COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et sucre du 22 au 29 avril 2026 - Des prix plutôt en hausse en attendant la pluie dans les zones de production mondiale
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 22 et le 29 avril 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 22 et le 29 avril 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a très peu progressé entre le 22 et le 29 avril 2026, de 2 €/t sur la période avril-juin à 190 €/t, plus ou moins dans le sillage des marchés à terme européen et états-unien. Sur Euronext, le contrat blé a très légèrement faibli sur la semaine, de 0,25 €/t sur l’échéance mai (récolte 2025), à 195,25 €/t. Il a gagné 8,75 €/t sur celle de septembre (nouvelle récolte). Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont gagné 26 cts$/boisseau sur l’échéance mai (récolte 2025), à 625,25 cts$/boisseau.
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Les conditions météo inquiètent un peu les marchés. Après la publication de conditions de culture décevantes la semaine précédente aux États-Unis, les opérateurs s’intéressent à la météorologie dans les autres grandes zones de production. Globalement, les sols sont secs et des pluies sont attendues (et espérées) pour le début du mois de mai afin de relancer le cycle de développement végétal. On surveille les conséquences des températures plutôt froides dans les pays de l'Est et du pourtour de la mer Noire.
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Les marchés hexagonaux restent plutôt calmes en termes d’activité commerciale. Des affaires se traitent un peu dans certaines régions pour des compléments en ancienne récolte. La nouvelle récolte ne passionne pas les foules et on est surtout dans l’attente de nouvelles pluies et d’un peu de calme sur les marchés internationaux pour qu’acheteurs et vendeurs arrivent à se rencontrer. Les acheteurs espagnols reviennent sur le marché pour quelques affaires en alimentation animale sur la fin de campagne actuelle et questionnent sur la nouvelle récolte pour tester le marché. Mais ils ne veulent pas payer des prix plus chers en nouvelle récolte par rapport à la campagne qui s’achève. On rapporte aussi une bonne demande sur le portuaire.
Très bonne tenue de l'activité sur le port de Rouen
Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial ont progressé entre le 22 et le 29 avril 2026, en lien direct avec la hausse des prix des carburants, consécutive au blocage du détroit d'Ormuz dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. L'activité se maintient de façon honorable sur le port de Rouen, en ce mois d’avril mais avec toujours aussi peu de visibilité sur le moyen et le long terme. Les opérateurs soulignent le manque de cales structurel, sur ce réseau fluvial fermé. Avec un mois de mai tronqué par les multiples jours fériés (une seule semaine comptabilisera 5 jours ouvrés), les opérateurs anticipent un ralentissement de l’activité, avec de potentielles difficultés d’exécution.
Sur l'intracommunautaire, l'activité est régulière sans être soutenue, à l’image de ces trois dernières campagnes. Pour l’heure, on ne prévoit pas d’importants transferts de marchandises sur le Benelux sur la fin de campagne.
Rien à signaler sur le Rhin
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Si le fleuve demeure navigable, un surcoût de 30 % est instauré pour cause de basses eaux.
La rédaction
Maïs
Des volumes encore importants à vendre mais les prix sont dissuasifs
Les prix du maïs ont progressé en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, entre le 22 et le 29 avril 2026, gagnant 13 €/t sur la période avril-juin à 211,50 €/t (le 28 avril), dans le sillage des marchés à terme européen et états-unien. Sur Euronext, le contrat maïs a grimpé sur la semaine, de 18 €/t à 224,75 €/t sur l’échéance juin (récolte 2025) et de 9 €/t à 216 €/t sur l’échéance de novembre (récolte 2026). Sur le CBOT, les cours du maïs états-unien ont gagné 12,25 cts$/boisseau sur l’échéance mai (récolte 2025), à 466,50 cts$/boisseau.
« Les agriculteurs sont assis sur un important tas de maïs mais ne veulent pas vendre », rapportent, sans ambages, plusieurs courtiers. La demande est ponctuelle mais les vendeurs sont indécis précisent d’autres opérateurs du marché. L’activité est décousue et moyenne car la consommation ne suit pas les hausses des marchés à terme, notamment en récolte 2026. Les niveaux d’eaux basses, sur le bassin du Rhin, ne facilitent pas l’exécution des contrats.
Orge fourragère
De disponibilités quasi nulles en ancienne récolte
Les prix de l’orge fourragère ont gagné du terrain en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, entre le 22 et le 29 avril 2026, progressant de 3 €/t sur la nouvelle campagne (juillet septembre). En ancienne campagne, les disponibilités sont quasi nulles, affichant un prix très nominal de 204,50 €/t. Les Chinois assurent les activités de soudure entre les deux campagnes.
Orge de brasserie
Cours haussiers
Les cotations de l’orge de brasserie sur le marché physique français ont progressé (de + 0,50 €/t à + 7 €/t), entre le 22 et le 29 avril 2026, toutes variétés et récoltes confondues. Alors que le marché était bloqué depuis vendredi, les acheteurs ont procédé à des achats mercredi aux prix proposés par les vendeurs. On notera que le FOB Moselle s'est aligné sur le FOB Creil alors que, depuis des mois, le premier était moins cher que le second, situation pour le moins inhabituelle.
Blé dur
Un marché très peu actif en ancienne comme en nouvelle campagne
Les cotations en ancienne campagne sont purement nominales avec quasiment aucune activité. Des questionnements prix en nouvelle campagne mais peu d’acheteurs présents.
Céréales secondaires
Cours contrastés en triticale
Les prix du triticale évoluent d'une façon contrastée entre le 22 avril et le 29 avril 2026, à la hausse en départ Allier (+10 €/t) et Indre/Cher (+8 €/t) mais à la baisse en départ Puy-de-Dôme (-15 €/t).
Les cours en avoine noire et en seigle sont sans changement sur la semaine.
Le marché est très calme.
Sucre
Les prix du sucre progressent sur la semaine
Les prix du sucre brut ont progressé sur la période allant du 20 au 27 avril 2026 : +0,35 ct$/livre, à 14,06 cts$/livre en sucre brut et +10,05 $/t, à 426,55 $/t. Le segment du sucre bénéficie de l’intérêt pour les biocarburants alternatifs en général, et au bioéthanol en particulier, à ceux à base de pétrole en raison du conflit au Moyen-Orient. Cet intérêt oriente des volumes plus importants de canne à sucre vers l’industrie de l’éthanol au détriment de la production de sucre. Les fondamentaux demeurent cependant inchangés, avec toujours des productions et des disponibles à l’exportation très importants dans l’ensemble des gros pays producteurs de cannes. L’expiration du contrat à échéance mai (le 15 avril sur le marché de Londres) s’est soldé par le règlement physique d’un volume record de lots de sucre en quatorze ans, conséquence d’une demande assez molle en sucre sur les marchés mondiaux. Vendredi, la Conab au Brésil a publié une prévision de production dans le pays de 44,196 Mt, en hausse de 0,1 % d’une année sur l’autre.
La rédaction
À surveiller
Blé tendre
- La qualité des eaux de pluies prévues à l’approche du mois de mai en France.
- La météorologie sur la partie Est et la zone mer Noire en Europe.
- L’état de sécheresse des sols aux États-Unis.
- Impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des grains et des intrants.
Maïs
- Avancements de semis aux États-Unis.
- Besoins vers le nord communautaire.
- Quid des ensemencements dans l’hémisphère nord.
- Quid des ensemencements en Amérique du Sud.
- Écoulements des volumes en ancienne récolte en Europe.
Orge
- Demande intérieure et à l’exportation sur pays tiers (Moyen-Orient).
- Conditions de culture en France.
- Demande de la nutrition animale.
Thierry Michel