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Des mélanges prairiaux conciliant biodiversité et valeur alimentaire

Dans la Dombes dans l'Ain. Une expérimentation a été menée pour déterminer les mélanges compatibles, en termes de valeur alimentaire, avec une fauche tardive.

Des techniciens d’Acsel (conseil élevage) mesurent les hauteurs d’herbe avec deux techniques : herbomètre (démarrage de végétation), damier (phase de croissance).
© G. Cauvin

La Dombes est un milieu humide d’une grande richesse faunistique, mais fragile. Dans cette zone Natura 2000, où les populations de canards prairiaux sont en recul, nombre d’agriculteurs sont engagés dans des mesures agro-environnementales « retour en herbe » et « retard de fauche ». Elles visent à augmenter les surfaces en prairies et à maintenir un couvert jusqu’au 1er juillet pour permettre aux canards de boucler leur cycle de reproduction en toute tranquillité. Mais les mélanges implantés habituellement ne répondent pas pleinement à cet objectif. La chambre d’agriculture de l’Ain a mené pendant trois ans une expérimentation pour déterminer les mélanges prairiaux qui concilient la protection des canards - un couvert haut et dense en début de saison (30 cm au 20 avril) - et la conservation d’une certaine valeur fourragère jusqu’à la récolte début juillet. « Nous avons testé des mélanges, en partenariat avec quatre semenciers, chez cinq agriculteurs, et fait des essais de fertilisation azotée, détaille Gilles Cauvin, de la chambre d’agriculture. Nous avons ensuite transformés les résultats en préconisations à l’adresse des organismes économiques qui vendent les semences aux agriculteurs et de leurs fournisseurs. »

Un compromis est nécessaire

Aucun mélange ne répond parfaitement aux deux objectifs à la fois (protections des canards, valeur alimentaire). Un compromis est donc nécessaire. Ces mélanges vont être suivis dans le temps ainsi que la nidification des canards pour voir si ces couverts sont véritablement attractifs. Le mélange préconisé pour l’instant comporte des espèces précoces (3-4 kg de ray-grass anglais précoce ou très précoce), intermédiaires (8-9 kg de fétuque élevée, 4-5 kg de dactyle, 3-6 kg de ray-grass anglais intermédiaire ou demi-tardif) et tardives (3-5 kg de fléole, voire 5-10 kg de pâturin des près). S’y ajoutent du trèfle blanc et du trèfle violet pour obtenir 30 % de légumineuses. Si les résultats observés dans la Dombes sont difficilement transposables dans d’autres régions, la méthode, qui a associé plusieurs partenaires techniques et financiers autour d’un intérêt commun quant à la protection de la faune sauvage, est exemplaire. « L’intérêt, c’est la réflexion qu’on peut mener pour faire cohabiter une agriculture qui évolue et qui a besoin d’être rentable avec la biodiversité », résume Gilles Cauvin.

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