Marché des oléagineux et coproduits du 26 août au 2 septembre 2026 - Les prix en colza français ont suivi la nette hausse de cours du pétrole et des huiles végétales
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 26 août et le 2 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext sont repartis à la hausse, entre le 26 août et le 2 septembre 2026, grimpant de 14,50 €/t à 552,75 €/t sur l’échéance novembre 2026 et 13 €/t à 554,50 €/t sur celle de février 2027. Les cotations européennes ont progressé dans le sillage du pétrole (+ 7,79 $/baril à 95,63 $/baril sur l’échéance septembre 2026 pour le Brent ; + 8,78 $/t à 91,01 $/t sur l’échéance septembre 2026 pour le WTI), qui a entraîné avec lui la graine de soja sur le CBOT (+ 47,50 ct$/boisseau à 1 301,75 ct$/boisseau sur l’échéance septembre 2026 et + 44,25 ct$/boisseau à 1 10,25 ct$/boisseau sur l’échéance novembre 2026), le tourteau de soja sur le CBOT (+ 10,50 $/t à 339,20 $/t sur l’échéance septembre 2026), l’huile de soja sur le CBOT (+ 3,28 $/livre à 70,50 $/livre sur l’échéance septembre 2026), le canola canadien (+ 27,50 CAN/t à 825,80 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et l’huile de palme malaisienne (+ 328 RM/t, à 4 4958 RM/t sur l’échéance septembre 2026). L’affaiblissement de l’euro face au dollar sur la semaine (- 0,0091 $, à 1,1578 $) a soutenu la progression tarifaire du cours du colza sur le marché à terme européen.
Sur le marché physique français, les prix du colza ont gagné du terrain dans le sillage d’Euronext, entre le 26 août et le 2 septembre 2026, gagnant entre 9 €/t et 19 €/t. Le FOB Moselle, sa place de référence, a ainsi grimpé de 15 €/t à 553 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Les guerres en Ukraine et en Iran perturbent le marché des oléagineux, entre problèmes logistiques à l’exportation en mer Noire et crise pétrolière au Moyen-Orient. Dans ce marché très volatil d’une semaine sur l’autre, acheteurs et vendeurs sont attentistes. Côté champs, les pluies significatives observées depuis une à deux semaines dans le Grand Est, les Hauts-de-France, la Normandie et l’ouest de l’Île-de-France ont été salutaires pour les semis et les premières levées de colza, indique Terres Inovia. « Toutefois, tous les secteurs n’ont pas été généreusement arrosés et le bilan des implantations ne pourra être fait qu’au début de l’automne », précise l’institut technique.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de tournesol ont suivi une tendance haussière entre le 26 août et le 2 septembre 2026, évoluant entre 0 et + 10 €/t. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a gagné 2,50 €/t à 585 €/t sur la période octobre-décembre 2026. D’un côté, au vu de la hausse continue des prix, les acheteurs ne sont guère nombreux. De plus, le taux d’engagement est plutôt bien avancé sur la campagne 2026-2027. D’un autre, les vendeurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires de ces deux derniers mois sur le développement des parcelles. Après la dégradation du potentiel de rendement par la canicule de juin en pleine période de floraison, les cultures qui ne se trouvent pas à proximité du littoral ont été fortement pénalisées par le manque d’eau et les températures élevées de juillet et d’août. Si le tournesol est connu pour sa résistance, il est exceptionnel que le thermomètre avoisine les 40 °C sur une aussi longue période. Pour l’heure, les pluies intermittentes retardent la récolte en France, seuls 15 % et 20 % de la sole sont coupés. Les rendements sont très décevants pour l’instant. Mais il est encore trop tôt pour généraliser ces résultats.
Sur le marché physique français, la cotation de la graine de soja en départ Rhône-Alpes, dont les premières affaires se sont traitées en nouvelle récolte, a progressé de 35 €/t à 525 €/t sur la période octobre-décembre en cette semaine du 26 août au 2 septembre 2026. Elle est non cotée en départ Sud-Ouest, en ancienne récolte comme en nouvelle récolte, faute de visibilité sur la prochaine récolte. Le marché est attentiste. Les cultures ont grillé sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l’Hexagone ont également souffert des températures caniculaires et de la sécheresse estivales.
Les prix de la graine de lin brun sur le marché physique français sont non cotés en cette semaine du 26 août au 2 septembre 2026, que ce soit à destination de l’alimentation animale comme humaine.
Protéagineux
Rien à signaler
Sur le marché physique français, les pois et les féveroles fourragers ne sont guère cotés sur la semaine allant du 19 août au 2 septembre 2026. À titre indicatif, le pois fourrager en rendu Pontivy-Guingamp a progressé d’une dizaine d’euros à 287,50 €/t. En féverole, la cotation en rendu Pontivy-Guingamp s’établit au même prix. Le marché est très calme. La production n’est pas pléthorique cette année et les agriculteurs ont tendance à conserver leur récolte pour la transformer à la ferme.
Depuis le retrait d’autorisation de mise sur le marché de la spécialité WAKIL XL pour des usages plein champ, les pois protéagineux et la féverole restaient sans solution de traitement de semence contre le mildiou. En cas d’attaque primaire, due à des oospores (formes de conservation) présentes dans le sol, des foyers de maladies apparaissent, au sein desquels les plantes sont nanifiées et de couleur vert pale. Les pertes de pieds et donc de rendement peuvent être importantes en cas d’infestation précoce et de forte intensité.
À noter que la demande de dérogation de 120 jours pour l’utilisation de la spécialité commerciale Lumisena pour le traitement contre le mildiou des semences de pois protéagineux et de féverole (art.53 REG 1107/2009), déposée début juin 2026 par Terres Inovia au niveau des services du ministère de l’Agriculture, a reçu un avis positif. Le Lumisena bénéficie donc d’un usage dérogatoire pour la campagne 2026-2027 : les semences traitées sont utilisables du 15 octobre 2026 au 12 février 2027. l’Institut technique a également déposé en juin 2026 une demande de dérogation 120 jours pour couvrir les semis du pois et de la féverole de printemps (période du 1er février 2027 au 1er juin 2027), et reste dans l’attente de la décision concernant celle-ci.
Tourteaux
Cotations en progression
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja OGM ont nettement progressé sur l’ensemble des places commerciales en cette semaine du 26 août au 2 septembre 2026, gagnant entre 1 et 16 €/t selon les périodes. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a de fait grimpé de 10,50 $/t à 339,20 $/t sur l’échéance septembre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance baissière sur la semaine. Elle s’établit maintenant à titre indicatif à + 142 €/t sur la période septembre 2026 (- 8 €/t), + 145 €/t sur la période octobre 2026 (- 10 €/t) et + 149 €/t sur la période 2 de novembre 2026 (- 13 €/t). La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée, comprise entre + 3 €/t et + 4 €/.
Les cotations des tourteaux de colza sur le marché physique français ont grimpé sur la semaine du 26 août au 2 septembre 2026, gagnant entre 9 et 16 €/t selon les périodes. Les cours du tourteau de tournesol sont également haussiers sur la semaine, gagnant entre 5 et 20 €/t selon les périodes. Les cours du tourteau de tournesol n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre.
Après une période d’activité significative au mois de juin, le marché hexagonal des tourteaux s’est apaisé depuis le début du mois de juillet, en toutes graines oléagineuses. Le marché hexagonal des tourteaux est très calme, dans ce contexte haussier. Les acheteurs, bien couverts sur le cours terme, attendent des prix plus en adéquation avec leurs objectifs de marges pour s’approvisionner.
Des achats de tourteau de soja états-unien par les Pays-Bas (100 000 t) et l’Allemagne (100 000 t) ont été annoncés par l’USDA la semaine dernière. Ces deux pays sont confrontés à des problèmes de logistique fluviale en raison des basses eaux sur le Rhin, le Main et le Danube, qui les ont conduits à importer de la marchandise par voie maritime et la distribuer sur leur territoire par camion en direct de bord.
Huiles
Hausse des cours
Les cours de l’huile de soja en départ Brest ont progressé de 22 €/t à 23 €/t €/t selon les périodes, entre le 26 août et le 2 septembre 2026. L’huile de colza en départ Rouen/Brest et l’huile de tournesol en départ Dunkerque ne sont pas cotées cette semaine. En franco Bretagne, l’huile de coprah raffinée a renchéri de 25 €/t à 30 €/t selon les périodes sur les sept derniers jours, tandis que les prix de l’huile de palme raffinée ont progressé de 40 €/ à 60 €/t selon les périodes. Le marché physique français est très calme, la hausse des prix ayant fait fuir les acheteurs. Ces derniers, bien couverts sur le court terme, attendent des tarifs plus en adéquation avec leurs objectifs en termes de prix d’achat.
Sur les ports nord européens, l’huile de soja a grimpé en cette semaine du 26 août au 2 septembre 2026, gagnant entre 15 €/t et 35 €/t selon les périodes. Les cours de l’huile de colza ont également progressé entre 31 €/t et 35 €/t selon les périodes. Ceux de tournesol ont renchéri de 20 €/t à 35 €/t selon les périodes. L’huile de palme raffinée a renchéri de 60 €/t sur les sept derniers jours, alors que les prix de l’huile de coprah raffinée n’ont pas évolué.
Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a gagné 3,28 cts$/livre sur l’échéance septembre à 70,50 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a progressé de 328 ringgits la tonne à 4 958 ringgits la tonne, sur le même laps de temps.
Issues de meunerie
Poursuite de la tendance haussière
Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français poursuivent leur tendance haussière entre le 26 août et le 1er septembre 2026. Les cours du son fin farine, de la farine basse et du gruau n’ont pas évolué, alors que le son fin pellet et le remoulage demi-blanc ont respectivement renchéri de 2 €/t et de 5 €/t sur la semaine. On enregistre un déséquilibre entre l’offre et la demande. D’un côté, la marchandise manque, l’activité meunière redémarrant poussivement faute de demande en farine. Les meuniers en profitent pour effectuer la maintenance de leurs moulins. De l’autre, les fabricants d’aliments animaux en France et dans les pays limitrophes sont à la recherche de matières sèches pour formuler. Les coproduits meuniers intéressent grandement les industriels de la nutrition animale pour venir en alternatives aux céréales. Et ce, dans un contexte où a consommation d’aliments composés devrait s’accroître pour pallier le manque de fourrage.
En Bretagne, les cours du son fin farine ont de nouveau progressé de 2 €/t, entre le 26 août et le 2 septembre 2026. Ils suivent le renchérissement du blé meunier. On rapporte toujours une petite demande des fabricants d’aliments pour animaux. En Isère, les cours du son fin sont sans changement d’une semaine sur l’autre. En régions marseillaise toulousaine, les cotations ont progressé de 5 €/t sur la période.
Coproduits amidonniers
Progression des prix en drêche de maïs
Non cotée sur le rapproché, la drêche de maïs sur le marché physique français a renchéri (de 2 €/t à 10 €/t) sur les périodes éloignées, entre le 26 août et le 2 septembre 2026, dans le sillage de la céréale.
La drêche de blé et le corn gluten feed sont non cotés.
Le marché est relativement calme.
Coproduits laitiers
Cotations sans évolution
Les cotations de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale sur le disponible en vrac sont nominalement reconduites sur le marché physique français entre le 27 août et le 3 septembre 2026, en l’absence de nouvelle affaire traitée. Elles s’établissent respectivement à 2 910 €/t et 1 450 €/t. Cependant, le marché néerlandais continue de grimper sur le quatrième trimestre 2026. Le climat des affaires est à la hausse.
Produits déshydratés
Prix reconduits en luzerne
En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 26 août et le é septembre 2026, à 225 €/t. Les fortes chaleurs de juin et le manque d’eau ont impacté négativement la deuxième coupe en cours. Et les troisième et quatrième vagues de canicule en juillet et août, sans eau à la clef, n’ont fait qu’amoindrir les disponibilités.
La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français demeure non cotée cette semaine sur l’ancienne récolte comme sur la nouvelle récolte. Le marché est trop étroit pour pouvoir coter quelque chose. Les opérateurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires et de la sécheresse sur le développement des cultures de betterave. Cependant, la baisse des températures et les pluies de ces quinze derniers jours pourraient atténuer les pertes.
À l’échelle nationale, les observations réalisées par l’ITB à la mi-août font état « d’un poids racinaire inférieur à la moyenne des cinq dernières années et d’un développement foliaire nettement en retrait ». La succession des épisodes caniculaires et la sécheresse durable pourraient ainsi entraîner une baisse conséquente de la production nationale, indique l’institut technique.
Farine de poisson
Fermeté des cours
Les prix théoriques de la farine de poisson sur le marché physique français s’effondrent en origines Amérique du Sud, perdant 140 €/t entre le 26 août et le 2 septembre 2026. Il n’y a pour autant que très peu d’offres. La situation est inversée en farines de poisson scandinaves qui voient leur prix flamber, avec un gain de 270 €/t sur la semaine.
Pailles et fourrages
Nouvelle hausse des cours en foin de Crau
En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est demeure respectivement cotée entre 80 €/t et 100 €/t et entre 70 €/t et 90 €/t, en cette semaine du 26 août au 2 septembre 2026. En foin de Crau, les prix sur le marché physique français (cotations commerciales) n’ont pas évolué, toujours à 190 €/t en première coupe et à 200 €/t en deuxième coupe. En revanche, le Comité du foin de Crau a de nouveau relevé (+ 5 €/t) ses cotations de référence pour le mois de septembre 2026. Selon l’association professionnelle, les rendements, qui ont été assez bons en première coupe, sont très mauvais en deuxième coupe. Malgré l’irrigation, les prairies ont du mal à pousser avec les grosses chaleurs. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité. Les professionnels des pailles et fourrages sont de plus en plus consultés par des demandes de nouveaux potentiels clients face à la rareté des marchandises.
En départ Nord-Est, le marché est hypertendu en ce qui concerne le foin : il y a trop peu de marchandise pour subvenir à tous les besoins. « Les prix sont stratosphériques : c’est du jamais vu », rapporte notre correspondant en région. En revanche, pour la paille, il y a de la marchandise sur le marché. Les demandes à l’export sont peu nombreuses pour le moment sur les pays d’Europe du Nord qui ont eux aussi d’importantes disponibilités chez eux. Les cours seront plutôt à la baisse pour la paille dans les mois à venir.
Au 20 août 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 36 % à la moyenne observée à cette date sur la période de référence 1989-2018, et ce sur l’ensemble du territoire français, selon Agreste. « Elle représente 51 % de la production annuelle habituelle contre 79 % en moyenne à cette période de l’année. L’herbe ne pousse plus depuis plus de deux mois en raison de l’absence durable de pluies et de températures très élevées. À l’exception de la Provence-Alpes-Côte d’Azur, le déficit dépasse 20 % dans toutes les autres régions. Dans 81 % des régions fourragères représentant 88 % des surfaces en prairies permanentes, le déficit de production cumulée est même supérieur à 25 %. Il excède 50 % dans le Limousin et 40 % dans le quart nord-est. Seules certaines zones alpines ont enregistré une pousse supplémentaire au cours des deux derniers mois », indique l’agence gouvernementale dans sa note.
Par ailleurs, alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l’Agriculture affirme étudier des solutions dans le cadre d’un plan sécheresse qui sera annoncé à la rentrée, rapportent nos confrères de Réussir. Annoncé fin juillet 2026 par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard dans une interview à Ouest France, un plan d’urgence est attendu pour la rentrée. Il se basera sur des « mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations », des « prises en charge de cotisations sociales » ou encore des « dispositifs de simplification et de dérogation », a précisé le gouvernement.
La rédaction
À surveiller
Soja
- Premières coupes en France.
- Conditions de culture aux États-Unis et en Europe.
- Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
- Compétitivité des huiles végétales, portées par le biodiesel (crise du pétrole au Moyen-Orient).
Colza
- Rythme des semis de la récolte 2027, levée sur les premières parcelles emblavées.
- Rythme de la trituration en Europe.
- Concurrence de l’Ukraine en termes de graine et d’huile.
Tournesol
- Effets de la sécheresse et du déficit hydrique sur le continent européen.
- Retard de la récolte en raison des pluies en France.
- Effets des frappes russes sur les sites de trituration et la logistique en Ukraine.
Karine Floquet