COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et sucre du 25 février au 4 mars 2026 - Le conflit en Iran paralyse les marchés céréaliers, sans réelle flambée des prix
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 25 février et le 4 mars 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 25 février et le 4 mars 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a progressé entre le 25 février et le 4 mars 2026, de 2 €/t sur la période mars-juin à 191 €/t. Sur Euronext, le contrat blé s'est légèrement replié sur la semaine, de 0,25 €/t sur l'échéance mars. Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont quant à eux grimpé, gagnant 1 cts$/boisseau sur l’échéance mars.
Les évènements en Iran ont plutôt grippé et paralysé le marché. Ils n’ont pas créé d’opportunités, ni pour les acheteurs, ni pour les vendeurs. Ils amènent plus de complexité qu’autre chose. Les acheteurs n’ont ainsi pas cédé à la panique, attendent de voir ce qui se passe et si les opérations militaires vont durer ou pas : les vendeurs essaient de placer des prix mais sans répondant en face.
Pour tout savoir sur l'actualité des professionnels de la filière des grains, cliquez ici
En ancienne récolte, le marché a été globalement actif, avec des primes en baisse de façon générale. Du blé qualité meunière est parti en fourrager, là où il y a de la demande. Il existe un petit courant d’affaires en portuaire comme sur le marché intérieur. Sur le port de La Rochelle-Pallice, la hausse des cours sur Euronext a plutôt stimulé le marché. Dans le Sud-Est, le marché se redynamise quelque peu : on enregistre de petits volumes de la part d'acheteurs, qui étaient très courts et qui reviennent un peu se couvrir ou effectuer des compléments. Dans le Nord-Ouest, des affaires de compléments normaux en cette saison ont été opérées ; le marché est plutôt vendeurs ces derniers jours. Dans le Nord-Est, une importante demande en blé fourrager a été enregistrée sur la Marne, avec des blés utilisés dans le département qui viennent majoritairement des départements autour. Alors que l'on a enregistré une bonne activité sur le Benelux, la consommation en nutrition animale et en alimentation humaine en France est en retrait tant sur les achats que sur les chargements. Les cours sur le bassin du Rhin sont restés stables en fin de période avec une belle activité en début de semaine.
Pour tout savoir sur l'actualité des marchés agricoles, cliquez ici
En nouvelle récolte, l’intérêt est très limité, trop de marchandises à vendre encore en ancienne. Sur le bassin du Rhin, on note quelques demandes de prix pour marquer la récolte 2026 mais sans trop d’affaires traitées à la clé.
De façon, globale, les opérateurs attendent la fin de la période de dormance pour se faire une meilleure idée de l’état des cultures, ce qui pourrait arriver très bientôt dans certaines régions de l’hémisphère nord, selon certains analystes.
Arrêt de la navigation sur le canal du Nord
Sur le bassin de la Seine, les prix du fret fluvial n’ont pas évolué entre le 25 février et le 4 mars 2026. En direction du port du Rouen, l’activité a redémarré, la navigation ayant repris partiellement sous le pont de l’Île-Saint-Denis. Le retour à la normale est prévu en fin de semaine. Les retards de transport sont résorbés et le trafic ne semble pas vouloir ralentir. L’explosion du prix du pétrole, en lien avec le conflit en Iran, préoccupe les opérateurs. Ils craignent un net renchérissement des carburants et, par ricochet, des coûts du fret fluvial dans les semaines à venir.
Sur l’intracommunautaire, la navigation entre les bassins de la Seine et du Nord est bloquée en raison de la fermeture du canal du Nord le 2 mars. L’infrastructure ne sera pas navigable pendant cinq semaines pour cause d’entretien programmé, après deux ans de report. Une alternative existe par Saint-Quentin, mais sur un réseau à petit gabarit. Dans le bassin du Nord, l’activité vers le nord UE se maintient à la faveur du grand gabarit.
Le Rhin et la Moselle demeurent navigables
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Il n’y a plus de contrainte de navigation sur le Rhin et la Moselle.
A noter la tenue d’une réunion à Trèves en Allemagne le 23 mars sur les conditions de navigation sur la Moselle. L’objectif de la rencontre est « de permettre un échange entre les acteurs de la navigation mosellane français et le gestionnaire de la Moselle allemande pour discuter de sujets comme le projet de doublement des sas d’écluses mosellanes allemandes ou d’obtenir un premier retour sur la cause des avaries survenues à Müden et Saint Aldegund », précise la Commission de la Moselle.
Karine Floquet et Thierry Michel
Maïs
Activité dans le Nord-Est
Le maïs coté sur Euronext a bien progressé, soutenu par la montée des cours du pétrole et une demande sur l’intracommunautaire toujours solide. On signale un retour de la demande en nouvelle récolte, notamment sur le bassin Grand Est pour la période octobre/15 novembre.
Les opérations de dénouement sur le contrat de mars, le plus rapproché et où il ne reste plus beaucoup de positions ouvertes, engendrent néanmoins une forte hausse du cours depuis deux séances (+11 €/t sur chacune).
Les opérateurs, une fois l’effet conflit iranien passé (les acteurs avaient largement anticipé les opérations du week-end dès vendredi), se sont vite concentrés sur certains fondamentaux : pluies plus ou moins efficaces en Amérique du Sud, discussions sur le niveau réel des futures moissons, semis de printemps en général ou encore conditions de culture subissant un effet sécheresse pour la deuxième récolte de maïs au Brésil.
Orge fourragère
Peu de disponibilités
En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont régressé, perdant 2 €/t sur la période mars-juin en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 25 février et le 4 mars. Les primes sont en baisse, davantage en orge fourragère qu’en blé tendre. Il n’y a quasiment plus de marché sur La Pallice.
Les cotations d’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué dans une fourchette étroite (de - 2 €/t à + 2 €/t) entre le 25 février et le 4 mars, en orge de printemps (Planet) comme en orge d’hiver (Faro). Le marché brassicole s’est animé mercredi pour mieux s’éteindre le lendemain. Une belle semaine de semis s’est ouverte, toutes régions confondues. Par ailleurs, aucun mauvais écho de sortie d’hiver n’a été enregistré.
Orge de brasserie
Evolution erratique
Les cotations d’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué dans une fourchette étroite (de -2 €/t à +2 €/t) entre le 25 février et le 4 mars, en orge de printemps (Planet) comme en orge d'hiver (Faro). Le marché brassicole s'est animé mercredi pour mieux s'éteindre le lendemain. Une belle semaine de semis s'est ouverte, toutes régions confondues. Par ailleurs, aucun mauvais écho de sortie d'hiver n'a été enregistré.
Blé dur
Prix stables
Les prix du blé dur sur le marché physique français n’ont pas évolué, entre le 25 février et le 4 mars. L’activité est au point mort sur les deux récoltes.
Concernant le blé dur, le rapport de marché de Sask Wheat du 2 mars indique que « les marchés se concentrent sur l'évolution des stocks de fin de campagne canadiens et mondiaux, ainsi que sur les perspectives de récolte en Afrique du Nord, en Méditerranée et en Europe au cours des prochains mois ». À ce jour, le bulletin estime que « tous les rapports font état de conditions favorables pour les régions productrices, avec très peu de problèmes signalés jusqu'à présent. Les régions d'Afrique du Nord ont bénéficié de bonnes précipitations hivernales, et les perspectives de récolte sont plutôt positives dans de nombreuses zones de production clés ». Le marché s'intéressera également aux conditions agro climatiques des Prairies canadiennes à l'approche du printemps ». Toujours en bé dur, Spiga Dorata signale que 30 000 t de blé dur origine France devrait arriver à Bari vers le 8 mars en provenance de La Pallice. « Cela faisait un bon moment qu’un handymax complet n’était pas arrivé de France dans le sud de l’Italie » pointe le spécialiste italien du blé dur.
Céréales secondaires
Repli de l'avoine noire
Les prix de l'avoine noire perdent du terrain en départ Aisne/Ardennes (-4 €/t), entre le 25 février et le 4 mars 2026.
Les cotations des autres céréales secondaires n'ont pas évolué sur la semaine.
Le marché est relativement calme, à l'image de celui des céréales principales.
Sucre
Les prix du sucre en hausse grâce au real, aux droits de douane et aux fonds
Les prix du sucre brut ont plutôt baissé pour la période allant du 23 février au 2 mars 2026 (- 0,13 ct$/livre, à 14,01 cts$/livre) alors que ceux du sucre raffiné ont progressé (+ 5 $/t, à 411,80 $/t). La très forte hausse du pétrole en raison des frappes aériennes d'Israël et des Etats-Unis sur l’Iran ont soutenu les cours du sucre cette semaine. Plus tôt dans la semaine, les prix avaient tendance à reculer sur l’idée que les surplus de fin de campagne 2025/2026 seraient toujours importants. De son côté, l’Organisation internationale du sucre (ISO) a publié vendredi 27 février une information selon laquelle lesdits surplus atteindraient 1,22 Mt pour la campagne 2025/2026 contre 1,63 Mt dans une précédente estimation. Côté production, l’ISO prévoit un chiffre de 181,3 Mt pour 2026/2026, avec une augmentation pour des pays comme l’Inde, la Thaïlande ou encore le Pakistan. La décision de la Commission européenne de faire appliquer de façon provisoire l’accord commercial avec le Mercosur a fait réagir la Confédération générale des planteurs de betteraves qui trouve cette décision scandaleuse, montrant l’obstination de la Commission à renforcer la concurrence déloyale subie par l’agriculture européenne, en ouvrant en grand nos frontières à des produits agricoles ne respectant pas les normes sociales et environnementales imposées aux agriculteurs européens.
La rédaction
À surveiller
Blé tendre
- Impact du conflit iranien sur les prix des matières premières agricoles.
- Etat des cultures après les inondations en France.
- Levée de dormance des cultures de l’hémisphère nord.
- Impact des grands froids en Russie et Ukraine.
- Impact de la sécheresse aux Etats-Unis.
- Compétitivité du blé argentin.
Maïs
- Logistique portuaire au départ de la mer baltique et de la mer Noire.
- Météorologie en Argentine et au Brésil.
- Qualité de la première récolte brésilienne.
- Semis de la safrinha brésilienne.
- Évolution des cours du pétrole avec la guerre au Moyen-Orient.
Orge
- Conditions de culture et impact des inondations en France.
Karine Floquet