Complexe oléagineux
Les prix du colza français repassent la barre des 525 €/t
Les cours du colza sur le marché à terme Euronext ont progressé, entre le 12 et le 20 mai 2026, de 4,75 €/t sur l’échéance août, à 526,75 €/t, et de 4 €/t sur celle de novembre, à 528,75 €/t. Et ce, alors que les cours du pétrole ont reculé, entraînant dans son sillage les prix du complexe soja états-unien.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de colza ont progressé entre 3 €/t et 6 €/t sur la semaine. Le FOB Moselle, sa place de référence, a grimpé de 5 €/t à 528 €/t sur la période juillet-septembre. Acheteurs et vendeurs sont peu nombreux sur un marché peu animé. Les uns comme les autres ont du mal à se positionner sur le moyen et long terme, au vu des incertitudes liées à la résolution de la crise pétrolière au Moyen-Orient. Les difficultés logistiques en ce mois de mai criblé de jours fériés complexifient la négociation de contrats. L’Allemagne devrait semer plus de colza que l’an passé (1,14 Mha, en hausse de 4,9 % sur l’an passé) pour répondre à une augmentation de la demande en biocarburant dans le pays, selon StoneX. Au Canada, la météorologie n’est pas particulièrement favorable aux semis, qui ont pris du retard dans le Saskatchewan.
Sur le marché physique français, les cotations de la graine de tournesol ont progressé entre 2,50 €/t et 12,50 €/t sur la semaine. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a grimpé de 5 €/t, à 545 €/t sur la période octobre-décembre. Le marché est peu actif. La commercialisation de la nouvelle récolte est déjà bien avancée par rapport à d’autres années en cette période de post-semis, avec des acheteurs dans l’expectative au vu des évènements au Moyen-Orient. Les vendeurs attendent d’en savoir plus sur la sole et les premiers stades de développement avant de s’engager sur le marché.
Protéagineux
Renchérissement du pois fourrager breton
Le cours du pois en rendu Pontivy/Guingamp a encore progressé de 3 €/t en cette semaine du 12 au 20 mai 2026. La féverole bretonne n’est pas cotée.
Il y a très peu d’affaires réalisées en pois et féverole, les prix étant bien trop élevés aux yeux des acheteurs. Les graines ont du mal à trouver leur place dans les formulations des fabricants d’aliments pour animaux.
Une récente note de Terres Inovia régions Nors et Est fait état, avec le début ou le proche début de la floraison en pois et féveroles de printemps, de la présence avérée de pucerons verts dans la plupart des parcelles de pois. Un diagnostic doit se faire à l’approche de cette étape. C’est aussi le bon moment pour entamer le suivi de la présence des tordeuses sur le pois.
Tourteaux
Hausse en colza et tournesol mais baisse en soja
Les prix des tourteaux de soja sur le marché physique français ont reculé sur la semaine du 12 au 20 mai 2026, entre - 3 €/t et - 16 €/t selon les places et les échéances, exception faite du départ Huningue qui a pris le chemin de la hausse (entre + 4 €/t et + 10 €/t). Le tourteau de soja coté sur le marché à terme du CBOT s’est également replié, perdant 2 $/t sur l’échéance mai d’une semaine sur l’autre. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance haussière entre le 12 et le 20 mai 2026. Elle s’établit maintenant à titre indicatif à + 137 €/t sur les périodes mai 2026 et juin 2026 (+ 17 €/t), + 145 €/t sur la période juillet 2026 (+ 12 €/t), + 163 €/t sur les périodes 3 d’août 2026 et 2 de novembre 2026 (+ 18 €/t). La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée, entre + 3 €/t et + 4 €/t.
Les cotations des tourteaux de colza en France ont suivi une tendance haussière (entre 0 €/t et + 7 €/t), selon les places et les échéances. Celles en tournesol ont fait de même (entre 0 €/t et + 18 €/t).
Sur le marché physique français, l’activité en tourteaux de soja, de colza et de tournesol est au point mort. Après être bien montés, les prix enregistrent une correction à la baisse. Mais, les niveaux de prix demeurent trop élevés pour susciter un intérêt acheteur. Et l’incertitude géopolitique au Moyen-Orient n’aide pas aux affaires. Cependant, il reste des couvertures à opérer sur l’éloigné, notamment en soja et colza.
Huiles
Forte hausse des huiles européennes
Sur le marché physique français, le marché demeure relativement calme en cette semaine du 12 au 20 mai 2026, tronquée par le pont de l’Ascension. Cependant, il reste des couvertures à opérer sur l’éloigné, notamment en soja et colza.
Les huiles végétales européennes et françaises ont globalement progressé sur la semaine. L’huile de soja sur le CBOT a quant à elle perdu 1,64 cts$/livre sur l’échéance mai, d’une semaine sur l’autre.
Issues de meunerie
Difficultés logistiques
Les prix des coproduits minotiers sur le marché francilien sont reconduits en cette semaine du 12 au 19 mai 2026, exception faite du son fin pellet qui perd 3 €/t pour revenir à son prix d’il y a quinze jours. D’importantes difficultés logistiques sont rapportées, le nombre de camions disponibles étant insuffisant pour satisfaire à la fois le transport des céréales, en cette période de vidange des silos avant l’arrivée de la nouvelle récolte, et des coproduits minotiers. Si les cours se sont maintenus tant bien que mal cette semaine, il faut s’attendre à une baisse tarifaire des issues de meunerie dans les semaines à venir pour compenser la hausse des coûts logistiques liée à la pénurie de bennes.
En Bretagne, les prix du son fin farine n’ont pas évolué entre le 12 et le 20 mai 2026. La bonne demande des fabricants d’aliments pour animaux se maintient, au vu de la cherté des céréales à paille. En Isère, les cours du son fin farine sont nominalement reconduits sur la semaine, en l’absence de nouvelle affaire traitée. Idem en région toulousaine et marseillaise.
Coproduits de l’amidonnerie
Cotation du corn gluten feed
Les prix de la drêche de maïs ont suivi une tendance haussière (de + 3 €/t à + 5 €/t) entre le 12 et le 20 mai 2026. Le départ Lacq en drêche de maïs est de nouveau coté, contrairement à la drêche de blé et au corn gluten feed en raison de volumes disponibles limités.
Le marché est des plus calmes.
Coproduits laitiers
Flambée des cours
Les cotations de la poudre et de lait de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale sur le disponible en vrac ont nettement progressé entre le 13 et le 21 mai 2026, de respectivement 190 €/t et 40 €/t. Ces prix correspondent aux réservations du mois de juin 2026.
Il n’y a pas eu d’autres affaires traitées sur le disponible.
Produits déshydratés
Statu quo
En luzerne déshydratée, les prix sont nominalement reconduits entre le 12 et le 20 mai 2026, à 210 €/t, en cette semaine amputée d’un jour de cotation en raison du jeudi de l’Ascension. La première coupe se poursuit.
Les cours en pulpe de betterave déshydratée n’ont également pas évolué d’une semaine sur l’autre, à 285 €/t sur la campagne actuelle et 250 €/t sur la nouvelle campagne.
Farine de poisson
Des prix qui ne cessent de progresser
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français ont de nouveau bondi entre le 12 et le 20 mai 2026, mais dans une moindre mesure, grimpant de 50 €/t en origine Amérique du Sud et de 60 €/t en origine Scandinavie. Il y a toujours aussi peu de farine de poisson disponible, les prix poursuivent leur hausse sans perspective de baisse pour l’instant.
Pailles et fourrages
Statu quo
En paille de blé et d’orge, la fourchette de prix en départ Nord-Est est toujours la même : entre 90 et 120 €/t, en fonction des départements. On note toujours un faible courant d’activité à l’export mais constant. Les coûts de transport plus élevés depuis quelques semaines compliquent la donne.
En foin de Crau, il n’y a pas de changement concernant les cotations commerciales, d’une semaine sur l’autre. L’activité est calme. La récolte 1ère coupe 2026 est en cours avec de bonnes conditions climatiques dans le Sud-Est.
Le Comité de foin de Crau n’a pas modifié ses cotations de référence, entre les mois d’avril et de mai. Les prix sont très nominaux.
La rédaction
Soja
Rapports CIC, à paraître le 21 mai. Achats chinois de soja états-unien. Conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des carburants et du fret maritime. Compétitivité des huiles végétales, portées par la demande en biodiesel. Surface aux États-Unis, au vu de la flambée des engrais. Acheminement vers les ports des récoltes argentine et brésilienne.
Colza
Effet du prochain dôme de chaleur sur les cultures en France. Conditions de culture en Europe. Rythme de la trituration en Europe.
Tournesol
Sole en France, dans l’UE et la zone mer Noire. Effets des frappes russes sur les sites de trituration en Ukraine.
Karine Floquet