Aller au contenu principal

Sunlait contre Savencia : à quatre semaines de la fin de leur contrat, les producteurs cherchent des solutions

Pour pousser l'industriel à discuter avec elle, Sunlait annonce qu'elle va se pourvoir en cassation contre Savencia, et qu’elle lèvera ce pourvoi dès que les contrats-cadres auront été signés avec le groupe fromager. Mais certains producteurs ont déjà commencé à prendre contact avec d’autres OP.

Près de 1000 producteurs de lait adhérent aux six OP Sunlait. La crainte d'une non collecte de lait à partir du 8 mars est présente, même si Savencia assure qu'elle a ...
Près de 1000 producteurs de lait adhérent aux six OP Sunlait. La crainte d'une non collecte de lait à partir du 8 mars est présente, même si Savencia assure qu'elle a besoin de lait.
© C. Pruilh - Archive

Depuis que Savencia a gagné en appel et que l’association de six organisations de producteurs Sunlait a perdu, l’industriel ne semble plus vouloir négocier avec l’association qui l’a traîné devant les tribunaux.

Près de 1000 producteurs adhérents des six OP n’auront plus de contrat le 8 mars. Savencia avait en effet dénoncé, il y a deux ans le contrat-cadre avec les OP Sunlait. Après plusieurs tentatives pour faire revenir Savencia à la table des négociations, Sunlait a décidé de se pourvoir en cassation. « Et nous lèverons le pourvoi en cassation dès que l’on aura signé les six contrats-cadres négociés entre Sunlait et Savencia - un contrat par OP », explique Landry Rivière, président de Ouest’Lait, la plus grosse OP de Sunlait, avec 543 exploitations laitières adhérentes.

Savencia a repoussé plusieurs tentatives de Sunlait

Le groupe fromager avait en effet refusé la médiation publique demandée par Sunlait en décembre, pour négocier un nouvel accord-cadre. Devant ce refus, Sunlait avait saisi le Comité des règlements des différends commerciaux agricoles (CRDCA) pour demander que l’échéance du contrat-cadre actuel soit prolongée jusqu’au 31 décembre 2024, et ainsi laisser le temps de construire un nouveau contrat-cadre. La décision sera rendue à la mi-février.

En attendant la décision du Comité, des éleveurs adhérents de Ouest’Lait et de Sud-Gascogne, deux OP adhérentes de Sunlait, ont manifesté le 8 février devant deux usines de Savencia, pour faire part de la forte pression que l’industriel laitier exerce sur eux, interpeler les pouvoirs publics et amener Savencia à reprendre les discussions avec Sunlait pour trouver un nouvel accord.

Pression de Savencia pour faire disparaître Sunlait

Landry Rivière, président de Ouest’Lait, dénonce la pression subie par les éleveurs : « Sunlait a un mandat de ses OP adhérentes pour négocier un nouveau contrat-cadre. Mais le groupe Savencia nous dit qu’il ne veut pas négocier avec Sunlait, mais avec chaque OP, ce qui signerait la fin de Sunlait. Il a envoyé un courrier aux adhérents pour leur rappeler qu’ils ont la liberté de choisir une autre OP. Clairement, leur but est de voir disparaître Sunlait et de négocier avec chaque OP séparément. Notre OP refuse. Nous voulons conserver Sunlait pour négocier un nouveau contrat-cadre. »

Les autres OP liées à Savencia attendent l’issue du Comité

Face aux pressions, quelques éleveurs choisiront peut-être de rester isolés avec un contrat individuel. Certains ont déjà pris contact avec d’autres OP, comme France Milk Board, qui a un contrat-cadre avec Savencia et ne fait pas partie de Sunlait. FMB attend le résultat du comité des règlements des différends pour s’exprimer.

L’OP des 3 rivières, qui a quitté Sunlait il y a trois ans, déclare qu’elle n’examinera que les demandes d’éleveurs de sa zone d’activité (Mayenne, Sarthe et Maine-et-Loire).

En attendant et pour maintenir souder les producteurs, Sunlait a lancé une pétition de soutien. « Ce n’est pas à Savencia de décider comment les producteurs doivent se structurer !, s’insurge Landry Rivière. Si nous restons soudés, Savencia devra bien accepter de parler à Sunlait. »

Sunlait : six organisations de producteurs pour environ 600 millions de litres : Ouest Lait (543 producteurs), Bongrain Gérard (114 adhérents), Nord-Aquitaine (104 adhérents), Vallée du Dropt (69), Sud-Gascogne (65) et Fauquet (32).

Quelles sont les revendications de Sunlait ?

« Un prix du lait de base de 450 €/1000 l à partir de février jusqu’en décembre ou jusqu’à la signature d’un nouveau contrat. Et la levée du secret de la médiation privée qui a eu lieu l’été 2023, pour montrer que nous ne refusons pas toujours toutes les propositions de Savencia », détaille Landry Rivière.

Les plus lus

<em class="placeholder">Camille Lefeuvre</em>
Recruter un salarié agricole : « Je ne veux pas d’un exécutant, je veux un collègue de travail », en Ille-et-Vilaine

Au Gaec du Guesneau en Ille-et-Vilaine, Camille Lefeuvre a choisi de faire appel à des salariées pour l’aider dans le travail…

<em class="placeholder">Jean-Yves Guémin, éleveur laitier</em>
« J’ai fait tout mon travail d’astreinte en deux heures et demie », sur mon élevage laitier bio en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Guémin a grandement simplifié son système d’exploitation pour alléger sa charge de travail. En…

<em class="placeholder">Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, sur son escalier fait maison</em>
Astuce d'éleveur : Une passerelle surélevée pour incorporer de l’eau dans la mélangeuse

Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, a bricolé un escalier et sa plateforme avec une arrivée d’eau pour pouvoir apporter, en…

Nicolas et Christelle Braux dans la stabulation devant des vaches simmental
Eleveur lâché par Lactalis : « J’étais prêt à arrêter le lait », en Haute-Marne

Fin 2024, Lactalis a décidé de dénoncer le contrat de 290 éleveurs laitiers. Pour Nicolas Braux, aussi naisseur-engraisseur en…

<em class="placeholder">Le banque de travail agricole de Saint-Clément, dans le Maine-
et-Loire</em>
« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire

​​​​​Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs…

<em class="placeholder">Bastien Charré à droite avec les deux salariés du Gaec, Baptiste (nom ?) et Charline Bonnevin</em>
« Avec mes salariés agricoles, nous cultivons une relation gagnant-gagnant », en Charente-Maritime

Le Gaec Le Grand Pré en Charente Maritime a basculé d’une ferme familiale à un fonctionnement patron-salariés : Bastien…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière