Marché des oléagineux et coproduits du 12 au 19 août 2026 - Les prix en colza français grimpent, à l’image du soja états-unien et du pétrole
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 12 et le 19 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont continué de gagner du terrain, entre le 12 et le 19 août 2026, grimpant de 15 €/t à 551,75 €/t sur l’échéance novembre 2026 et 14,75 €/t à 553 €/t sur celle de février 2027. Les cotations européennes ont progressé dans le sillage du pétrole (+ 2,64 $/baril à 91,62 $/baril sur l’échéance septembre 2026 pour le Brent ; + 1,12 $/t à 84,39 $/t sur l’échéance septembre 2026 pour le WTI), qui a entraîné avec lui la graine de soja sur le CBOT (+ 57 ct$/boisseau à 1 222,25 ct$/boisseau sur l’échéance septembre 2026), le tourteau de soja sur le CBOT (+ 11,60 $/t à 318,90 $/t sur l’échéance septembre 2026), l’huile de soja cotée sur le CBOT (+ 1,16 $/livre à 69,86 $/livre sur l’échéance septembre 2026), le canola canadien (+ 64 CAN/t à 819,90 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et l’huile de palme malaisienne (+ 64 RM/t, à 4 654 RM/t sur l’échéance septembre 2026). Le renchérissement de l’euro face au dollar sur la semaine (+ 0,006 $, à 1,1605 $) a quelque peu atténué le mouvement haussier du cours du colza sur le marché à terme européen.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de colza ont grimpé dans le sillage d’Euronext entre le 12 et le 19 août 2026, gagnant entre 13,50 €/t et 17,50 €/t selon les places et les périodes. Le FOB Moselle, sa place de référence, a ainsi progressé de 15 €/t à 552 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Acheteurs et vendeurs sont toujours aussi peu nombreux sur un marché inerte. Les vendeurs sont dans l’attente des résultats qualitatifs de la récolte engrangée. Les acheteurs ont par ailleurs du mal à se positionner sur le moyen et long terme, au vu des incertitudes liées à la crise pétrolière au Moyen-Orient et à la demande en biodiesel qui en découle.
La problématique des agriculteurs à l’heure actuelle concerne les emblavements. Semer ou ne pas semer, telle est la question. À ce titre, Terres Inovia, dans sa lettre régionale Bourgogne Franche-Comté, Grand Est Hauts de France du 14 août, rappelait « qu’un minimum de 15 mm est nécessaire pour faire lever le colza dans un sol préparé. Dans les autres situations, la quantité requise peut être plus importante (30 mm voire 40 mm) ». La même lettre faisait état, qu’à partir du 15 août, « des perturbations sont annoncées sur une partie de la zone Nord Est en particulier en Bourgogne Franche Comté. Dans ces secteurs, les probabilités de cumuls supérieures à 15 mm au cours des 15 prochains jours étaient élevées (70 à 100 %), mais restaient soumises à la forte incertitude des régimes orageux ». Des averses ont bien arrosé la région cette semaine, mais seront-elles suffisantes pour assurer une bonne implantation de la culture ? Dans le Sud-Ouest, les semis débutant traditionnellement en septembre, la situation est moins urgente.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de tournesol ont évolué de manière contrastée entre le 12 et le 19 août 2026, entre - 5 €/t et + 12,50 €/t. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a gagné 7,50 €/t à 587,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Le FOB Moselle et le rendu Lezoux en tournesol oléique baissent de 5 €/t : ils sont a priori influencé par le repli tarifaire de la graine origine mer Noire, notamment en provenance d’Ukraine. Sur la façade Atlantique, les cours continuent de monter, en raison de la hausse des prix de l’huile. Le marché est attentiste. Au vu de la hausse continue des prix, les acheteurs ne sont guère nombreux. De plus, le taux d’engagement est plutôt bien avancé sur la campagne 2026-2027. Les vendeurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires de ces deux derniers mois sur le développement des parcelles. Après la dégradation du potentiel de rendement par la canicule de juin en pleine période de floraison, les cultures qui ne se trouvent pas à proximité du littoral ont été fortement pénalisées par le manque d’eau et les températures élevées de juillet et d’août. Si le tournesol est connu pour sa résistance, il est exceptionnel que le thermomètre avoisine les 40 °C sur une aussi longue période. Les opérateurs seront bientôt fixés sur le volume et la qualité de la récolte 2026 : certaines parcelles sont déja récoltées avec une généralisation des coupes attendue durant la deuxième quinzaine d’août. Les premières coupes de début août dans la région toulousaine du Lauragais présentent un taux d’humidité correct mais un poids spécifique très faible, qui se traduit par de toutes petites graines. La récolte démarre en Bourgogne.
La cotation de la graine de soja sur le marché physique français en départ Rhône-Alpes a été reconduite à 480 €/t sur la période octobre-décembre en cette semaine du 12 au 19 août 2026, sans changement août t par rapport à la précédente. Elle est non cotée en départ Sud-Ouest, en ancienne récolte comme en nouvelle récolte, faute de visibilité sur la prochaine récolte. Le marché est attentiste. Les cultures grillent sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l’Hexagone souffrent également des températures caniculaires et de la sécheresse.
Les prix de la graine de lin brun sur le marché physique français sont non cotés en cette semaine du 12 au 19 août 2026, que ce soit à destination de l’alimentation animale comme humaine.
Protéagineux
Rien à signaler
Sur le marché physique français, les pois et les féveroles fourragers ne sont pas cotés sur la semaine du 12 au 19 août 2026.
Le marché est très calme. La production n’est pas attendue pléthorique cette année et les agriculteurs ont tendance à conserver leur récolte pour la transformer à la ferme.
Tourteaux
Cotations en progression
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja OGM ont suivi une tendance haussière sur l’ensemble des places commerciales en cette semaine du 12 au 19 août 2026, évoluant entre 0 €/t et + 8 €/t selon les périodes. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a de fait gagné 11,60 $/t à 318,90 $/t sur l’échéance septembre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance baissière entre le 12 et le 19 août 2026. Elle s’établit maintenant à titre indicatif à + 150 €/t sur la période août-septembre 2026 (- 5 €/t), + 158 €/t sur la période octobre 2026 (- 4 €/t) et + 162 €/t sur la période 2 de novembre 2026 (- 6 €/t). La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée, comprise entre + 3 €/t et + 4 €/.
Les cotations des tourteaux de colza sur le marché physique français ont gagné du terrain sur la semaine du 12 au 19 août 2026, entre + 8 €/t à + 14 €/t selon les places commerciales et les périodes, et ce, dans le sillage de la graine de colza hexagonale. Les cours du tourteau de tournesol n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre.
Après une période d’activité significative au mois de juin, le marché hexagonal des tourteaux s’est apaisé depuis le début du mois de juillet, en toutes graines oléagineuses. La baisse de la consommation d’aliments composés par les animaux, consécutive aux fortes températures qui ont par ailleurs fait bondir le taux de mortalité dans les élevages, a conduit mécaniquement à une baisse de la demande en matières premières agricoles de la part des fabricants. De plus, avec l’arrivée de la nouvelle récolte de céréales à paille, les industriels ont tendance à incorporer davantage de blé et d’orge, voire de coproduits minotiers, dans leurs formulations. Cependant, cette semaine, on a enregistré une légère reprise des échanges en tourteau de soja.
Huiles
Hausse des cours
Les cours de l’huile de soja en départ Brest ont perdu de 7 à 13 €/t €/t selon les périodes, entre le 12 et le 19 août 2026. Ceux de l’huile de colza en départ Rouen/Brest et de tournesol en départ Dunkerque n’ont pas évolué sur la semaine. Les huiles de coprah et de palme raffinée en franco Bretagne ont gagné entre 15 €/t et 20 €/t ces sept derniers jours. Le marché physique français est relativement calme. Les clients, bien couverts sur le court terme, n’effectuent que des achats de complément sur le rapproché, les tarifs proposés sur les longueurs ne coïncidant pas avec leurs objectifs en termes de prix d’achats.
Sur les ports nord-européens, l’huile de soja est de nouveau cotée en cette semaine du 12 au 19 août 2026. Les cours de l’huile de colza ont progressé de 22 €/t. Ceux de tournesol ont évolué irrégulièrement, à la baisse sur le court terme (-40 €/t) mais à la hausse sur les moyen et long termes. L’huile de coprah a renchéri de 15 €/t, tandis que les cotations de l’huile de palme ont reculé de 10 €/t.
Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a gagné 1,16 cts$/livre sur l’échéance septembre à 69,86 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a progressé de 64 ringgits la tonne à 4 654 ringgits la tonne, sur le même laps de temps.
Issues de meunerie
Renchérissement
Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français ont progressé de 2 €/t sur la semaine allant du 11 au 19 août 2026. D’un côté, la marchandise manque, la meunerie tournant au ralenti. Les fortes températures en cet été hors normes conduisent à une baisse de la consommation des produits de la BVP (boulangerie, viennoiserie, pâtisserie), et par ricochet de la demande de farine. De l’autre, les fabricants d’aliments animaux en France et dans les pays limitrophes sont à la recherche de coproduits céréaliers. Ces derniers intéressent de plus en plus les industriels de la nutrition animale pour venir en alternatives aux céréales dont les prix sont élevés et au manque de foin et d’herbe dans les prairies, alors qu’ils s’interrogent sur les futures disponibilités en tourteau, notamment en tournesol et soja français.
En Bretagne, les cours du son fin farine ont de nouveau progressé de 2 €/t entre le 12 et le 19 août 2026. La petite demande des fabricants d’aliments pour animaux se heurte à la faiblesse des disponibilités. Les coproduits intéressent les industriels de la nutrition animale alors que l’herbe et le foin font défaut et que la production d’oléagineux en France n’est pas attendue pléthorique cette année, entraînant une baisse concomitante des fabrications de tourteaux. En région marseillaise, les cotations n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Il en est de même en région toulousaine et en Isère.
Coproduits amidonniers
Progression des prix en drêche de maïs
Les cours de la drêche de maïs sur le marché physique français ont progressé (de 1 €/t à 6 €/t) entre le 12 et le 19 août 2026, de façon plus marquée sur le disponible avec la faiblesse attendue de la récolte à venir.
La drêche de blé et le corn gluten feed ne sont pas cotés.
Le marché demeure morose.
Coproduits laitiers
Cotations sans évolution
Les cotations de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale sur le disponible en vrac n’ont pas évolué entre le 6 et le 13 août 2026, en l’absence de nouvelles affaires traitées. Le marché néerlandais est nerveux, avec de fortes hausses tarifaires enregistrées sur le court et le long termes, principalement du fait de l’activité entre négociants.
Produits déshydratés
Prix reconduits en luzerne
En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 12 et le 19 août 2026. Les fortes chaleurs de juin ont impacté négativement la deuxième coupe en cours. Et les troisième et quatrième vagues de canicule en juillet et août n’ont fait qu’aggraver la situation.
La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français est de nouveau non cotée cette semaine sur l’ancienne récolte comme sur la nouvelle récolte. Le marché est trop étroit pour pouvoir coter quelque chose cette semaine. Les opérateurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires sur le développement des cultures de betterave.
Farine de poisson
Fermeté des cours
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français sont nominalement reconduits entre le 5 et le 12 août 2026. Ils demeurent très fermes, en raison de faibles disponibilités. Le marché est calme, les acheteurs étant en retrait.
Pailles et fourrages
Nouvelle hausse des cours en foin de Crau
En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est est respectivement cotée entre 80 €/t et 100 €/t et entre 70 €/t et 90 €/t, en cette semaine du 12 au 19 août 2026. On enregistre une petite demande à l’export sur la nouvelle campagne. En foin de Crau, les prix sur le marché physique français (cotation commerciale) ont évolué irrégulièrement entre le 12 et le 19 août 2026, de + 10 €/t à 190 €/t en première coupe et de - 10 €/t à 200 €/t en deuxième coupe. Le Comité du foin de Crau a relevé par deux fois ce mois-ci ses cotations de référence. Selon l’association professionnelle, les rendements, qui ont été assez bons en première coupe, sont très mauvais en deuxième coupe. Malgré l’irrigation, les prairies ont du mal à pousser avec les grosses chaleurs. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité. Les professionnels des pailles et fourrages sont de plus en plus consultés par des demandes de nouveaux potentiels clients face à la rareté des marchandises.
Agreste vient de publier sa note mensuelle les Informations et suivi objectif des prairies (Isop) au 31 juillet 2026. Il en ressort qu' « au 31 juillet 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 30 % à celle observée à la même date sur la période de référence 1989-2018 ». Après un début de campagne fourragère satisfaisant, la pousse des prairies est quasiment à l’arrêt depuis fin mai : « le niveau de production cumulé atteint au 31 juillet est ainsi comparable à celui observé au 31 mai 2026 », précise l’agence gouvernementale. Cette absence de reprise de la croissance s’explique « par la persistance de conditions exceptionnellement chaudes et sèches, qui continuent d’affecter les prairies sur l’ensemble du territoire ». Le déficit de production fourragère s’accentue et concerne désormais un nombre croissant de régions, avec des écarts importants par rapport aux niveaux habituels, s’inquiète les analystes.
Agreste a publié sa note mensuelle dédiée au suivi des pairies et titrée "Pousse de l’herbe : pas d’amélioration, la pousse reste fortement déficitaire au 10 août". Il en ressort qu’à cette date, « la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure d’un tiers à celle observée à la même date de la période de référence 1989-2018 ». Et d’expliquer : « La canicule et la sécheresse persistent et continuent de bloquer la reprise de la pousse de l’herbe ». Dans ce contexte, la situation fourragère reste ainsi très dégradée, avec un déficit désormais marqué dans la quasi-totalité des régions, commente l’agence gouvernementale.
Parallèlement, l’Idele vient de publier sa Note agro-climatique et prairies, intitulée "Août 2026 : une sécheresse historique qui grille la France". La situation météorologique particulièrement sèche et chaude a entraîné « une forte dégradation de l’humidité des sols, dont l’indice a atteint fin juillet son niveau le plus bas jamais enregistré, comparable à celui observé à la mi-août 2022 ». De plus, « la quasi-totalité des nappes phréatiques ont également vu leur niveau baisser, sous l’effet conjugué du manque de précipitations et de l’augmentation de la demande en eau ». Résultat : « Les prairies sont désormais totalement grillées sur la quasi-totalité du territoire français ». Conséquences : « les éleveurs puisent donc dans les stocks constitués ce printemps, avec le risque de manquer de fourrage pour passer l’hiver » et « les troupeaux sont désormais tous complémentés depuis plusieurs semaines ». La situation est d’autant plus préoccupante que les maïs ne sont pas épargnés cette année : « il faut s’attendre à des ensilages de qualité médiocre ainsi qu’à une forte baisse du rendement ». Mais un espoir persiste : « les prairies, bien que grillées aujourd’hui, ont la capacité de reverdir et de repartir en production avec le retour de la pluie et de la minéralisation ».
La rédaction
À surveiller
Soja
- Conditions de culture aux États-Unis et en Europe.
- Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
- Compétitivité des huiles végétales, portées par la demande en biodiesel.
- Premières coupes en France.
Colza
- Teneur en huile de la récolte française et européenne.
- Conditions de semis de la récolte 2027, levée sur les premières parcelles emblavées
- Rythme de la trituration en Europe.
- Concurrence de l’Ukraine en termes de graine et d’huile.
Tournesol
- Effets de la sécheresse sur le développement des cultures sur le continent européen.
- Premières coupes en France.
- Effets des frappes russes sur les sites de trituration et la logistique en Ukraine.
Karine Floquet