Aller au contenu principal

Malgré la décapitalisation en bovin, Avril se réjouit de bonnes performances en nutrition animale

Le groupe Avril a vu son résultat net et son Ebitda régresser en 2023, par rapport à l'année exceptionnelle qu'a été 2022. La trituration de graines oléagineuses par son bras industriel Saipol a augmenté entre 2022 et 2023, tirant naturellement vers le haut la production de tourteaux.

 

Jean Philippe Puig, gérant du groupe Avril
© Kévin Cler, La Dépêche Le Petit Meunier

« Les résultats financiers de la branche première transformation et énergies renouvelables se sont révélés très bons en 2023. Saipol a connu des résultats record, et l’activité Nutrition animale s’est également bien portée », s’est exprimé Aymeric Mongeaud, directeur administratif et financier du groupe Avril, lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’entreprise à Paris le 10 avril. 

Lire aussi : "Quand va redémarrer l'usine de trituration de colza de Sète de Saipol?"

Les dirigeants du groupe Avril justifient les bons résultats de Saipol essentiellement par la bonne dynamique de la demande en biodiesel« Nous avons conclu des contrats avec divers acteurs, dont EDF à la Réunion et la SNCF... », déclare Jean-Philippe Puig, directeur général et gérant du groupe Avril.

Lire aussi : "Oléagineux - Comment Saipol va accroître ses capacités de trituration à Sète et Lezoux"

Bonne demande des éleveurs, dynamisant le segment de la nutrition animale

De son côté, la bonne tenue des résultats du segment Nutrition animale s’explique par « un carnet de commande bien rempli ». Pourtant, la situation de l’élevage français n’est pas forcément reluisante. Certes, « il y a de la décapitalisation, notamment dans le secteur bovin. Mais tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Les prix du lait ont bien remonté, ceux du porc et de la volaille se sont avérés assez bons. La demande des éleveurs en aliments pour animaux a été dynamique. Par ailleurs, le fait que nous disposions de Solteam, premier importateur de soja non OGM en France avec 500 000 t par an environ, a pu permettre d'adopter de bonnes stratégies de couverture », détaille Jean-Philippe Puig. 

« La demande des éleveurs en aliments pour animaux a été dynamique. Par ailleurs, le fait que nous disposions de Solteam (...) a pu permettre d'adopter de bonnes stratégies de couverture»

Malheureusement, aucun indicateur de performance économique n'a été communiqué, Avril refusant de donner les détails. Signalons seulement qu'Avril a trituré 3,888 Mt de graines oléagineuses en 2023, contre 3,723 Mt en 2022. Quelque 1,718 Mt de tourteaux ont été produites, contre 1,639 Mt en 2022. Les volumes produits d'huiles brutes, raffinées ou prétraitées s'affichent à 444 000 t environ, contre 308 000 t l'an dernier. Concernant les volumes de biodiesel produits, les niveaux se sont affichés à 1,236 Mt en 2023 (dont 162 000 t d'Oleo100, biodiesel contenant 100 % de d'huile de colza), contre 1,153 Mt en 2022 (dont 103 000 t d'Oleo100).

3e meilleur Ebitda, les résultats nets décrochent

Seuls les indicateurs financiers concernant l'ensemble du groupe ont été publiés. Il s'avère que l'Ebitda régresse quelque peu, passant de 356 M€ en 2022, année exceptionnelle, à 341 M€ en 2023, constituant la troisième performance. En revanche, le résultat net décroche significativement, de 82 % annuellement. La raison : les résultats décevants émanant de l'activité oléochimie du groupe, via la filiale Oléon, qui a vu ses commandes de la part de ses clients industriels s'effriter. Ajoutons à cela les mauvaises performances de Lesieur, pénalisé là aussi par une demande en berne de la part des consommateurs finaux. « Le contexte macroéconomique s'est avéré compliqué. Le pouvoir d'achat des Français a été impacté par l'inflation. Cela s'est ressenti sur la demande », témoigne Aymeric Mongeaud. Autre justification : de nombreux investissements ont été entrepris en 2023. « A une certaine récente époque, nous étions dans une stratégie de vente de nos actifs, ce qui pouvait faire gonfler le résultat net. Aujourd'hui en 2023, nous repartons dans une logique d'investissement », relève Aymeric Mongeaud. 

550 M€ d'Ebitda en 2030 ?

Pour l'avenir, les dirigeants se montrent optimistes, notamment sur la réglementation européenne. « L'annexe 9 de la directive RED III (directive européenne sur les énergies renouvelables) n'a pas encore été publiée, mais les textes à l'étude nous conviennent pour le moment », indique Jean Philippe Puig. Dans cette annexe 9 figureront les intercultures pouvant être utilisées comme biocarburant dans les avions notamment. Ensuite, à l'horizon 2030, le groupe Avril a pour objectif de générer un Ebitda de 550 M€. « Lors de l'annonce de nos objectifs en 2018 pour 2023, nous les avions dépassés dès 2021. Nous sommes donc confiants », se réjouit Jean-Philippe Puig.

Post 2030, le groupe Avril s'est fixé cinq nouvelles options stratégiques à investiguer : les solutions environnementales pour la chaîne de valeur agricole, les cultures intermédiaires, les ingrédients alimentaires, les produits biosourcés et l'intelligence artificielle générative.

 

Avril commente les rumeurs de rachat de Metex

À la question de l'un de nos confrères sur les rumeurs parlant d'un potentiel intérêt du groupe Avril pour le rachat du spécialiste de la nutrition animale Metex, Jean Philippe Puig, gérant du groupe Avril, a répondu « qu'il faut laisser courir les rumeurs ». Néanmoins, il a tenu à préciser qu' « en l'état actuel, les bonnes conditions de reprise de Metex ne sont pas réunis. La société perd beaucoup d'argent, car trop dépendante de l'évolution des matières premières mondiales. (...) Il s'agit de la dernière unité produisant ce type d'acide aminé dans l'UE. Si elle venait à disparaître, nous devrons importer, de Chine notamment », prévient Jean Philippe Puig.

Les plus lus

Photo d'Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains, filiale d'Expana.
« Les exportations françaises de blé sont finalement moins exposées à la menace argentine que les origines mer Noire », déclare Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains

La récolte record de l’Argentine en blé ne devrait pas pénaliser outre mesure les exportations françaises de blé tendre sur la…

Meunerie française, une santé fragile et une problématique d’importation

L’Association nationale de la meunerie française (ANMF) publie une étude commandée à la Banque de France sur l’état économique…

Photo des dirigeants d'Euralis : de gauche à droite, Christophe Congues, président d’Euralis, et Thomas Chambolle, directeur général d’Euralis.
Euralis enregistre une progression de son résultat net en 2024-2025

Bien qu’encore négatif, le résultat net d’Euralis a progressé sur la campagne commerciale 2024-202 par rapport à la précédente…

Julien Darley et Alexandre Jonet, traders pour Granit Négoce
« Nous ne sommes pas optimistes sur le redéveloppement de la prime brassicole d’ici à la fin 2026 », affirme Julien Darley, directeur général de Granit Négoce

Pour les traders de Granit Négoce, filiale d’Axéréal, seul un événement climatique adverse sur la récolte 2026 pourrait…

Photo pain, farine, épi et grains de blé
Céréales et oléoprotéagineux bio : manque de disponibilités en tournesol, maïs et petit épeautre

Le marché en alimentation humaine des grains bio s’oriente différemment selon les produits. 

Tableau de chiffres concernant le bilan céréales bio françaises 2025-2026, au 1er février 2026.
Céréales et oléoprotéagineux bio : des équilibres de marché fragiles à l’approche de la fin de campagne

Le marché des céréales et oléoprotéagineux bio évolue dans un contexte d’équilibre fragile en cette seconde partie de campagne…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne