COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et sucre du 25 mars au 1er avril 2026 - Les prix du blé corrigent à la baisse sur les marchés à terme et physique français
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 25 mars et le 1er avril 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 25 mars et le 1er avril 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a reculé entre le 25 mars et le 1er avril de 3 €/t à 191,50 €/t sur la période avril-juin, dans le sillage des marchés à terme d’Euronext et du CBOT. Ces derniers ont suivi la correction à la baisse du prix du baril de pétrole, alors que le président Donald Trump affirme que la guerre au Moyen-Orient sera terminée d’ici deux à trois semaines. Sur le marché à terme européen, le contrat blé s’est ainsi replié de 2,75 €/t à 201,25 €/t sur l’échéance mai 2026 et de 0,50 €/t à 210,75 €/t sur l’échéance septembre 2026. Sur le marché à terme états-unien, les cours du blé se sont également repliés sur la semaine de 0,25 cts$/t à 597,50 cts$/t sur l’échéance mai 2026 et 1,50 cts$/t à 608,75 cts$/t sur l’échéance juillet 2026.
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Entre les courtiers inscrits aux abonnés absents pour raison de Semaine sainte (particulièrement suivie également en Espagne et en Italie) et ceux qui travaillent très peu et n’ont pas d’idée sur les niveaux de prix, il est très difficile d’y voir clair sur l’évolution des cotations sur le marché physique français cette semaine. Ainsi, les marchés sont assez calmes dans l’ensemble, avec des agriculteurs en préparation ou réalisation de semis, et de fait peu disponibles à la vente. Le vrai sujet, ce sont les négociations sur les prix des carburants avec des transporteurs qui les imposent, en menaçant d’arrêter de travailler. Les courtiers tentent de limiter la hausse des coûts logistiques. L’ambiance est tendue.
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En ancienne récolte, dans le Grand est, on enregistre encore une bonne activité à destination du Benelux et de l’Allemagne, tant en nutrition animale qu’en meunerie.
En nouvelle récolte, dans le Sud-Est, on note un intérêt vendeur pour tester les niveaux de prix.
Arrêt de la navigation sur le canal du Nord
Les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 25 mars et le 1er avril 2026. Sur le bassin de la Seine, l’activité se maintient sur le port de Rouen mais sans visibilité sur le moyen et le long terme. On notera que les cultures se portent bien sur l’hinterland du port normand. Les opérateurs du transport fluvial s’adaptent au niveau élevé des prix des carburants dans le contexte de guerre au Moyen-Orient , en majorant la clause carburant dans les contrats pour le mois d’avril. On note un doublement de la part carburant allouée au transporteur. Pour l’heure, les chargeurs jouent le jeu : on n’enregistre pour l’heure aucune annulation ou report de transport. La problématique demeure le manque de cales. Avec un mois de mai tronqué par les multiples jours fériés (une seule semaine comptabilisera 5 jours ouvrés), les opérateurs anticipent des difficultés d’exécution.
Le Canal du nord, fermé pour une durée de cinq semaines en raison d'un entretien annuel de maintenance, devrait rouvrir le 7 avril, ce qui permettra de rétablir l'activité sur l’intra-communautaire.
Retour à une navigation normale sur le Rhin
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation sur le fleuve est redevenue normale.
Karine Floquet et Thierry Michel
Maïs
Demande de la nutrition animale
Le prix du maïs en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, n’est pas coté en ancienne récolte. En rendu La Pallice, il a reculé sur la période avril-juin (-2,50 €/t, à196,50 €/t) entre le 25 mars et le 1er avril 2026, dans le sillage d’Euronext et du CBOT. Sur le marché à terme européen, le contrat maïs s’est ainsi replié de 1,75 €/t à 206,75 €/t sur l’échéance juin 2026 et de -1 €/t à 206,25 €/t sur l’échéance novembre 2026. Sur le marché à terme états-unien, les cours du maïs se sont également repliés de 12,50 cts$/t à 454,75 cts$/t sur l’échéance mai 2026 et 12,75 cts$/t à 467,25 cts$/t sur l’échéance septembre 2026.
Dans le Grand est, la baisse des prix a stimulé la demande, avec des volumes significatifs traités par les agriculteurs et les organismes stockeurs. Dans le Sud-Est, on note quelques affaires conclues par les fabricants d’aliments pour animaux hexagonaux.
Orge fourragère
Quelques affaires en nouvelle campagne
En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont régressé, perdant 2,50 €/t à 189,50 €/t sur la période avril-juin en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 25 mars et le 1er avril 2026. Dans le Grand est, on enregistre encore une bonne activité à destination du Benelux et de l’Allemagne, tant en nutrition animale qu’en meunerie. Quelques lots sont également partis sur l’Italie. Dans le Sud-Est, on note un intérêt vendeur pour tester les niveaux de prix.
Orge de brasserie
Progression des cours
Les cotations de l’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué irrégulièrement (entre -1,50 €/t et +4 €/t) entre le 25 mars et le 1er avril 2026, selon les variétés et les récoltes. Des affaires se sont traitées en début de semaine, principalement en FOB Creil. Mais la volatilité des cours sur le marché à terme d’Euronext a stoppé les velléités acheteuses.
Blé dur
Prix stables dans le Sud
Les prix du blé dur sur le marché physique français n’ont pas évolué dans le Sud, entre le 25 mars et le 1er avril 2026. Les coûts du fret commencent à peser sur les opérations d’exécution.
Céréales secondaires
Cours sans changement
Les prix de l'avoine, du seigle et du triticale sont nominalement reconduits entre le 25 mars et le 1er avril 2026.
Sucre
Des prix toujours en hausse
Les prix du sucre brut ont encore progressé pour la période allant du 23 au 30 mars 2026, en sucre brut (+ 0,07 ct$/livre, à 15,83 cts$/livre) comme en sucre raffiné (+ 2,30 $/t, à 452,95 $/t). Bien évidemment, la situation du conflit au Moyen-Orient pèse sur la filière, les très fortes hausses des cours du pétrole faisant monter de concert les prix de l’éthanol. Les taux de change entre les différentes devises, notamment la parité dollar/real, a agi comme un soutien aux prix. Au Brésil, les producteurs ont cependant recommencé à réorienter des volumes de cannes à sucre vers la production de sucre et non d’éthanol. A suivre. Hors cet épisode conjoncturel, les fondamentaux demeurent avec toujours l’idée générale que la campagne en cours se terminera avec un surplus mondial de production relativement important. Et même si les observateurs du marché s’attendent à un recul de la production brésilienne, celle de l’Inde, autre gros exportateur mondial, devrait croître pour cette campagne.
Karine Floquet et Thierry Michel
À surveiller
Blé tendre
- Impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des grains.
- Coûts des travaux de printemps (GNR et engrais) en grandes cultures en France.
- Impact du conflit russo-ukrainien sur les infrastructures et la logistique en zone mer Noire.
- Impact de la sécheresse et des gelées aux États-Unis, et des giboulées de mars en France.
- Compétitivité du blé argentin.
Maïs
- Évolution du coût des intrants avec la guerre au Moyen-Orient.
- Quid des ensemencements dans l’hémisphère nord.
- Qualité de la première récolte brésilienne.
- Semis de la safrinha brésilienne.
Orge
- Conditions de culture en France.
- Levée de dormance de l’hémisphère nord.
Karine Floquet