Marché des céréales et du sucre du 3 au 10 juin 2026 - Des cours qui évoluent peu en attendant la nouvelle récolte
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 3 et le 10 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, est demeuré stable entre le 3 et le 10 juin 2026 : pas de cotation pour la période juillet/septembre et stabilité pour la période octobre/décembre, à 208 €/t. Sur Euronext, le contrat blé a gagné 0,50 €/t sur l’échéance septembre 2026 à 203,25 €/t et reculé de 0,50 €/t sur l’échéance décembre à 211 €/t. Sur le CBOT, les cours étaient contrastés : + 0,25 cts$/boisseau à 587,50 cts$/boisseau sur l’échéance juillet 2026 et - 36,25 cts$/boisseau à 599,50 cts$/boisseau sur celle de septembre.
En France, les écarts tarifaires importants entre les deux récoltes, et entre acheteurs et vendeurs, continuent d’empêcher un flux d’affaires normal. La préparation de la moisson ne laisse guère de temps aux affaires. La demande de la part des fabricants d'aliments pour animaux est plutôt faible. Les opérateurs sont toujours dans l’attente d’en savoir plus sur la qualité de la récolte à venir. Des premières coupes pourraient intervenir avant le 1er juillet dans certaines zones. Peu d’affaires sont vraiment conclues même si l’intérêt des acheteurs et des vendeurs s’accroît pour commencer à appréhender les niveaux de prix. Il faudra surveiller aussi l’arrivée de l’offre espagnole, annoncée comme plutôt bonne (volume et qualité).
Sur l’ancienne récolte, on exécute les fins de contrats mais des questions se posent sur ce qui est réellement encore stocké. Selon certains professionnels, les traditionnelles sorties de silos à la ferme ou chez les organismes stockeurs, intervenant en général à partir du 15 mai, pour aller alimenter les silos portuaires sur la période d’intercampagne ne semblent pas très importantes cette année. Et ce, alors que la demande demeure correcte sur le portuaire (primes favorables).
Premières propositions de tonnage sur le port de Rouen
Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué en cette semaine du 3 au 10 juin 2026. Mais ils restent fermes, en lien direct avec la hausse des prix des carburants, consécutive au blocage du détroit d'Ormuz dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. Les chargeurs s'inquiètent de savoir s'ils vont pouvoir disposer de cales pour dégager la nouvelle récolte sur les silos portuaires rouennais, alors que les premières coupes d'orge sur l'hinterland du port normand sont annoncées dans le courant de la troisième semaine de juin et que celles de blé devraient débuter en toute fin juin (milieu de 4e semaine) ou en tout début juillet, soit avec quinze jours d'avance. Les chargeurs, ayant enfin pris conscience du manque criant de cales sur le bassin fermé de la Seine, commencent à poser leurs jalons. Il faut dire que le chantier du Grand Paris accapare un certain nombre de péniches et autres barges pour le transport de gravats, et ce, sur la base de contrats pluriannuels. « Les chargeurs les plus appétents en termes de programme de chargement et de tarifs seront les mieux servis », indique un expert du transport fluvial. Et d'ajouter : « il y aura sur la prochaine campagne beaucoup d'insastisfaction du côté des donneurs d'ordre ».
Sur l’intracommunautaire, l’activité s’essouffle au départ du nord de la France et les perspectives pour le mois prochain ne sont guère optimistes.
Basses eaux sur le Rhin
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation est pénalisée par la baisse du niveau du fleuve, qui conduit à l’application de surcoûts de transport de 30 % pour cause de basses eaux (contre 40 % la semaine dernière).
Maïs
En baisse sur les marchés mondiaux
Le prix du maïs en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, a plutôt progressé sur la semaine allant du 3 au juin 2026 : + 15,50 €/t à 215 €/t sur la période juin juillet. En revanche, les cours étaient orientés plutôt à la baisse sur Euronext (juin 2026 puis août 2026 avec un changement d’échéance de contrat à partir du 8 juin). Un recul confirmé sur les échéances suivantes du marché à termes européen. Les prix physiques ne sont pas marqués en nouvelle campagne. Sur le CBOT, le contrat maïs a nettement reculé aussi, de 12,5 ct$/boisseau à 419 ct$/boisseau sur l’échéance juillet 2026. Le marché enregistre une maigre activité.
Orge fourragère
Marché peu animé
Le prix de l’orge fourragère en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a gagné 5 €/t entre le 3 et le 10 juin 2026, pour s’établir à 194,50 €/t sur la période juillet septembre. Les premières coupes d’orge ont été arrêtées par les pluies mais ont repris cette semaine.
Orge de brasserie
Nouvelle baisse des prix
Sur le marché physique français, les cotations d’orge de brasserie en FOB Creil suivent une tendance baissière, entre le 3 et le 10 juin 2026, perdant entre 0 €/t et 8 €/t en Faro et en Planet, avec un repli tarifaire plus marqué en récolte 2027 par rapport à récolte 2026. La moisson dans le Grand Est devrait démarrer d'ici une semaine. À l'échelle nationale, les températures caniculaires passées ont nettement dégradé l'état des cultures d'orge de printemps semées à la sortie de l'hiver. La Bourgogne et la Lorraine, où ces semis de printemps sont importants, sont particulièrement touchées, contrairement à la région parisienne et au nord de Creil, où l'orge de brasserie de printemps est largement embavée à l'automne.
Blé dur
Statu quo sur les prix
En blé dur, on travaille sur un marché spéculatif en qualité standard, sans vraiment d’acheteurs ni de vendeurs. Il est encore un peu trop tôt pour se faire une idée précise de ce que pourra être la nouvelle récolte 2026.
Céréales secondaires
Tendance baissière
Les prix du triticale suivent globalement une tendance baissière, exception faite en départ Rhône-Alpes où les cours progressent légèrement.
Les avoines (noires et blanches) et les seigles (fourrager et meunier) ne sont pas cotés.
Les affaires en céréales secondaires sont peu nombreuses, à l'image de la morosité ambiante sur le marché des céréales princiaples.
Sucre
Les prix du sucre ont encore cédé du terrain sur la semaine
Les prix du sucre brut ont encore reculé sur la période allant du 1er au 8 juin 2026, de 0,32 ct$/livre, à 14,75 cts$/livre. Ceux du sucre raffiné ont également baissé, de 4,60 $/t, à 442,65 $/t sur la même semaine. Le real, la monnaie brésilienne, ne cesse de baisser, atteignant même un plus bas niveau depuis deux mois ce lundi. Ceci favorise les exportations du pays. Ces dernières semaines, les informations se sont succédé, laissant à penser que la production origine Brésil serait plus importante que prévue. De même, les exportations de sucre de la Thaïlande (deuxième pays exportateur dans le monde) sur la période janvier avril ont progressé de 29 % sur un an pour, à 1,6 Mt. Les regards se tournent désormais vers El Niño pour trouver des raisons de progression des prix, le phénomène météorologique pouvant apporter de la sécheresse plus que normalement prévu cette année. Les productions au Brésil en Inde et en Thaïlande pourraient être affecter.
La rédaction
Blé
- Rapport Wasde sur l’offre et la demande mondiales agricoles de l’USDA paru le 11 juin.
- Stress hydrique des végétaux dans l’hémisphère nord alors que débutent ou vont débuter les moissons.
- Nouveau rapport de progression des cultures aux États-Unis, lundi 18 juin.
Maïs
- Rapport Wasde sur l’offre et la demande mondiales agricoles de l’USDA paru le 11 juin.
- Les arbitrages des farmers étatsuniens entre sole de maïs et sole de soja.
- Nouveau rapport sur le développement des cultures aux États-Unis, lundi 15 juin.
Orge
- Poursuite des coupes qui se généralisent en France.
- Météorologie dans l’hémisphère nord.
- Volume de la production hexagonale.
Thierry Michel