont passés de + 0,3 à + 0,6 entre octobre 2014 et mars 2018 », souligne l’éleveur. Avec une note globale de 83,3 le troupeau figure dans le Top 20 des élevages ornais. L’ISU moyen est à 116 points (117 en France et 116 dans l’Orne). « Grâce à la génétique, la ration et le DAC, j’ai gagné deux points de TP (31,80 g/l en 2017)."

Moins de lait mais beaucoup mieux en morpho et cellules

En revanche, sur la même période, l’index lait a chuté de 128 kg à 5 kg. L’éleveur accorde également beaucoup d’importance au tempérament et à la vitesse de traite. « J’aime les vaches faciles en salle de traite Je n’utilise pas de taureaux avec un index vitesse de traite inférieur à – 0,3 ou dont les filles ont trop de tempérament. »

Toutes les femelles du troupeau sont inséminées avec des taureaux importés (Bovec, Semex, Gen’France, JLD genetics) ou issus du schéma OrigenPlus qui a fusionné avec Gènes Diffusion en 2016. « J’utilise de la semence sexée sur toutes mes génisses et mes meilleures vaches. Je croise environ 40 % des vaches avec des taureaux de race à viande (Blanc Bleu Belge, charolais, Inra 95) et le reste est inséminé en race pure avec de la semence conventionnelle. »

En savoir plus

La proportion de Holstein dans les élevages adhérents à Biolait serait actuellement de 38 %. Selon le projet GenAB conduit par l’ITAB et l’Institut de l’élevage, sur les 58 000 vaches contrôlées dans les élevages bio en 2014, 24 000 étaient de race Prim’Holstein (41 %). Mais 40 % des troupeaux étaient multiraces et seulement 22 % purs Holstein. Ces chiffres datent. La grosse vague de conversions observée en 2016 a certainement changé la donne.

Des taureaux avec le variant A2 de la bêta-caséine

Gilles Souvré est adhérent à Biolait. Le premier collecteur de lait bio en France (180 millions de litres en 2017) est très attentif à la qualité nutritionnelle du lait. La digestibilité des protéines est un des axes de travail récent du groupement de producteurs. « Nous recommandons aux adhérents d’utiliser des taureaux porteurs du variant génétique A2 de la bêta-caséine. Il semblerait en effet que les protéines issues du variant A2 soient plus digestibles que celles du variant A1 », souligne Michel Ragot, administrateur de Biolait. « Mais, pour ne pas diminuer la variabilité génétique dans les troupeaux, nous incitons à travailler par la voie mâle plutôt que la voie femelle. » L’effet a priori bénéfique du variant A2 est notamment mis en avant en Nouvelle-Zélande (lire Réussir Lait n° 323, p.10).

Gilles Souvré est complètement en phase avec cette stratégie. « Suite au génotypage de toutes mes génisses, j’ai constaté que 40 % d’entre elles sont déjà A2-A2. En choisissant plutôt des taureaux A2-A2, je vais accélérer le progrès génétique sur ce critère. » Aussi, à l’exception de quelques rares taureaux comme Lencome et Lockstar (A1-A2), les accouplements sont très orientés sur des taureaux homozygotes pour ce caractère.

Les taureaux phare pour la campagne 2017-2018

RP Karter

Gymnast

Payton Mat

Kinghoy

Anamur

Light Lact

Attico Red

Ron Red

Louxor

Côté Eco

En 2017 en €/1000 l

Prix du lait : 471,24
Vente d’animaux : 71
Coût alimentaire : 103
Frais IA : 14
Frais véto : 9
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