Aller au contenu principal

Marché des céréales et du sucre du 5 au 12 août 2026 - Les cours plutôt en hausse cette semaine, toujours dans un contexte géopolitique très incertain.

​​​​​​L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 5 et le 12 août 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

<em class="placeholder">Image générée par l&#039;IA, avec épis de maïs et de blé sur fond de courbes d&#039;évolution.</em>
© © Généré par l'IA

Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a progressé cette semaine, entre le 5 et le 12 août 2026, pour la période octobre décembre d’1 €/t, à 230,5 €/t. Il cotait 221 €/t sur août septembre la semaine passée mais n’a pas marqué de prix cette semaine. Sur Euronext, le contrat blé a enregistré une baisse sur la semaine, de 2 €/t sur l’échéance septembre 2026 mais a progressé de 1,25 €/t sur décembre 2026. Sur le Cbot, les cours ont progressé sur la période considérée, gagnant 10,50 cts$/boisseau sur l’échéance de septembre, à 652,75 cts$/boiss. Celle de décembre a progressé de 8,5 cts$/boiss. à 669,75 cts$/boiss.

Les fondamentaux du marché (offre mondiale en blé satisfaisante et pluies sur le Midwest) ont plutôt rassuré les marchés. Restent les difficultés logistiques en mer Noire et les évolutions du conflit au Moyen-Orient. L’USDA a publié mercredi 12 août sa mise à jour de son rapport Wasde sur l’offre et la demande agricoles mondiales. Il en ressort une baisse de la production de blé aux États-Unis, en raison d’une réduction cumulée des surfaces et des rendements, entraînant une diminution des stocks de fin de campagne en 2026-2027. La production mondiale est également revue à la baisse, à 819,30 millions de tonnes contre 819,97 millions de tonnes précédemment. Les stocks mondiaux de fin de campagne 2026-2027 sont revus à la hausse (273,25 Mt contre 272,84 Mt en juillet), cette progression étant liée à une forte augmentation des stocks ukrainiens et des stocks russes.

Globalement, les marchés physiques hexagonaux ont été de nouveaux plutôt calmes en termes d’activités alors que le marché à terme était caractérisé par des séances d’une très grande volatilité. Peu d’acteurs sont au marché, soir pour cause de congés, soit en raison du fonctionnement chaotique des marchés. De plus, les conflits en Ukraine/Russie et au Moyen-Orient ainsi qu’une météorologie particulièrement difficile pour le développement végétatif et pour les sols ne facilitent pas le positionnement des acheteurs et des vendeurs. Enfin, les utilisateurs de céréales semblent bien couverts pour le court, voire moyen, terme et cela ne les incite pas à solliciter le marché. Les clients étrangers, notamment espagnols et italiens, n’ont aucun intérêt à se positionner sur l’offre française.

​​​​​​Pour tout savoir sur l’actualité des marchés agricoles, cliquez ici

En Alsace, on a enregistré une activité satisfaisante en blé cette semaine. Les problèmes de niveaux d’eau sur le Rhin et sur la Moselle s’aggravent. Les bateaux ne chargent pas et cela pénalise l’exécution. "On essaie de faire des camions. Ça va être très dur s’il ne pleut pas pour sortir correctement la marchandise" rapporte un courtier.

Sur Rouen, les silos de la zone portuaire sont pleins et ne se vident pas assez vite pour accueillir de nouveaux chargements. Les arrivées sont donc régulées depuis le lundi 27 juillet. La gestion des arrivées sur le site portuaire devrait reprendre un rythme plus normal en septembre.

​​Pour tout savoir sur l’actualité des professionnels de la filière des grains, cliquez ici

En Auvergne Rhône-Alpes, les écarts de prix entre acheteurs et vendeurs sont trop importants pour les acheteurs italiens et espagnols, donc absents du marché. Quelques ajustements de position se font dans le secteur de l’alimentation animale.

Dans le Sud-Ouest, peu d’activité mais des lots ressortent sur un marché étroit.

Dans beaucoup de régions, les acteurs ont abandonné le marché en raison des congés pour certains ou parce que les marchés à terme étant trop chaotiques, ils n’arrivent pas à trouver des prix rapprochant les acheteurs et les vendeurs. Selon plusieurs intervenants de marché, la surcote des prix indexés sur décembre et la décote sur le terme de septembre perturbent les acteurs.

Les prix de base du fret fluvial en France n’ont pas évolué cette semaine. En revanche, la navigation devient de plus en plus difficile en raison des basses eaux sur le bassin du Rhin, sur le Main en Allemagne et le Danube en Europe de l’Est, où le bas niveau des fleuves atteint des records. Des limitations de charge apparaissent dans le Nord de la France, comme sur l’Escaut. Sur le bassin de la Seine, la surveillance se renforce, notamment concernant l’Yonne où l’on atteint la limite d’enfoncement. S’il ne pleut pas de manière significative d’ici la fin du mois, la navigation pourrait en pâtir dès début septembre. Sur Rouen, les arrivées de grains sur la zone portuaire sont fortement limitées, en fonction de la place qui se libère, ou pas, dans les terminaux céréaliers.

Maïs

Prix en hausse sur les marchés physiques et à Chicago

Sur sa place de référence sur le marché physique français (Bordeaux), le prix du maïs a progressé de 4,5 €/t sur l’échéance d’octobre-décembre à 249 €/t pour la semaine allant du 5 au 12 août 2026. Sur Euronext, les cours ont plutôt eu tendance à baisser sur la semaine considérée, entre 2,25 et 4 €/t selon les termes. Sur le Cbot, le prix du maïs a également gagné du terrain (+ 20,25 cts$/boiss., à 457 cts$/boiss. sur l’échéance de septembre 2026 ; + 20,75 cts$/boiss., à 480,75 cts$/boiss. sur celle de décembre).

Les agriculteurs seraient nombreux à faire de la rétention compte tenu des prix en France. De plus, les opérateurs du marché commencent à intégrer de façon très concrète une réelle forte baisse probable de la production dans l’Hexagone mais aussi au niveau européen. En parallèle, le rapport Wasde de l’USDA, publié le 12 août, montre une production mondiale pour la campagne 2026-2027 à 1 298,88 Mt, contre 1 297,09 Mt estimée en juillet (forte progression des productions en Russie et en Ukraine).

Pour ce qui concerne la France, et compte tenu des annonces qui confirment une mauvaise récolte en France et dans l’UE, les formulateurs en alimentation animale regardent à minimiser le maïs dans les formules et à remplacer par du blé, ce qui est plus facile en porc qu’en volaille. En revanche l’Italie importe du maïs d’Ukraine. Dans le sud-ouest, on nous rapporte que des achats se font par anticipation de la baisse de la récolte de 2026 depuis un mois et demi deux mois. Certains organismes stockeurs se rachètent sur le marché pour se recouvrir. Les acteurs ont aussi tendance à attendre d’avoir des chiffres clairs pour la moisson.

En Bourgogne du Sud, un opérateur a annoncé sur son fil LinkedIn que les ensilages en maïs ont débuté le 11 août, « plus précocement que d’habitude, résultat de la sécheresse et des vagues de chaleur cumulées ». Selon lui, « la récolte s’annonce plutôt faible en quantité et très moyenne en qualité. Il va manquer du grain dans les épis, donc de l’énergie dans les rations. Les premières analyses donneront le ton. Certains agriculteurs ont pu reporter leur stock de céréales de l’an passé pour pouvoir complémenter les rations ».

​​​​​​Orge

Un prix qui baisse mais pas assez pour les fabricants d’aliments animaux

En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont un tout petit peu augmenté, de 2,50 €/t à 208,50 €/t sur la période octobre décembre en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 5 et le 12 août 2026. L’orge marque un prix inférieur au blé mais reste trop cher pour que le taux d’incorporation soit très élevé. Les Fab sont couverts sur leurs minimums techniques. Par ailleurs, très peu d’opérations sur les marchés en raison de la semaine du 15 août.

Orge de brasserie

Les brasseurs ne sont pas au marché

Sur le marché physique français, les cotations de l’orge de brasserie d’hiver et de printemps sur le marché physique français ont suivi une demande haussière sur la récolte 2026 (de +1 €/t à +3 €/t) entre le 5 et le 12 août 2026. En récolte 2027, elles gagnent 1 €/t en Faro (variété d’hiver de référence) mais perdent 1 €/t en Planet (variété de printemps de référence). Le marché est peu animé, en cette semaine du 15 août où nombre d'opérateurs sont en congés. En France, la récolte 2026 d'orge de brasserie se caractérise par de faibles rendements et une mauvaise qualité. Les taux de protéines sont trop élevés et montrent une hétérogénéité, cependant moins marquée en variétés de printemps qu'en variétés d'hiver. Quant aux calibrages, ils ne sont pas bons, ce qui fait qu'une partie non négligeable de la production part en alimentation animale.

​​​​​Blé dur

Un marché qui tourne au ralenti

Les prix du blé dur sur le marché physique français n’ont pas évolué sur la semaine allant du 5 au 12 août 2026. Beaucoup d’acteurs du marché sont en congés.

Céréales secondaires

Marché déserté

Un marché complètement atone cette semaine, sans opérateurs, plutôt en congés en cette semaine de 15 août.

​​​​Sucre

​​​​​​Le sucre en légère hausse sur le brut mais et en forte progression sur le raffiné

Le prix du sucre brut a progressé de 1,89 cts$/livre pour la semaine allant du 5 au 12 août 2026, passant de 15,12 cts$/livre à 17,01 cts$/livre. Celui du sucre raffiné a bien augmenté : + 29,05 $/t, à 505,95 $/t, au-dessus des 500 $/t donc, une première depuis longtemps.

Beaucoup d’opérateurs ont continué d’acheter des positions longues ces dernières semaines. Les conditions météorologiques en Europe notamment ont énormément pesé sur les prix, les opérateurs intégrants que les vagues de chaleur et la sécheresse qui en est la conséquence vont faire baisser la production sucrière de l’UE et du Royaume-Uni. Elle devrait s’afficher, selon diverses sources, s’afficher juste en dessous des 15 MT, à 14,98 Mt. Un plus bas niveau depuis onze ans selon S & P Global Energy. La production brésilienne est aussi en baisse ces derniers jours et ceci a aussi tiré les prix vers le haut.

La rédaction

À SURVEILLER

Blé tendre

  • Impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des grains.
  • Frappes entre la Russie et l’Ukraine qui touchent désormais régulièrement les infrastructures agricoles des ports.
  • Retour, ou pas, des acteurs vendeurs et acheteurs sur les marchés.
  • Cours du pétrole.

Maïs

  • Évolution du coût des intrants avec la guerre au Moyen-Orient.
  • Quid des ensemencements dans l’hémisphère nord.
  • Evolution de la météorologie et des moissons en France et en Europe.
  • Production australienne.
  • Taux d’incorporation dans les fomulations par les FAB.

Orge

  • Disponibilités et prix en nouvelle récolte.
  • Demande par les entreprises de nutrition animale.

Les plus lus

Marché des céréales du 30 juillet 2026 : Le prix du maïs poursuit sa baisse tandis que le prix du blé réagit aux frappes en Russie

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 29 et le 30 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le…

Marché des céréales du 29 juillet 2026 : une tendance baissière des prix du blé et du maïs qui se confirme

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 28 et le 29 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le…

Graphique prix blé maïs orge France au 10 août 2026
Marché des céréales du 10 août 2026 –  Hausse du prix du maïs dans le sillage du pétrole mais baisse du prix du blé sur Euronext

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 7 et le 10 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit…

<em class="placeholder">Epandage d&#039;engrais azoté en granule sur une parcelle de blé.</em>
Marché des engrais : le marché mondial de l’azote se stabilise, les engrais phosphatés restent sous tension

Le marché mondial de l’azote a été largement influencé en juillet par le contexte géopolitique et énergétique. En France, le…

Graphique prix colza tournesol France au 8 mai 2026
Marché des céréales du 14 juillet 2026 : Les prix du blé et du maïs augmentent sur Euronext aidés par une logistique russe et ukrainienne fragilisée.

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 13 et le 14 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le…

Le Rhin canalisé dans la zone industrielle de Strasbourg et en période de pleines eaux.
Le transport fluvial en France fait face aux bas niveaux des eaux des fleuves

Avec les vagues de chaleur et le peu de pluie depuis plusieurs semaines, les niveaux d’eau des fleuves ont grandement baissé.…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne