COT'Hebdo Oléoprotéagineux et coproduits
Marché des oléagineux et coproduits du 15 au 22 avril 2026 - Les prix du colza ont progressé dans le sillage du pétrole
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 15 et le 22 avril 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 15 et le 22 avril 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours du colza sur le marché à terme Euronext ont grimpé, entre le 15 et le 22 avril 2026, de 13 €/t sur l’échéance mai (récolte 2025), à 522,25 €/t, mais seulement de 6,75 €/t sur celle d’août (récolte 2026), à 501,75 €/t. Les cotations du colza européen ont suivi la tendance haussière du prix du pétrole, qui a entraîné dans son sillage la canola canadien (+15,20 CAN/t, à 721,10 CAN/t). Sur l’échéance juin, le WTI a ainsi progressé de 4,83 $/baril à 92,96 $/baril et le Brent de 6,98 $/baril à 101,91 $/baril, alors que le conflit au Moyen-Orient s'enlise. L’Iran et les Etats-Unis n'arrivent pas à se mettre autour d'une table pour négocier un accord. Le cessez-le-feu est tant bien que mal respecté. Mais le détroit d’Ormuz demeure fermé. Les cours du soja sur le CBOT ont de leur côté reculé sur la semaine (-2,50 ct$/livre, à 1 164,50 ct$/boisseau).
Sur le marché physique français, le prix du colza en FOB Moselle, sa place de référence, a progressé de 20 €/t à 522 €/t sur la période avril-juin et de 6 €/t à 496 €/t sur la période juillet-septembre, entre le 15 et le 22 avril 2026. Le marché est vendeur, agriculteurs et collecteurs cherchant à vider leurs silos pour engranger la nouvelle récolte. Mais les acheteurs ont du mal à se positionner sur le moyen terme, au vu de la volatilité des cours sur Euronext, induite par les tergiversations géopolitiques au Moyen-Orient.
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Les prix du tournesol hexagonal ont suivi une tendance baissière dans le même temps (entre 0 €/t et -15 €/t). En rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, le tournesol oléique a perdu 10 €/t à 530 €/t sur la période octobre-décembre. Le marché est peu actif, en cette période de démarrage des semis qui se déroulent dans de bonnes conditions géoclimatiques.
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Les cotations du soja tricolore sont nominalement reconduites dans le Sud-Est, et demeurent non cotées dans le Sud-Ouest. Les vendeurs sont inscrits aux abonnés absents, en cette période d'ensemencements.
Karine Floquet
Protéagineux
Marché à l'arrêt
Pois et féverole sont de nouveau cotés en rendu Pontivy/Guingamp en cette semaine qui s'étend du 15 au 22 avril 2026. Leurs prix sont en forte hausse par rapport aux cotations d'il y a quinze jours. Le marché est bloqué, les intérêts acheteurs et vendeurs ne se rejoignant pas.
Tourteaux
Hausse des prix en colza et tournesol
Les prix des tourteaux de soja sur le marché physique français ont évolué irrégulièrement sur la semaine du 15 au 22 avril 2026, selon les places et les échéances. Les cours du tourteau de soja sur le marché à terme du CBOT ont perdu 13,80 $/t sur l’échéance mai d’une semaine sur l’autre.
La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance haussière entre le 15 et le 22 avril 2026. Elle s’établit maintenant à titre indicatif à + 115 €/t sur la période avril (stable), + 120 €/t sur la période mai (+2 €/t), + 132 €/t sur la période 2 de juin (stable) et + 151 €/t sur les périodes 3 d’août et 2 de novembre (stable). La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée, comprise à titre indicatif entre 3 €/t et 4 €/t.
Les cotations des tourteaux de colza en France ont progressé, entre + 3 €/t et + 32 €/t selon les places de marché et les périodes. Celles en tournesol ont également gagné du terrain mais dans une moindre mesure, évoluant entre 0 €/t et + 5 €/t.
Sur le marché physique français, l’activité en tourteaux de soja, de colza et de tournesol est au point mort, les niveaux de prix étant trop élevés pour susciter un intérêt acheteur. Et l'incertitude géopolitique au Moyen-Orient n'aide pas aux affaires.
Huiles
Forte hausse des huiles européennes
Les prix de l'huile de colza en départ Rouen ont reculé de 5 €/t à 13 €/t 7 €/t entre le 15 et le 22 avril 2026. Ceux de l’huile de tournesol en départ Dunkerque ont progressé d’une vingtaine d’euros la tonne, ceux de l’huile de soja en départ Brest ont grimpé de 45 €/t. L'huile de palme raffinée en franco Bretagne a gagné 30 €/t, et l’huile de coprah en Franco Bretagne a perdu 25 €/t.
Sur le marché physique français, après une petite activité en huile de soja la semaine dernière, en raison de la baisse des prix induite par le repli tarifaire du pétrole en lien avec l'accalmie observée au Moyen-Orient, le marché s'est éteint, avec la reprise des cours du baril de brut cette semaine. Le marché de l'huile de colza et de tournesol est demeuré morose.
Sur les ports nord-européens, les cours des huiles végétales ont progressé sur la semaine de 5 €/t à 20 €/t en soja, et ceux de l’huile de colza de 5 €/t à 15 €/t.
L'huile de soja sur le CBOT a reculé de 4,08 cts$/livre sur l'échéance mai, d’une semaine sur l’autre.
Issues de meunerie
Défaillance de la meunerie
Les prix des coproduits minotiers ont suivi une tendance haussière sur la semaine du 14 au 21 avril, avec un renchérissement du remoulage demi-blanc (+2 €/t) et de la farine basse (+5 €/t). On enregistre une défaillance de la meunerie vis-à-vis de leurs engagements contractuels, en raison de maintenances et de réparations de leurs outils de travail. Dans ce contexte, la demande des fabricants d'aliments pour animaux se fait pressante, sur un marché purement acheteur. Cependant, les besoins devraient progressivement s'essouffler avec la mise à l'herbe du bétail.
En Bretagne, les prix du son fin farine sont reconduits entre le 15 et le 22 avril 2026, avec une demande toujours présente. En Isère, les cours du son fin farine ont perdu 5 €/t sur la semaine, sur la base d'une affaire traitée. Sur la région marseillaise, les cotations sont reconduites.
Coproduits de l'amidonnerie
Hausse des cours en drêche de maïs
Les prix de la drêche de maïs ont progressé entre le 15 et le 22 avril 2026 (entre +2 €/t et +6 €/t). La drêche de blé n'est pas cotée sur l'actuelle comme la prochaine campagne.
Le corn gluten feed demeure non coté cette semaine sur les campagnes 2025-2026 et 2026-2027.
Le marché est des plus calmes.
Coproduits laitiers
Tendances contrastées
La cotation de la poudre de lait pour l'alimentation animale sur le disponible en vrac a perdu 80 €/t entre le 16 et le 23 avril 2026. Celle de la poudre de lactosérum pour l'alimentation animale sur le disponible en vrac a quant à elle gagné 70 €/t sur la semaine. Ces tarifs correspondent aux réservations du mois de mai.
La poudre de lait suit une tendance baissière tandis que la poudre de lactosérum est dans une phase ascendante.
Produits déshydratés
Rien à signaler
En luzerne déshydratée, les prix n'ont pas évolué en ancienne comme en nouvelle récolte entre le 15 et le 22 avril 2026. La première coupe devrait bientôt démarrer sur toute la zone Champagne-Ardenne.
Les cours en pulpe de betterave déshydratée sont nominalement reconduits d'une semaine sur l'autre, à 260 €/t sur la campagne actuelle et 240 €/t sur la nouvelle campagne.
Farine de poisson
Renchérissement
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français restent fermes en Europe mais augmentent en Amérique du Sud (+30 €/t) et dans le reste du monde, en cette semaine du 15 au 22 avril 2026. Les disponibilités restent particulièrement limitées.
Pailles et fourrages
Statu quo
En départ Nord-Est, la fourchette de prix est toujours la même : entre 90 et 120 €/t, en fonction des départements. On note toujours un faible courant d’activité à l’export mais constant. Les coûts de transport plus élevés depuis quelques semaines compliquent la donne.
Il n'y a pas de changement concernant les cotations commerciales et de référence en foin de Crau.
Concernant la pousse de l'herbe dans les prairies, « le mois de mars a commencé par une grande douceur, tandis que les dernières semaines ont été marquées par le retour de températures plus fraîches et de gelées matinales », indique l'Idele dans sa dernière "Note agroclimatique et prairies", publiée le 21 avril 2026. « Ces fluctuations de température ne sont pas inhabituelles, mais ont provoqué un démarrage de la végétation plutôt précoce par rapport aux dernières années, puis un coup d’arrêt de la pousse », précise l'institut technique. Côté précipitations, « mars a globalement offert une accalmie sur la majeure partie du territoire, à l’exception du pourtour méditerranéen, permettant un ressuyage progressif des sols », souligne l'Idele.
La rédaction
À surveiller
Soja
- Conséquence de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des carburants et du fret maritime.
- Compétitivité de l’huile, portée par le biodiesel.
- Taux de substitution du maïs par le soja aux États-Unis, au vu de la flambée des engrais.
- Acheminement vers les ports des récoltes argentine et brésilienne.
Colza
- Interrogations dans l’UE sur les mises en jachère potentielles, au lieu de semer du colza de printemps.
- Intentions de semis dans le bassin de la mer Noire.
- Rythme de la trituration en Europe.
Tournesol
- Intention de semis en France, dans l'UE et la zone mer Noire.
- Effets des frappes russes sur les sites de trituration en Ukraine.
Karine Floquet