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COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et du sucre du 30 décembre 2025 au 7 janvier 2026 - Le marché du blé s’inquiète des frappes russes sur les ports ukrainiens

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 30 décembre 2025 et le 7 janvier 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

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Les prix du blé ont gagné 1,75 €/t sur le contrat mars d’Euronext entre le 30 décembre et le 7 janvier, 1,25 €/t sur mai et 1,5 €/t sur septembre. L’activité reprend doucement sur les marchés après la trêve des confiseurs, avec des ajustements de position de la part des fonds en ce début d’année. Certains opérateurs en Espagne et dans la mer Noire sont encore absents à l’occasion de l’Épiphanie et du Noël orthodoxe. De son côté, l’euro a cédé du terrain face au dollar, rendant les marchandises européennes plus compétitives sur les marchés mondiaux. Mais c’est surtout la géopolitique qui a tiré vers le haut les cours européens. La Russie a en effet procédé à de nombreuses frappes sur des infrastructures logistiques ukrainiennes, y compris le port d’Odessa, faisant grimper les coûts d’assurance maritime. La concurrence internationale reste tout de même féroce pour les céréales européennes, avec l’afflux de grains de l’hémisphère Sud sur les marchés mondiaux. Les analystes de SovEcon ont par ailleurs révisé en hausse leur prévision d’exportations russes en 2025-2026, sur la base des bons chiffres réalisés en novembre et décembre.

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Aux États-Unis, les cours de toutes les variétés de blé ont progressé sur les marchés à terme. La publication par l’USDA de conditions de culture bonnes à excellentes en baisse dans les États producteurs de blé d’hiver à cause de problèmes de sécheresse a inquiété les opérateurs. Ajoutons à cela l’actualité géopolitique mouvementée autour de l’intervention des États-Unis au Venezuela.

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Sur les marchés physiques français, les opérateurs sont revenus cette semaine. Sur les places portuaires, la demande est soutenue en blé sur la deuxième partie de campagne. Les fabricants d’aliment sont globalement bien couverts en blé fourrager sur janvier-mars, seuls des compléments se font. Le manque de disponibilités en blé fourrager sur le grand tiers sud-est de la France pénalise la marchandise française sur le marché intra-communautaire.

Les chutes de neige ont perturbé les chargements de péniches

Sur le bassin de la Seine, les prix du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 30 décembre et le 7 janvier. Sur le port de Rouen, l'activité connaît une accalmie. Il n'y a pas de changement fondamental dans la tendance du marché. Les interdictions de circulation pour les camions dans certaines zones françaises à cause des chutes de neige n'ont pas vraiment permis d'optimisation des flux pour les chargements et déchargements de péniches.

Instauration d'une majoration de 60 % pour cause de basses eaux sur le Rhin

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Une majoration des taux de fret fluvial de 60 % en moyenne a été instaurée pour cause de basses eaux afin de pallier les moindres tonnages transportés. Pour l'heure, la navigation demeure possible.

Adèle d'Humières

Maïs

Le marché français reste vendeur

Les cours du maïs ont suivi ceux du blé à la hausse sur Euronext entre le 30 décembre et le 7 janvier, prenant 1 €/t sur mars 2026, 1,25 €/t sur juin et août et 1 €/t sur novembre. Les prix ukrainiens à l’exportation se sont également renchéris, selon APK-Inform, faute de ventes de la part des producteurs locaux. Cependant, le marché physique français et les fabricants d’aliments notamment sont peu intéressés par la céréale, dont les cotations sont quasiment au niveau de celles du blé. Les acheteurs italiens questionnent les vendeurs du Sud-Est.

Les prix du maïs se sont appréciés sur le CBOT, alors que le marché s’attend à une révision en baisse des rendements états-uniens dans le prochain rapport de l’USDA. Le rapport de la Conab brésilienne à paraître la semaine prochaine sera également suivi par les opérateurs. La hausse des stocks hebdomadaires d’éthanol n’est pas parvenue à compenser la pression haussière.

Orge fourragère

Sursaut haussier

Les prix des orges fourragères ont augmenté sur le marché physique français entre le 30 décembre et le 7 janvier, notamment sur les places portuaires sur le rapproché. Les volumes se font de plus en plus rares, les vendeurs sont absents et les exportateurs font remonter la prime pour pouvoir remplir les bateaux prévus. En revanche, la période avril-juin est délaissée, les marchandises allemandes ayant pris le relai à l’exportation. Les exportations russes ont été elles aussi revues en hausse par SovEcon pour 2025-2026.

Orge de brasserie

Baisse des cours en orge de printemps

Les cotations des orges de brasserie Faro ont peu évolué sur la semaine. Celles des orges de printemps s’inscrivaient en baisse. L’activité était encore faible cette semaine, mais devrait reprendre dans les prochains jours.

Blé dur

Prix stables

Les cotations du blé dur ont peu évolué sur les marchés physiques français, faute d’activité.

Céréales secondaires

Peu d'activité

Il n'y a pas de cotations en avoine cette semaine.
Dans le sud de la France, les volumes de triticale sont encore retenus par les éleveurs. Ils devraient sortir en mars/avril. Des affaires se traitent dans l'Allier et le Centre.
Le seigle est toujours incoté.

Sucre

Les prix du sucre poursuivent leur baisse 

Les prix du sucre brut ont poursuivi leur baisse, pour la période allant du 19 décembre au 5 janvier (- 0,06 cts$/livre, à 14,51 cts$/livre) tout comme ceux du sucre raffiné (- 3,05 $/t, à 420,50 $/t). La période a quand même connu des augmentations puisque le sucre brut a dépassé les 15 cts$/livre et le sucre raffiné les 433 $/t pendant la quinzaine écoulée. Les fondamentaux continuent cependant de dominer le marché, avec par exemple une annonce de l’India Sugar Mill Association (ISMA) qui a annoncé jeudi 1er janvier une progression de 25 % de la production de sucre indien entre 1er octobre et le 31 décembre 2025 par rapport à la même période l’an passé (de 9,54 Mt à 11,9 Mr). Les opérateurs suivent également d’un œil très intéressé le comportement du real brésilien face au dollar US, un récent mouvement de hausse du premier face au second ces dernières semaines ayant découragé les producteurs brésiliens à exporter leurs cargaisons.   

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Frappes russes sur les infrastructures logistiques ukrainiennes.
  • Vague de froid à venir la semaine prochaine en Russie, qui pourrait affecter les cultures.
  • Conditions sèches dans les zones de culture du blé d'hiver aux États-Unis.
  • Manque de volumes en blé fourrager et réticence des vendeurs français à déclasser leur blé meunier.

Maïs

  • Possible révision en baisse des rendements aux États-Unis dans le prochain rapport de l'USDA.
  • Prévisions de récolte de la Conab à venir la semaine prochaine.
  • Conséquences du manque de précipitations sur certaines régions d'Argentine.

Orge

  • Compétitivité de l'orge allemande sur les marchés internationaux.
  • Retour des opérateurs en orge de brasserie.
  • Abondance des récoltes en Argentine et en Australie.

Adèle d'Humières

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