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Marché des céréales et du sucre du 17 au 24 juin 2026 - Nette progression des prix du blé tendre en raison de la persistance des températures caniculaires

​​​​​​L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 17 et le 24 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

<em class="placeholder">Image d&#039;épis de blé et de maïs sur fond de courbes d&#039;évolution.</em>
© Image générée par l'IA

Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a progressé entre le 17 et le 24 juin 2026 : pas de cotation pour la période juillet-septembre et gain de 5 €/t sur la période octobre-décembre, à 213 €/t. Sur le marché à terme d’Euronext, le contrat blé a gagné 6 €/t sur l’échéance septembre 2026 à 209,50 €/t et 4,75 €/t sur l’échéance décembre 2026 à 215,25 €/t. Sur le CBOT, les cours ont quant à eux reculé : - 27 cts$/boisseau à 585,75 cts$/boisseau sur l’échéance juillet 2026 et -25,25 cts$/boisseau à 596 cts$/boisseau sur celle de septembre 2026.

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Globalement, le marché est calme, les vendeurs (agriculteurs et organismes stockeurs) attentistes ne satisfaisant pas la demande des quelques acheteurs présents. Les acteurs de la filière blé-farine-BVP attendent d’avoir les premiers résultats de récolte pour se positionner. On rapporte quelques affaires de complément sur le court terme dans le Nord-Est. Dans le Sud-Ouest, la moisson est réalisée à hauteur de 50 % à 70 %, selon les zones de production. Les premières coupes sont réalisées sur la façade atlantique, avec des rendements décevants. Globalement en sud Loire, on enregistre de très bons poids spécifiques (jusqu’à 80 kg/hl) mais des rendements moyens à mauvais, en raison des trois semaines de sécheresse d’avril au moment de l’épiaison.¶

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Contacté par Agra Presse, un pool de professionnels de la filière céréalière a indiqué s’attendre à une récolte française de blé tendre à environ 32-33 Mt, et de 10,5-11,5 Mt en orge. En blé tendre, certains vont même jusqu’à 34 Mt, pendant que d’autres se rapprochent des 31 Mt. En orge, les plus optimistes se rapprochent des 12 Mt, alors que les plus pessimistes évoquent des niveaux proches de 10 Mt.

Vers une récolte française 2026 moyenne en blé tendre et en orge

Si ces chiffres se confirmaient, il s’agirait de récoltes « moyennes », voire « moyennes basses », évoque l’une des parties prenantes contactée. Quant à la qualité, les taux de protéines attendus sont plutôt élevés pour les deux espèces. Cette prévision reste très provisoire, car les effets de la succession chaud-frais, et surtout des coups de chaud, reste difficile à mesurer sur les céréales à paille. Les retours terrain parlent de rendements très hétérogènes en orge. Jean-Pierre Cohan, directeur R & D d’Arvalis, rappelle que « nous avons vécu ces dernières semaines un enchaînement d’événements climatiques étranges, totalement inédit ». Ajoutons à cela que les coupes sont très loin d’être achevées. L’incertitude fait que l’intégralité des professionnels qui ont accepté de livrer leurs projections chiffrées a souhaité conserver l’anonymat.

Hausse des coûts du fret fluvial à destination du port de Rouen

Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial ont grimpé de 0,75 €/t sur le trajet Pont-Saint-Maxence en cette semaine du 17 au 24 juin 2026, en raison de la rareté de la cale. Les donneurs d’ordres sont confrontés à un manque de bateaux pour dégager la nouvelle récolte sur les silos portuaires rouennais, alors que les lots d’orge arrivent dans les silos des collecteurs sur l’hinterland du port normand et que les premières coupes en blé devraient débuter en toute fin juin ou en tout début juillet. Il faut dire que le chantier du Grand Paris accapare un certain nombre de péniches et autres barges pour le transport de gravats, et ce, sur la base de contrats pluriannuels. « Les chargeurs les plus appétents en termes de programme de chargement et de tarifs seront les mieux servis », indique un expert du transport fluvial. Et d’ajouter : « il y aura sur la prochaine campagne beaucoup d’insatisfaction du côté des donneurs d’ordre ». Cette situation devrait inciter les acteurs de la filière des grains à travailler différemment, et privilégier une réflexion collégiale du fret fluvial sur le bassin de la Seine. Pour l’heure, les premières orges collectées sur l’hinterland rouennais ne sont pas « de qualité exceptionnelle », alors que le blé tendre présente pour l’instant un « beau potentiel » en termes de volume.

Sur l’intracommunautaire, l’activité est réduite au départ du nord de la France.

​​​​​​Basses eaux sur le Rhin

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation est pénalisée par la baisse drastique du niveau du fleuve en raison de températures caniculaires, ce qui conduit à l’application de surcoûts de transport de 50 % pour cause de basses eaux (contre 40 % la semaine dernière).

Maïs

Flambée des cours en raison de la canicule

Difficile de fixer un prix en maïs rendu Bordeaux pendant la semaine allant du 17 au 24 juin 2026, sa place de référence sur le marché physique français. Grosso modo, les cours ont flambé sur la semaine. Sur Euronext, ils ont grimpé de 15,25 €/t sur les termes d’août et de novembre 2026, à respectivement 227,50 €/t et 222,25€/t. La vague de chaleur persistante pose des questions sur la gestion du stress hydrique/sécheresse par les plantes.

Le marché est bloqué, en absence d’offre en départ région comme en rendu portuaire. L’inquiétude est grandissante concernant la prochaine récolte. L’impacte de la canicule ne sera pas la même en fonction des régions, le stade critique de la floraison n’est pas passée. Les quinze prochains jours seront critiques car il faudra suffisamment d’eau pour la pollinisation. En région Centre, les cultures non irriguées sont en train de dépérir.

Plusieurs professionnels de la filière céréalière ont de fait alerté ces derniers jours sur les effets de la vague de chaleur sur les cultures de printemps, incluant le maïs et le tournesol, indique nos confrères d’Agra. Toutefois, il est encore tôt pour se prononcer sur les récoltes à venir. Des analystes privés rappellent qu’en maïs, le stade sensible qu’est la floraison, n’est pas encore atteint. Néanmoins, Franck Laborde, président de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), précise que les maïs sont plus avancés que d’habitude dans leur développement, si bien que « le stade de floraison va arriver très vite ». Il confirme que d’importantes surfaces de maïs dans la zone Nord-Ouest sont affectées par des problèmes de géomyses. Enfin, il a indiqué que la prévision de baisse de sole de maïs grains par Agreste de presque 20 % annuellement n’est pas vérifiée, « mais n’est pas impossible. […] On sera vraisemblablement à plus de 15 % de repli. »

​​​​​​Orge fourragère

Prix en hausse

Le prix de l’orge fourragère en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a gagné 4 €/t entre le 17 et le 24 juin 2026, pour s’établir à 199,50 €/t sur la période juillet-septembre 2026.

Il y a peu d’échanges sur le marché. Les récoltes avancent bon train, réalisées à plus de 50 % globalement, et jusqu’à 70 % dans le sud-Ouest voire 80 % en région Centre. PS et protéines (autour de 11 % dans le Sud-Est par exemple) semblent au rendez-vous mais on rapporte globalement une baisse de rendement, de l’ordre de 10 % par rapport à la normale en région Centre par exemple. Dans le Nord-Est, le rendement moyen en sud Côte-d’Or est de 23 q/ha en raison des gelées d’avril.

Contacté par Agra Presse, un pool de professionnels de la filière céréalière a indiqué s’attendre à une récolte française d’orge de 10,5-11,5 Mt en orge. Les plus optimistes se rapprochent des 12 Mt, alors que les plus pessimistes évoquent des niveaux proches de 10 Mt. Quant à la qualité, les taux de protéines attendus sont plutôt élevés.

​​​​​​Orge de brasserie

Belle hausse des cours

Sur le marché physique français, les cotations d’orge de brasserie ont bien augmenté (de + 6,50 €/t à + 12 €/t), entre le 17 et le 24 juin 2026, et ce, toutes variétés (Faro et Planet) et toutes récoltes (2026 et 2027) confondues. Les acheteurs ont pris conscience que la canicule persistante dégrade les conditions de culture, avec un impact probable sur les rendements et surtout la qualité de l’orge de printemps semée à la sortie de l’hiver. La Bourgogne et la Lorraine, où ces emblavements de printemps sont importants, seraient particulièrement touchées, contrairement à la région parisienne et au nord de Creil, où les variétés de printemps sont largement embavées à l’automne. La moisson est maintenant généralisée à l’échelle du territoire hexagonal.

Blé dur

Évolution tous azimuts

Les prix du blé dur sur le marché physique français évoluent irrégulièrement selon les places, de - 5 €/t à + 10 €/t. La moisson est sur le point de débuter, alors que la canicule fait craindre une dégradation de la qualité de la récolte. Il pourrait manquer un peu de protéines et de poids spécifique (PS) dans certaines zones. Le marché devrait se réveiller à la mi-juillet, quand on en saura plus sur les caractéristiques de la production. Pour l’heure, le marché est calme en raison de l’absence notamment des acheteurs italiens et espagnols.

Céréales secondaires

Marché déserté

L’avoine noire en rendu Pontivy-Guingamp est de nouveau cotée en nouvelle récolte.

Les cours du triticale ont progressé de 8 €/t en départ Sud-Est, en raison de la canicule persistante en France. Il est de nouveau coté en rendu Pontivy-Guingamp sur la nouvelle récolte.

L’avoine blanche et le seigle (fourrager et meunier) ne sont pas cotés.

Les affaires en céréales secondaires sont peu nombreuses, à l’image de la morosité ambiante sur le marché des céréales principales.

Sucre

Les prix du sucre reculent dans le sillage du pétrole

Le prix du sucre brut sur la place boursière de New York poursuit sa baisse en cette semaine allant du 15 au 19 juin 2026, passant de 13,68 cts$/livre à 13,59 cts$/livre. Celui du sucre raffiné à Londres recule également, passant de 442,4 $/t à 440,8 $/t. Les cours mondiaux du sucre ont évolué dans le sillage du pétrole, le prix du WTI ayant chuté sur la semaine de 4,19 $/baril à 76,56 $/baril. Il est de fait supérieur au prix de l’éthanol, ce qui pourrait potentiellement pousser les sucreries mondiales à détourner le broyage de la canne vers la production de sucre plutôt que vers l’éthanol, augmentant ainsi les stocks de sucre.

La rédaction

Blé

  • Nouveau rapport hebdomadaire sur les conditions de cultures (le lundi) aux Etats-Unis.
  • Impact de la canicule en France et en Europe alors que la moisson est en cours.
  • Rapport hebdomadaire sur l’état des cultures en France (le vendredi).

Maïs

  • Nouveau rapport hebdomadaire sur les conditions de cultures (le lundi) aux Etats-Unis.
  • Impact des fortes températures en France et en Europe alors que la canicule pourrait perdurer jusqu’à la mi-juillet.
  • Rapport hebdomadaire sur l’état des cultures en France (le vendredi).

Orge

  • Poursuite des coupes qui se généralisent en France et premiers retours sur la qualité (rendement, PS, protéines…).
  • Rapport hebdomadaire sur l’état des cultures et des moissons en France (le vendredi).

Karine Floquet

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