Marché des oléagineux et coproduits du 29 juillet et le 5 août 2026 - Les prix en colza français poursuivent leur chute, à l’image du soja états-unien et du pétrole
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 29 juillet et le 5 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont continué de perdre du terrain, entre le 29 juillet et le 5 août 2026, perdant 7,75 €/t à 523,50 €/t sur l’échéance novembre 2026 et 6 €/t à 524,75 €/t sur celle de février 2027. Les cotations européennes ont reculé dans le sillage du pétrole (- 11,29 $/baril à 79,45 $/baril sur l’échéance septembre 2026 pour le Brent ; - 9,24 $/t à 75,22 $/t sur l’échéance septembre 2026 pour le WTI), qui a entraîné avec lui la graine de soja sur le CBOT (-26,50 ct$/boisseau à 1 151,50 ct$/boisseau sur l’échéance août 2026), le tourteau de soja sur le CBOT (- 6 $/t à 309,30 $/t sur l’échéance août 2026), l’huile de soja cotée sur le CBOT (- 1,42 $/livre à 67,75 $/livre sur l’échéance août 2026), le canola canadien (- 5,60 CAN/t à 766 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et l’huile de palme malaisienne (- 38 RM/t, à 4 519 RM/t sur l’échéance août 2026). Le renchérissement de l’euro face au dollar sur la semaine (+ 0,1383 $, à 1,1554 $) a quelque peu accentué le mouvement baissier du cours du colza sur le marché à terme européen.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de colza ont perdu du terrain dans le sillage d’Euronext entre le 29 juillet et le 5 août 2026, perdant 7,50 €/t, sur la période octobre-décembre 2026. Le FOB Moselle, sa place de référence, a ainsi reculé de 7,50 €/t à 523,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Acheteurs et vendeurs sont toujours aussi peu nombreux sur un marché inerte. Les vendeurs sont dans l’attente des résultats de la récolte engrangée. Les acheteurs ont par ailleurs du mal à se positionner sur le moyen et long terme, au vu des incertitudes liées à la crise pétrolière au Moyen-Orient et à la demande en biodiesel qui en découle.
Les estimations de Terres Inovia situent les rendements départementaux en Normandie et dans l’ouest de l’Île-de-France de la récolte de colza en 2026 entre 33 q/ha et 39 q/ha, soit 3 q/ha à 7 q/ha de moins qu’en 2025 (année exceptionnelle), mais globalement dans la moyenne quinquennale. Et l’institut technique de préciser : « L’Eure et la Seine-Maritime devraient se situer dans le haut de cette fourchette, autour de 38 à 40 q/ha. L’ouest de l’Ile-de-France et le Calvados se placeraient autour de 35 à 37 q/ha, devant l’Orne, proche de 33 q/ha ». Cependant, derrière ces moyennes correctes se cachent de très fortes disparités : les rendements de parcelles s’échelonnent fréquemment de 30 q/ha à 45 q/ha, avec des situations extrêmes comprises entre 10 q/ha et 50 q/ha. « Les décrochages les plus marqués se concentrent dans les plaines d’Argentan et de Falaise, le Gâtinais essonnien et, plus ponctuellement, dans le Pays d’Ouche. Les écarts se sont principalement construits entre la sortie de l’hiver et la floraison, sous l’effet du cumul de stress climatiques, ravageurs et enherbement. Globalement, les colzas les plus robustes sont parvenus à encaisser les à-coups de la campagne 2026 », explique Terres Inovia.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de tournesol ont de nouveau grimpé entre le 29 juillet et le 5 août 2026, entre + 5 €/t et + 30 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a gagné 5 €/t à 560 €/t sur la période octobre-décembre 2026. A noter que celui en départ Sud-Ouest a grimpé de 30 €/t sur la semaine, en raison de l’absence des vendeurs. Le marché est attentiste. Au vu de la hausse continue des prix, les acheteurs ne sont guère nombreux. De plus, le taux d’engagement est plutôt bien avancé sur la campagne 2026-2027. Les vendeurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires de ces deux derniers mois sur le développement des parcelles. Après la dégradation du potentiel de rendement par la canicule de juin en pleine période de floraison, les cultures qui ne se trouvent pas à proximité du littoral ont été fortement pénalisées par le manque d’eau et les températures élevées de juillet. Si le tournesol est connu pour sa résistance, il est exceptionnel que le thermomètre avoisine les 40 °C sur une aussi longue période. Les opérateurs seront bientôt fixés sur le volume et la qualité de la récolte 2026 : certaines parcelles sont déja récoltées avec une généralisation des coupes attendue durant la deuxième quinzaine d’août.
La graine de soja sur le marché physique français en départ Rhône-Alpes est cotée 480 €/t sur la période octobre-décembre en cette semaine du 29 juillet au 5 août 2026, sans changement par rapport à la précédente. Elle est non cotée en départ Sud-Ouest, en ancienne récolte comme en nouvelle récolte, faute de visibilité sur la prochaine récolte. Le marché est attentiste. Les cultures grillent sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l’Hexagone souffrent également des températures caniculaires et de la sécheresse. A noter que dans le quart nord-est du territoire, les acheteurs ne sont pas prêts à payer le prix demandé par les vendeurs.
Les prix de la graine de lin brun sur le marché physique français sont non cotés en cette semaine du 29 juillet au 5 août 2026, que ce soit à destination de l’alimentation animale comme humaine. On notera également l’absence de cotation de la graine de lin originaire de Russie, en raison d’une taxe à l’importation de 50 €/t appliquée par l’Union européenne.
Protéagineux
Sans évolution
Sur le marché physique français, les cours du pois et de la féverole fourragers cotés en rendu Pontivy-Guingamp n’ont pas évolué sur la semaine du 29 juillet au 5 août 2026.
Il y a très peu d’affaires réalisées en protéagineux. La production n’est pas attendue pléthorique cette année et les agriculteurs ont tendance à conserver leur récolte pour la transformer à la ferme.
Tourteaux
Cotations en retrait
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja OGM ont reculé sur l’ensemble des places commerciales sur la semaine du 29 juillet et le 5 août 2026, évoluant entre - 2 €/t et - 3 €/t selon les périodes. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a de fait perdu 6 $/t à 309,30 $/t sur l’échéance août 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance haussière entre le 29 juillet et le 5 août 2026. Elle s’établit maintenant à titre indicatif à + 155 €/t sur la période août-septembre 2026, + 162 €/t sur la période octobre 2026 et + 166 €/t sur la période 2 de novembre 2026 (+ 1 €/t). La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée, comprise entre + 3 €/t et + 4 €/.
Les cotations des tourteaux de colza sur le marché physique français ont perdu du terrain sur la semaine du 29 juillet au 5 août 2026, entre - 9 €/t à - 16 €/t selon les périodes, dans le sillage de la graine de colza hexagonale. Celles du tourteau de tournesol se sont également repliées, cédant entre 2 €/t et 4 €/t selon les périodes.
Après une période d’activité significative au mois de juin, le marché hexagonal des tourteaux s’est apaisé depuis le début du mois de juillet, en toutes graines oléagineuses. La baisse de la consommation d’aliments composés par les animaux, consécutive aux fortes températures qui ont par ailleurs fait bondir le taux de mortalité dans les élevages, a conduit mécaniquement à une baisse de la demande en matières premières agricoles de la part des fabricants. De plus, avec l’arrivée de la nouvelle récolte de céréales à paille, les industriels ont tendance à incorporer davantage de blé et d’orge fourragers dans leurs formulations. Dans ce contexte, les rares affaires traitées correspondent à des achats de dépannage sur le court terme.
Huiles
Cours en repli
Les cours de l’huile de soja en départ Brest ont perdu 11 €/t, entre le 29 juillet et le 5 août 2026. Les huiles de colza en départ Rouen et de tournesol en départ Dunkerque, ainsi que les huiles de coprah et de palme raffinée en franco Bretagne, ne sont pas cotées. Le marché physique français est très calme. Les clients, qui sont bien couverts sur le court terme, n’effectuent que des achats de complément, les tarifs proposés ne coïncidant pas avec leurs objectifs en termes de prix d’achats.
Sur les ports nord-européens, les cours des huiles de soja ont évolué entre- 2,50 €/t et + 5 €/t selon les périodes. Ceux de l’huile de colza et de tournesol ont reculé, perdant respectivement 10 €/t et entre 5 et 10 €/t selon les périodes.
Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a cédé 1,42 cts$/livre sur l’échéance août à 67,25 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a chuté de 38 ringgits la tonne à 4 519 ringgits la tonne, sur le même laps de temps.
Issues de meunerie
Tendance haussière
Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français ont suivi une tendance haussière sur la semaine allant du 29 juillet au 5 août 2026. Les sons fins (farine et pellet) et le remoulage demi-blanc gagnent 5 €/t, tandis que les cours de la farine basse et du gruau sont sans changement. D’un côté, la marchandise manque en raison des congés estivaux dans la meunerie. Et de l’autre, il existe une grosse demande des fabricants d’aliments animaux en France mais aussi à l’exportation en ce moment sur les coproduits céréaliers en général. Ces derniers intéressent de plus en plus les industriels de la nutrition animale pour venir en alternatives au manque d’herbe et de foin dans les prairies d’une part, et aux interrogations sur les rendements en oléagineux, d’autre part.
En Bretagne, les cours du son fin farine ont progressé de 16 €/t entre le 29 juillet et le 5 août. La demande des fabricants d’aliments pour animaux se heurte à la faiblesse des disponibilités. Les coproduits intéressent les industriels de la nutrition animale de l’herbe et du foin qui font défaut dans les prairies, d’autant que la production d’oléagineux en France ne sera pas pléthorique cette année, entraînant une baisse concomitante des fabrications de tourteaux. En Isère, les cours du son fin ont grimpé de 25 €/t en quinze jours, à l’image du net renchérissement constaté en Île-de-France sur la période. En région marseillaise et toulousaine, les cotations n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre.
Coproduits amidonniers
Tendance contrastée en drêche de maïs
Le cours de la drêche de blé sur le marché physique français a perdu 3 €/t entre le 29 juillet et le 5 août 2026, dans le sillage du blé tendre. Ceux de la drêche de maïs ont quant à eux progressé (de 1 €/t à 6 €/t), de façon plus marquée sur le disponible avec la faiblesse attendue de la récolte à venir.
Le prix du corn gluten feed a perdu 4 €/t entre le 29 juillet et le 5 août 2026.
Le marché demeure morose.
Coproduits laitiers
Marché inerte
Les cotations de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale sur le disponible en vrac n’ont pas évolué entre le 30 juillet et le 6 août 2026, en l’absence de nouvelles affaires traitées.
Produits déshydratés
Prix reconduits en luzerne
En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 29 juillet et le 5 août 2026. Les fortes chaleurs de juin ont impacté négativement la deuxième coupe en cours. Et la troisième vague de canicule de juillet n’a fait qu’aggraver la situation.
La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français est de nouveau non cotée cette semaine sur l’ancienne récolte comme sur la nouvelle récolte. Le marché est trop étroit pour pouvoir coter quelque chose cette semaine. Les opérateurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires sur le développement des cultures de betterave.
Farine de poisson
Fermeté des cours
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français sont nominalement reconduits entre le 22 et le 29 juillet 2026. Ils demeurent très fermes, en raison de faibles disponibilités.
Pailles et fourrages
Nouvelle hausse des cours en foin de Crau
En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est est respectivement cotée entre 180 €/t et 100 €/t et entre 70 €/t et 90 €/t. On enregistre une petite demande à l’export sur la nouvelle campagne.
En foin de Crau, les prix sur le marché physique français (cotation commerciale) n’ont pas bougé entre le 29 juillet et le 5 août 2026. Le Comité du foin de Crau a de nouveau relevé ce mois-ci ses cotations de référence, de 20 €/t à 30 €/t. Selon l’association professionnelle, les rendements, qui ont été assez bons en première coupe, sont très mauvais en deuxième coupe. Malgré l’irrigation, les prairies ont du mal à pousser avec les grosses chaleurs. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité.
Agreste vient de publier sa note mensuelle les Informations et suivi objectif des prairies (Isop) au 31 juillet 2026. Il en ressort qu' « au 31 juillet 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 30 % à celle observée à la même date sur la période de référence 1989-2018 ». Après un début de campagne fourragère satisfaisant, la pousse des prairies est quasiment à l’arrêt depuis fin mai : « le niveau de production cumulé atteint au 31 juillet est ainsi comparable à celui observé au 31 mai 2026 », précise l’agence gouvernementale. Cette absence de reprise de la croissance s’explique « par la persistance de conditions exceptionnellement chaudes et sèches, qui continuent d’affecter les prairies sur l’ensemble du territoire ». Le déficit de production fourragère s’accentue et concerne désormais un nombre croissant de régions, avec des écarts importants par rapport aux niveaux habituels, s’inquiète les analystes.
La rédaction
À surveiller
Soja
- Conditions de culture aux États-Unis et en Europe.
- Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
- Compétitivité des huiles végétales, portées par la demande en biodiesel.
- Le rapport Wasde de l’USDA à paraître le 12 août.
Colza
- Effets de la canicule sur le rendement et la teneur en huile de la récolte française et européenne.
- Conditions de semis de la récolte 2027.
- Rythme de la trituration en Europe.
- Concurrence de l’Ukraine en termes de graine et d’huile.
Tournesol
- Effets de la sécheresse sur le développement des cultures sur le continent européen.
- Effets des frappes russes sur les sites de trituration et la logistique en Ukraine.
Karine Floquet