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L'offre peine à suivre la demande, pour l'instant

Céréales, lait... Peu de matières premières agricoles échappent au déséquilibre actuel offre/demande. Un déséquilibre qui pourrait durer... ou pas.

Les tensions sur l'offre font craindre de nouvelles restrictions d'exportation, après celles de l'Inde sur le blé et de l'Indonésie sur l'huile de palme. Elles auraient pour effet de renforcer la volatilité des marchés.
Les tensions sur l’offre ont entraîné des restrictions d’exportation, comme celles de l’Inde sur le blé et de l’Indonésie sur l’huile de palme. Elles ont eu pour effet de renforcer la volatilité des marchés.
© L. Vimond

Les experts intervenus aux journées Marchés mondiaux de l'Institut de l'élevage, sont unanimes : La guerre en Ukraine ne fait qu'amplifier des déséquilibres déjà enclenchés.

Pour les cultures, « en 2021, la production mondiale était de bon niveau, voire a atteint des records, mais la consommation était très soutenue. Les stocks estimés s'érodent depuis trois ans », résume Marine Raffray, économiste à l'APCA. La demande mondiale a été tirée par une hausse de 80 % des achats chinois de maïs, sorgho, orge, blé, riz.

Stocks et restrictions d'exportation

« Les Chinois ont siphonné les marchés agricoles pour reconstituer leur cheptel porcin et faire des stocks, appuie Marine Raffray. Ils ont une politique de stocks de précaution. Ils détiendraient la moitié des stocks mondiaux de blé et les deux tiers de ceux de maïs. » Cette année, des pays ont pris des mesures de restriction des exportations, comme l'Inde, suite à une vague de chaleur, qui a réduit fortement ses exportations de blé tendre.

Pour 2022, les prévisions de récolte mondiale s’avèrent plutôt rassurantes à la mi-juin grâce à une météo favorable en Russie, en Australie, aux USA, et participent à détendre les cours des céréales. Pour la suite, les prix exorbitants des engrais minéraux, par rapport au prix des céréales, « pourraient avoir des conséquences sur la production céréalière, du fait d’une moindre utilisation des engrais », indique Marine Raffray.

S'ajoutent à ce contexte des prix exorbitants pour les engrais minéraux, par rapport aux prix des céréales. « Une moindre utilisation pourrait avoir des conséquences sur les récoltes et donc aggraver le déficit d'offre », indique Marine Raffray. 

Des stocks laitiers au plus bas ?

Pour les produits laitiers, « en 2021, la production laitière mondiale a modestement progressé (+1,5 %, à 928 Mt). La consommation est estimée à 929 millions de tonnes, soit un déstockage d'environ 1 million de tonnes, alors même que les stocks étaient déjà plutôt faibles début 2021. Aujourd'hui, les stocks seraient historiquement bas », estime Gérard You, de l'Institut de l'élevage.

Or, en 2022, les aléas climatiques et le contexte géopolitique qui entretient des prix élevés pèsent sur le potentiel de production. Alors que les prix du lait à la production ont beaucoup augmenté, la flambée des charges dissuade les éleveurs d'appuyer sur l'accélérateur.

La demande mondiale évoluera

Aujourd'hui, la grande question est celle de l'évolution de la consommation mondiale. « Dans les pays développés, il y aura sans doute peu de baisse en volume de la consommation de produits laitiers. Par contre, sans doute davantage en valeur. Dans les pays émergents, cela dépendra s'ils vendent de l'énergie et autres matières valorisantes. Dans les pays moins avancés, la demande sera encore moins solvable », brosse Gérard You.

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