Aller au contenu principal

Prix du lait 2026 : « Nous ne tolérons aucune baisse »

Les éleveurs laitiers déplorent un prix du lait qui a commencé à baisser en cette fin d'année 2025, alors qu'ils sont moins payés que leurs voisins européens depuis plusieurs mois. La FNPL, Fédération nationale des producteurs de lait, fournit les arguments pour éviter une chute du prix en 2026. Même constat à la Coordination rurale qui surveillera de près les rayons.

<em class="placeholder">Camion de collecte en train de dépoter, livrer, du lait de vache sur un site de Lactalis</em>
Sodiaal a annoncé 450 euros les 1000 litres pour les derniers mois 2025 et janvier 2026. Lactalis est à 450 € pour novembre.
© C. Pruilh

A l'heure où débutent les négociations commerciales entre les fabricants de produits laitiers et la grande distribution, la FNPL - Fédération nationale des producteurs de lait - appelle à ce qu'elles ne conduisent pas « à une dévalorisation du prix du lait, alors même qu'il manque des euros aux éleveurs » depuis environ deux ans. 

Pour le prix du lait en 2026, « nous ne tolérons aucune baisse et exigeons même des revalorisations sur la base de ce manque à gagner ». La FNPL défend en effet que les producteurs subissent un manque à gagner depuis trop longtemps, sur deux sujets : la valorisation de la matière grasse et l'écart de prix du lait comparé à nos voisins européens. 

Une valorisation du beurre sous estimée 

Le syndicat estime en effet que « les valorisations engrangées par les transformateurs laitiers sur le marché du beurre n'ont aucunement été rétribuées aux producteurs : ni sur la partie Produits de grande consommation (PGC) vendus sur le marché intérieur, ni sur la partie beurre-poudre, qui pâtit depuis des années d'un défaut de publication interprofessionnelle ».

Benoît Gavelle, éleveur et administrateur FNPL, explique qu'il y a « un manque de transparence sur la véritable valorisation de la matière grasse laitière par les transformateurs français. Atla publie une cotation française intitulée "Beurre cube", mais c'est en réalité un recalcul. Il n'y a pas assez d'échanges de beurre cube en France pour établir une vraie cotation. Les transformateurs laitiers français fabriquent surtout du beurre conditionné. Ce serait la valorisation du beurre conditionné - plus élevée que celle du beurre cube - qu'il faudrait mettre dans les formules de prix du lait. » Il a calculé à partir de l'observatoire des prix et des marges ce que pourrait être une valorisation du beurre conditionné, et a abouti à 46 €/1000 l de manque à gagner sur l'indicateur beurre poudre, comparé à l'indicateur qui utilise la cotation beurre vrac d'Atla, et ce depuis trois ans. « Avec une formule de prix du lait où la valorisation beurre poudre pèse 30% du prix du lait, cela donne un manque à gagner de 14 €/1000 l sur le prix du lait de base », ajoute t-il. 

Un écart avec nos voisins européens 

L'autre problème est l'écart marqué entre le prix du lait français et le prix du lait de nombreux pays voisins, durant plus d'un an et demi. « 50 euros les 1000 litres d'écart avec l'Allemagne ! Cet argent, où est-il passé ? Est-ce dû à un manque de compétitivité de nos industriels ? Quelle que soit la raison, il n'est pas question que les éleveurs subissent une baisse de prix en 2026 : nous n'avons pas pu faire de l'épargne de précaution comme nos voisins belges, allemands ... », assène Yohann Barbe, président de la FNPL. 

La Coordination rurale surveille les supermarchés

Chez les autres syndicats, la Coordination rurale de l'Aveyron prévient également que si la moindre baisse est annoncée, elle appellera à la mobilisation. « Nous refusons de payer le prix de la guerre des marges entre distributeurs ». Et « nous surveillerons de près les rayons de supermarché. Pas question d'y voir se multiplier des produits importés d'Europe du Nord. »

Dans les campagnes et sur les réseaux sociaux, les éleveurs communiquent leurs prix et grondent de voir des baisses de prix annoncés à l'approche de Noël. 450 euros les 1000 litres annoncé par Sodiaal sur les derniers mois 2025 et janvier 2026, pour le lait conventionnel en 38-32 de TB-TP (545 € pour le lait bio). Lactalis, qui était à 465 € en octobre, a baissé son prix à 450 € pour novembre. Des éleveurs parlent même de 440 €/1000 l pour Eurial et Laïta ! La baisse tant redoutée pour début 2026 commence donc dès cette fin d'année. 

Transformer les OP en OP commerciales 

Au delà du constat et de l'appel aux transformateurs pour qu'ils ne baissent pas le prix du lait, la FNPL met en avant des solutions. « Egalim a aidé à faire monter le prix du lait, mais cela ne suffit clairement pas. Nos organisations de producteurs doivent monter en puissance pour réussir à négocier avec les transformateurs sans avoir peur que les adhérents ne soient plus collectés. Il faudrait que les OP ne restent pas non commerciales. Il faudrait les transformer en OP commerciales et qu'elles deviennent transversales, avec plusieurs acheteurs », expose Christine Delefortrie, éleveuse et administratrice FNPL. 

Autre objectif que se donne le syndicat, se rapprocher de la coopération agricole« Nous croyons au binôme coopérative et syndicalisme. Il faut que les coopératives se challengent à nos côtés », exhorte Stéphane Joandel, éleveur et administrateur FNPL, qui appelle à « ne pas avoir peur de Lactalis »

Enfin, Yohann Barbe estime que « la filière française peut mieux valoriser la protéine laitière. Il y a une grande diversité de protéines laitières, une forte demande dans le monde. Il y a des choses à faire, de la valeur à trouver, collectivement. Il faut que le Cniel travaille autour d'un projet ». 

Les plus lus

<em class="placeholder">Camille Lefeuvre</em>
Recruter un salarié agricole : « Je ne veux pas d’un exécutant, je veux un collègue de travail », en Ille-et-Vilaine

Au Gaec du Guesneau en Ille-et-Vilaine, Camille Lefeuvre a choisi de faire appel à des salariées pour l’aider dans le travail…

<em class="placeholder">Jean-Yves Guémin, éleveur laitier</em>
« J’ai fait tout mon travail d’astreinte en deux heures et demie », sur mon élevage laitier bio en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Guémin a grandement simplifié son système d’exploitation pour alléger sa charge de travail. En…

Nicolas et Christelle Braux dans la stabulation devant des vaches simmental
Eleveur lâché par Lactalis : « J’étais prêt à arrêter le lait », en Haute-Marne

Fin 2024, Lactalis a décidé de dénoncer le contrat de 290 éleveurs laitiers. Pour Nicolas Braux, aussi naisseur-engraisseur en…

<em class="placeholder">Le banque de travail agricole de Saint-Clément, dans le Maine-
et-Loire</em>
« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire

​​​​​Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs…

quad dans une prairie avec du matériel pour entretenir et déplacer les clôtures et les fils.
Prairie : un gain de temps avec un atelier et un quad bien rangés pour clôturer avec efficacité

Dans l'Orne, Estelle et Sylvain Quellier sont à la tête d'un troupeau de 80 vaches laitières qui pâturent 9 à 10 mois de l'…

<em class="placeholder">éleveur et sa conseillère d&#039;élevage</em>
« Les taux nous apportent un complément de prix de plus de 30 €/1 000 L de lait », en Meurthe-et-Moselle
Au Gaec des Tissages en Meurthe-et-Moselle, une ration de qualité et une conduite d’élevage rigoureuse permettent aux 125 vaches…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière