Marché des céréales et du sucre du 20 au 27 mai 2026 - Un certain intérêt pour la récolte 2026, peu d’activité en ancienne campagne
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 20 et le 27 mai 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a reculé entre le 20 et le 27 mai 2026, perdant environ 6 €/t à 214,50 €/t, compte tenu du changement de période intervenu pendant la semaine. Sur Euronext, le contrat blé a également cédé du terrain, sur l’échéance septembre 2026 à 210,50 €/t (- 6,25 €/t) et sur l’échéance décembre (-6,25 €/t à 218,25 €/t). Sur le CBOT, les cours du blé se sont aussi repliés, de 38 cts$/boisseau (cts$/bu), à 622,50 cts$/bu sur l’échéance juillet 2026 et de 37,75 cts$/bu, à 635,75 cts$/bu sur décembre 2026.
Les intervenants commencent à s’intéresser d’un peu plus près à la nouvelle moisson, probablement précoce dans beaucoup de régions de l’Hexagone, sans faire non plus part d’un enthousiasme à tous crins. Les acteurs sont plutôt confiants sur le niveau de production à venir. Les prix restent cependant élevés en nouvelle campagne pour les acheteurs par rapport à l’ancienne, ne justifiant pas forcément de se précipiter. Des dégagements en ancienne récolte se font pour désengorger les silos de stockage. Autre élément, le niveau de prix proposé par les marchés est bien inférieur aux coûts de production des agriculteurs, ce qui ne pousse personne à vendre. Les stocks de report, dans certaines régions, pourraient être très lourds, dans ce contexte.
En France en particulier, les meuniers sont plutôt bien couverts sur 2026 alors que les fabricants d’aliments pour animaux (FAB) hexagonaux, revenant au marché, apparaissent comme peu couverts sur la période octobre-décembre. Les FAB espagnols viennent un peu à l’achat pour quelques camions en récolte 2025 alors que leur marché domestique cote les céréales à peu près 10 €/t en dessous de leur homologue français à l’heure actuelle. La logistique espagnole s’est un peu améliorée.
Maintien d'une activité modérée sur le port de Rouen
Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 20 et le 27 mai 2026. Cependant, ils restent fermes, en lien direct avec la hausse des prix des carburants, consécutive au blocage du détroit d'Ormuz dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. Sur le port de Rouen, l’activité se maintient, dans un contexte de pénurie de cales, avec un prévisionnel limité sur le mois de juin. Les organismes stockeurs sont dans l’attentisme, alors que la nouvelle récolte céréalière se profile et est attendue précoce, avec de premières coupes prévues durant la deuxième quinzaine de juin, en avance d’une à deux semaines. A noter que la situation revient à la normale sur l'Oise à destination de Rouen, après une période de chômage qui a débuté le 18 mai.
Sur l'intracommunautaire, l'activité s’essouffle au départ du nord de la France et les perspectives pour le mois prochain ne sont guère optimistes.
Basses eaux sur le Rhin
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation est pénalisée par la baisse du niveau du fleuve, qui conduit à l’application de surcoûts de transport de 30 % pour cause de basses eaux (contre 20 % la semaine dernière).
Maïs
En hausse en France
Le prix du maïs en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, a nettement progressé sur la semaine allant du 20 au 27 mai 2026 : + 13,50 €/t, à 220 €/t. Les prix évoluaient de façon désordonnée sur les autres places importantes en France. Sur Euronext, le cours du maïs a gagné du terrain sur la semaine en récolte 2025, prenant 24 €/t à 240,50 €/t sur l’échéance juin, avec très peu d’affaires réalisées, et 4,50 €/t à 223,25 €/t sur l’échéance août 2026, la plus active. Sur le CBOT, le contrat maïs a plutôt reculé, de 13,25 ct$/bu à 452,50 ct$/bu sur l’échéance juillet 2026 (récolte 2025) et de 12,75 cts$/bu à 459,75 cts$/bu sur celle de septembre 2026 (récolte 2026). Peu d’activité sur ce marché, les acteurs observant la phase de croissance des plantes, une fois les semis terminés. L’écart entre les prix vendeurs et les prix acheteurs est le plus souvent trop élevé pour que les achats puissent se concrétiser.
Orge fourragère
Marché peu animé
Le prix de l’orge fourragère en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a perdu 7,50 €/t entre le 20 et le 27 mai 2026, pour s’établir à 196,50 €/t pour la période juillet-septembre. L’activité est au ralenti. On rapporte des débuts de moisson très précoces en France, dès le début juin dans le sud de la France mais aussi en Espagne.
Orge de brasserie
Tendance baissière
Sur le marché physique français, les cotations d’orge de brasserie en FOB Creil ont suivi une tendance légèrement haussière en Faro (variété d’hiver) et en Planet (variété de printemps), gagnant respectivement 1 €/t à 1,50 €/t sur la période octobre-mars en récolte 2026, entre le 20 et le 27 mai 2026. Le marché est calme, l'écart de prix entre les acheteurs et les vendeurs étant important. La récolte 2026 s’annonce pléthorique par rapport à la demande des malteurs. À confirmer.
Blé dur
Statu quo
Les cotations en ancienne campagne sont nominalement reconduites, avec quasiment aucune activité.
Sucre
Les prix du sucre ont évolué de façon contrastée sur la semaine
Les prix du sucre brut ont évolué irrégulièrement sur la période allant du 18 au 25 mai 2026 : -0,03 ct$/livre, à 14,70 cts$/livre en sucre brut et +5,90 $/t, à 442,40 $/t en sucre raffiné. Les exportations de sucre de la Thaïlande de janvier à avril 2026 ont augmenté de 29 % en glissement annuel pour atteindre 1,6 Mt. De son côté, l’ISO a prédit une récolte mondiale record de sucre pour la saison 2025-2026 et relevé son estimation de surplus mondial. L’ISO prévoit une production mondiale de sucre pour 2025-2026 à un record de 182 Mt, en hausse de 3,5 % en glissement annuel, et a relevé son estimation de l’excédent mondial de sucre pour 2025-2026 à 2,2 Mt, contre une prévision de février de 1,22 Mt, rebondissant après un déficit de -3,46 Mt en 2024-2025.
Karine Floquet et Laurent Morin
Blé tendre
- Impacts du dôme de chaleur en France et apparition d’orages.
- État de sécheresse des sols aux États-Unis.
- Nouveau rapport de progression des cultures aux États-Unis.
- Démarrage de certaines parcelles précoces dans le sud-ouest de la France.
Maïs
- Développement des cultures en France et en Europe.
- Besoins des États membres du nord de l’UE.
- Écoulement des volumes en ancienne récolte en Europe, et notamment en France.
- Nouveau rapport de progression des cultures aux États-Unis.
Orge
- Demande intérieure et à l’exportation (notamment le Moyen-Orient).
- Conditions de culture en France.
- Demande de la nutrition animale.
- Premières coupes dans le sud-ouest de la France.
Karine Floquet