Marché des oléagineux et coproduits du 19 au 26 août 2026 - Les prix en colza français reculent, à l’image du pétrole et des huiles végétales
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 19 et le 26 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 19 et le 26 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont fait volte-face à la baisse, entre le 19 et le 26 août 2026, cédant de 13,50 €/t à 538,25 €/t sur l’échéance novembre 2026 et 11,50 €/t à 541,50 €/t sur celle de février 2027. Les cotations européennes ont reculé dans le sillage du pétrole (- 3,78 $/baril à 87,34 $/baril sur l’échéance septembre 2026 pour le Brent ; - 2,16 $/t à 82,23 $/t sur l’échéance septembre 2026 pour le WTI), qui a entraîné avec lui l’huile de soja cotée sur le CBOT (- 2,64 $/livre à 67,22 $/livre sur l’échéance septembre 2026), le canola canadien (- 21,60 CAN/t à 798,30 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et l’huile de palme malaisienne (- 24 RM/t, à 4 630 RM/t sur l’échéance septembre 2026). Le renchérissement de l’euro face au dollar sur la semaine (+ 0,0064 $, à 1,1669 $) a quelque peu accentué le mouvement baissier du cours du colza sur le marché à terme européen. De leur côté, les cours de la graine de soja sur le CBOT et du tourteau de soja sur le CBOT ont progressé, de respectivement 32 ct$/boisseau à 1 254,25 ct$/boisseau sur l’échéance septembre 2026 et 9,80 $/t à 328,70 $/t sur l’échéance septembre 2026.
Sur le marché physique français, les prix du colza ont perdu du terrain dans le sillage d’Euronext, entre le 19 et le 26 août 2026, perdant entre 9 et 14 €/t. Le FOB Moselle, sa place de référence, a ainsi cédé 6 €/t à 538 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Après avoir perdu 30 €/t entre jeudi et lundi à l’image du pétrole et du soja, ils ont repris 22 €/t entre mardi et mercredi. Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient déstabilisent le marché des oléagineux, entre problèmes logistiques à l’exportation en mer Noire et crise pétrolière, qui impacte la demande en biodiesel. Dans ce marché très volatil, acheteurs et vendeurs sont attentistes.
Côté champs, les périodes successives de canicule de juin à août, sans précipitations significatives dans certains secteurs, ont induit une forte sécheresse des sols, qui pénalise actuellement les semis de colza. « Il faut saisir les rares fenêtres climatiques favorables pour semer dans des conditions acceptables », préconise Terres Inovia dans le Bulletin de santé du végétal Grandes cultures des Hauts-de-France. Les pluies attendues en fin de semaine sont un facteur favorable.
Les prix du tournesol hexagonal ont évolué de manière contrastée entre le 19 et le 26 août 2026, entre - 10 et + 12,50 €/t. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a perdu 5 €/t à 582,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Les opérateurs sont attentistes dans un marché qui se cherche, alors que le taux d’engagement est plutôt bien avancé sur la campagne 2026-2027. En France, la récolte, réalisée à hauteur de 5 % environ, se poursuit avec des potentiels de rendement plus ou moins dégradés, selon la nature du sol (superficiel ou profond) et la quantité de pluie tombée. « On attend que la récolte soit plus avancée pour parler rendement », indique un courtier spécialisé. Pour l'heure, ces derniers ne sont pas fameux sur les premières coupesIl faut dire qu'après la dégradation du potentiel de rendement par la canicule de juin en pleine période de floraison, les cultures qui ne se trouvent pas à proximité du littoral ont été fortement pénalisées par le manque d’eau et les températures élevées de juillet et d’août. Si le tournesol est connu pour sa résistance, il est exceptionnel que le thermomètre avoisine les 40 °C sur une aussi longue période. Dans zone Normandie et ouest Île-de-France, les récoltes de tournesol vont s’intensifier dans les prochains jours et devraient se poursuivre jusqu’à la mi-septembre, voire au-delà dans les situations de re-semis ou de levées très tardives, indique Terres Inovia. « Des pertes significatives de potentiel sont attendues dans les sols superficiels et dans les secteurs les moins arrosés de l’Eure et de l’ouest francilien. Les résultats pourraient être moins dégradés dans certains sols profonds de l’Orne, du Calvados ou de l’Eure ayant bénéficié des pluies du printemps et, localement, de celles de la mi-août », précise l’institut technique. En termes de qualité, les parcelles restent globalement saines, avec peu de maladies estivales en raison de l’absence prolongée d’humidité.
La cotation de la graine de soja sur le marché physique français en départ Rhône-Alpes progresse de 10 €/t à 490 €/t sur la période octobre-décembre en cette semaine du 19 au 26 août 2026. Elle est toujours non cotée en départ Sud-Ouest, en ancienne récolte comme en nouvelle récolte, faute de visibilité sur la prochaine récolte. Le marché est attentiste. Les cultures grillent sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l’Hexagone ont également souffert des températures caniculaires et de la sécheresse de ce printemps et de cet été. La récolte qui débute devra progresser pour avoir une idée précise du volume de production.
La graine de lin sur le marché physique français est de nouveau cotée en cette semaine du 19 au 26 août 2026. Par rapport aux dernières cotations en date du 23 juillet 2026, seul le cours du lin brun à destination de l’alimentation humaine a évolué, gagnant 35 €/t à 750 €/t.
Protéagineux
Renchérissement
Sur le marché physique français, les pois fourragers ont progressé entre le 19 et le 26 août 2026. Le rendu Pontivy-Guingamp a ainsi gagné 13 €/t en quinze jours.
La féverole fourragère n’est quant à elle pas cotée cette semaine.
Le marché n’est pas très animé. La production n’est pas attendue pléthorique cette année et les agriculteurs ont tendance à conserver leur récolte pour la transformer à la ferme.
Tourteaux
Cotations en progression
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja OGM ont nettement progressé sur l’ensemble des places commerciales en cette semaine du 19 au 26 août 2026, gagnant entre 12 et 14 €/t selon les périodes. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a de fait grimpé de 9,80 $/t à 328,70 $/t sur l’échéance septembre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance baissière sur la semaine. La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée.
Les cotations des tourteaux de colza sur le marché physique français n’ont pas évolué sur la semaine du 19 au 26 août 2026. Les cours du tourteau de tournesol sont également sans changement sur la semaine, exception faite du départ Lezoux qui prend 15 €/t.
Le marché hexagonal des tourteaux est relativement calme, dans ce contexte haussier. Les acheteurs attendent des prix plus en adéquation avec leurs objectifs de marges.
Huiles
Hausse des cours
Les cours de l’huile de soja en départ Brest ont gagné de 9 à 15 €/t €/t selon les périodes, entre le 19 et le 26 août 2026. L’huile de colza en départ Rouen/Brest et l’huile de tournesol en départ Dunkerque ne sont pas cotées cette semaine. Les prix de l’huile de coprah raffinée en franco Bretagne ont grimpé de 110 €/t ces sept derniers jours. Ceux de l’huile de palme raffinée en franco Bretagne ont de leur côté perdu de 10 €/t.
Sur les ports nord-européens, l’huile de soja a perdu 30 €/t entre le 19et le 26 août 2026. Les cours de l’huile de colza et de l’huile de tournesol ont également cédé du terrain, perdant respectivement 33 €/t et 25 €/t. L’huile de coprah a renchéri de 220 €/t, tandis que les cotations de l’huile de palme ont reculé de 5 €/t. Le marché européen est un peu plus actif en huile de soja, en raison de sa baisse de prix induite par l’huile de soja cotée sur le CBOT.
Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a perdu 2,64 cts$/livre sur l’échéance septembre à 67,22 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. L’accord sur les biocarburants aux États-Unis a conduit à une augmentation de la demande sur le rapproché. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a également cédé du terrain, perdant 24 ringgits la tonne à 4 630 ringgits la tonne, sur le même laps de temps.
Le marché des huiles est globalement plus tendu que la campagne passée. Le blocage des exportations à partir des ports du pourtour de la mer Noire handicape à court terme le marché de l’huile de tournesol, en origine Ukraine notamment. « Les cours des huiles végétales en Europe sont aujourd’hui près de deux fois supérieurs à leur niveau moyen de 2016-2020 », indique Argus Media France dans un communiqué en date du 27 août 2026. Cette situation s’explique notamment par la hausse continue de la demande mondiale, portée à la fois par l’alimentation humaine et par le développement du biodiesel. « Dans ce contexte de forte volatilité des prix des huiles végétales, le nouveau contrat à terme lancé en Europe par la bourse CME, basé sur la référence de prix Argus Media "huile de colza FOB Dutch Mill", doit aider les acteurs de la filière agroalimentaire comme ceux de la filière des biocarburants à sécuriser leurs marges et à mieux gérer leur risque de prix », explique Sébastien Poncelet, directeur du développement chez Argus Media France.
Issues de meunerie
Nouveau renchérissement des sons
Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français ont suivi une tendance haussière entre le 19 et le 26 août 2026. Les son fin et remoulage demi-blanc ont renchéri de 3 €/t sur la semaine, alors que les cours de la farine basse et du gruau se sont stabilisés. D’un côté, la marchandise manque, l’activité meunière redémarre poussivement. La baisse des températures conduit à une reprise de la consommation des produits de la BVP (boulangerie, viennoiserie, pâtisserie), et par ricochet de la demande de farine. De l’autre, les fabricants d’aliments animaux en France et dans les pays limitrophes sont à la recherche de matières sèches pour formuler. Les coproduits meuniers intéressent de plus en plus les industriels de la nutrition animale pour venir en alternatives aux céréales dont les prix sont élevés. Dans ce contexte, on enregistre un déséquilibre entre l’offre et la demande. La consommation d’aliments composés devrait s’accroître pour pallier le manque de fourrage.
En Bretagne, les cours du son fin farine ont de nouveau progressé entre le 19 et le 26 août 2026, de 2 €/t. La petite demande des fabricants d’aliments pour animaux se heurte à la faiblesse des disponibilités. En Isère, les cours du son fin sont sans changement d’une semaine sur l’autre. En région marseillaise, les cotations ont progressé de 5 €/t sur la période, voire de 10 €/t en région toulousaine. Il y a un peu de demande de la part des fabricants d’aliments français et espagnols, face à une offre qui se raréfie. L’Italie est plutôt vendeur sur le marché des coproduits minotiers.
Coproduits amidonniers
Progression des prix en drêche de maïs
Les cours de la drêche de maïs sur le marché physique français ont progressé (de 3 €/t à 10 €/t) entre le 19 et le 26 août 2026, dans le sillage de la céréale.
La drêche de blé est de nouveau cotée.
Le corn gluten feed n’est pas coté.
Le marché est relativement calme.
Coproduits laitiers
Cotations sans évolution
Les cotations de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale sur le disponible en vrac n’ont pas évolué sur le marché physique français entre le 20 et le 27 août 2026, en l’absence de nouvelle affaire traitée. Cependant, le marché néerlandais continue de grimper sur le quatrième trimestre 2026. À titre indicatif, on rapporte un prix en poudre de lactosérum à 1740 €/t rendu utilisateur, les disponibilités étant très faibles.
Produits déshydratés
Prix reconduits en luzerne
En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 19 et le 26 août 2026. Les fortes chaleurs de juin ont impacté négativement la deuxième coupe en cours. Et les troisième et quatrième vagues de canicule en juillet et août n’ont fait qu’aggraver la situation.
La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français est de nouveau non cotée cette semaine sur l’ancienne récolte comme sur la nouvelle récolte. Le marché est trop étroit pour pouvoir coter quelque chose cette semaine. Les opérateurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires passées sur le potentiel de rendement en betterave sucrière. La baisse des températures et le retour des pluies sont des facteurs favorables au développement des racines. Cependant, dans les Hauts-de-France, ces conditions climatiques humides et fraîches ont été très favorables à l’évolution de la cercosporiose, indique Terres Inovia dans le Bulletin de santé du végétal - Grandes cultures régional. La présence de teignes est localement observée.
Réunie au sein de l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS), la filière betteravière française alerte quant à elle sur les conséquences exceptionnellement graves des conditions climatiques observées depuis le printemps qui « affectent sévèrement le développement des betteraves et compromet significativement le potentiel de récolte dans de nombreux bassins de production ». Même si des disparités territoriales sont constatées, les observations réalisées à la mi-août dans l’ensemble des régions betteravières montrent « une situation extrêmement préoccupante qui pourrait se traduire par une baisse de production nationale de plus de 20 % par rapport à la moyenne 5 ans ». Les conditions climatiques exceptionnelles ont également favorisé le développement de bioagresseurs, notamment les charançons et la teigne, ainsi que la dégradation sanitaire des racines par les pourritures (rhizopus), aggravant encore les pertes constatées. « Dans plusieurs régions, la situation est telle que certaines parcelles pourraient ne pas être récoltées », précise le communiqué de presse en date du 25 août 2026.
Farine de poisson
Fermeté des cours
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français sont nominalement reconduits entre le 12 et le 26 août 2026. Ils demeurent très fermes, en raison de faibles disponibilités. Le marché est calme, les acheteurs étant en retrait.
Pailles et fourrages
Nouvelle hausse des cours en foin de Crau
En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est demeure respectivement cotée entre 80 €/t et 100 €/t et entre 70 €/t et 90 €/t, en cette semaine du 19 au 26 août 2026. On enregistre une demande à l’export sur la nouvelle campagne.
En foin de Crau, les prix sur le marché physique français (cotations commerciales) n’ont pas évolué sur la semaine, stagnant à 190 €/t en première coupe et 200 €/t en deuxième coupe. Le Comité du foin de Crau a révisé à la hausse ses cotations en deuxième coupe (+ 10 €/t) entre août et septembre 2026, celles en première coupe n’ont pas évolué. Il y a une grosse demande sur la deuxième coupe, alors qu’il manque 20 à 30 % de marchandise en deuxième et troisième coupes. La demande est plus faible sur la première coupe. La récolte de la troisième coupe devrait s’achever d’ici une quinzaine de jours.
Les professionnels des pailles et fourrages sont de plus en plus consultés par de potentiels nouveaux clients face à la rareté de la marchandise.
Par ailleurs, la sécheresse qui amenuise les stocks de nourriture pour les animaux d’élevage entraîne un commerce illégal de fourrage entre la France et la Suisse, dont des agriculteurs au pouvoir d’achat plus élevé viennent se fournir en France, dénonce la FDSEA du Doubs, selon une information rapportée par nos confrères d’Agra. Son président Florent Dornier fait état d’« agriculteurs suisses qui passent la douane pour venir chercher des stocks en France » sans passer par une déclaration obligatoire (la Suisse ne faisant pas partie du marché unique). « On voit passer des dizaines et des dizaines de camions qui vont du côté suisse », explique le syndicaliste à l’AFP. Si le prix du foin, qui fluctue habituellement aux alentours de 150 €/t, a dépassé les 170 €/t avec la sécheresse, des acheteurs suisses sont prêts à payer 220 ou 230 €/t, selon M. Dornier. Des prix « exorbitants, inaccessibles pour des paysans français ».
Selon le dernier bulletin MARS du Centre commun de recherche de la Commission européenne, les fortes chaleurs persistantes et le manque de précipitations enregistrés au cours des deux derniers mois ont réduit la disponibilité des pâturages et l’accumulation de biomasse, affectant de façon préoccupante l’approvisionnement en fourrage dans l’ouest et le centre de l’Europe. Les effets les plus importants sont signalés en France, dans le sud de l’Allemagne, le nord et le centre de l’Italie, en Autriche, en Tchéquie, en Slovaquie, en Hongrie et dans l’ouest de la Roumanie.
La rédaction
À surveiller
Soja
- Conditions de culture aux États-Unis et en Europe.
- Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
- Compétitivité des huiles végétales, portées par le biodiesel (crise du pétrole au Moyen-Orient).
- Premières coupes en France.
Colza
- Teneur en huile de la récolte française et européenne.
- Rythme des semis de la récolte 2027, levée sur les premières parcelles emblavées.
- Rythme de la trituration en Europe.
- Concurrence de l’Ukraine en termes de graine et d’huile.
Tournesol
- Effets de la sécheresse et du déficit hydrique sur le continent européen.
- Premières coupes en France.
- Effets des frappes russes sur les sites de trituration et la logistique en Ukraine.
Karine Floquet