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Filière Légumes secs
Arterris/Ciacam : création de la co-entreprise Vegedry, spécialisée dans les farines de légumineuses

Ces farines de légumes secs seront proposées dès avril aux industriels qui fabriquent des pâtes, des produits de panification et de snacking, ainsi que des plats préparés. Ces farines natives pourront être enrichies en protéines d’ici un an-et-demi.

Pour faciliter leur consommation et développer d’autres manières de travailler les légumes secs, Arterris et la Ciacam ont décidé de lancer des farines de légumineuses pour les industriels, sous la société Vegedry.
© Arterris

« La coopérative Arterris et la Ciacam, leader français dans la commercialisation de légumineuses, collaborent depuis dix ans pour valoriser et développer la filière française [des légumes secs]. Afin de démocratiser davantage la consommation de ces produits, ces deux entités ont co-créé [à la fin du mois d’octobre]  la société Vegedry pour lancer une nouvelle filière : les farines de légumineuses pour les industriels », indique un communiqué en date du 12 janvier. La ligne de transformation, en cours d’installation dans la continuité de l’outil de nettoyage et de calibrage des légumes secs de la Ciacam, situé sur son site de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), devrait être opérationnelle en avril prochain. Les objectifs de production de farine de légumineuses, sur lesquels s’est basé le business plan, ont été fixé entre 1 500 t et 2 000 t en 2021. « Mais le futur outil industriel possédant une capacité d’écrasement de 2 t/h, les volumes [de farine Vegedry (contraction de végétal et dry-sec en anglais)] commercialisés dépendront des débouchés trouvés », précise Ricard Riu, responsable des produits élaborés et de la transformation végétale d’Arterris. Si des clients d’Arterris et de la Ciacam sont déjà intéressés, un commercial dédié va, dès le mois de février, commencer à gérer les marchés Clients des farines de légumiseuses, produites par Vegedry.

Un partenariat gagnant-gagnant

« La Ciacam est un partenaire de longue date d’Arterris, en tant que principal client de nos légumes secs et premier fournisseur de nos usines de production de plats préparés, comme le haricot blanc pour le cassoulet », souligne Ricard Riu. Ainsi la création de la co-entreprise Vegedry a-t-elle permis à Arterris, spécialiste de la production de légumes secs – notamment de pois chiche (cf. encadré) – , de s’associer avec un expert de leur commercialisation en France. « La Ciacam est de fait co-leader de la mise en marché des légumes secs sur le territoire national, aux côtés du groupe Soufflet », précise le responsable d’Arterris.

Vegedry, joint-venture détenue à 50-50 par Arterris et la Ciacam, permet à la coopérative agricole d’accéder à la partie aval de la filière et de toucher des clients susceptibles d’utiliser des farines de légumineuses. Ce partenariat va ainsi permettre d’ajuster la production agricole aux besoins des consommateurs industriels, en intensifiant la production d’une ou l’autre des légumineuses déjà sous contrat avec les agriculteurs-adhérentes d’Arterris ou en mettant en culture de nouvelles légumineuses si nécessaire, puis de les transformer en farine via l’outil de Vegedry. « Et si certains clients préfèrent privilégier le bas prix à l’origine française dans leur approvisionnement, la Ciacam pourra leur proposer des farines produites à partir de légumes secs, cultivées hors de nos frontières », explique Ricard Riu.

Quatre types de clients ciblés

Vegedry cible, dans un premier temps, quatre types de clients industriels : la pasterie (Panzani et autres) et la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie – qui commencent à « incorporer des farines de légumineuses dans leur process à la place du blé (tendre et dur) » –, le snacking – « un marché plus mature, notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Italie (où sont fabriquées des chips de pois chiche) » – et l’industrie de l’agroalimentaire – qui veulent « remplacer la protéine animale par son homologue végétal (à l’image du steak végétarien) » –, énumère Ricard Riu.

Cependant, « si les usages évoluent de telle sorte que les consommateurs utilisent les farines de légumineuses à la maison, nous serons un acteur très pertinent », assure le responsable d’Arterris.

Vers des farines enrichies en protéines

Si les farines de légumineuses ont la particularité de « contenir un taux de protéines plus élevé que le blé et d’être sans gluten », « d’ici un an, et pour aller plus loin, Arterris et la Ciacam prévoient de développer des farines enrichies en protéines, qui se substitueront encore mieux aux protéines animales », indique le communiqué. « Si nous démarrons cette nouvelle activité par la fabrication de farine native de pois chiche, voire d’autres légumes secs, nous sommes prêts - d’ici six, douze ou dix-huit mois - à les faire évoluer en farine enrichies en protéines, par simple concentration de la protéine végétale », détaille le dirigeant d’Arterris.

Le process d’écrasement des légumes secs utilise de fait  la « force centrifuge » et de multiples « tamiseurs », qui permet d’obtenir « une granulométrie de farine à la carte », conforme au cahier des charges client, sachant que « plus la farine est fine, plus elle est riche en protéines ».

Le pois chiche, la production leader d’Arterris

« Avec une consommation de 100 000 t de légumes secs par an, la France est contrainte d’importer 60 % des productions pour pouvoir couvrir ses besoins », indique Arterris, dans le communiqué en date du 12 janvier. Concernant le seul pois chiche, la production française, qui s’élève aujourd’hui à 25 000 t, couvre les besoins nationaux. Et ce, en partie, grâce à la création par Arterris et la Ciacam – qui collaborent maintenant depuis dix ans - d’une « filière dédiée aux pois chiches, 100 % française, destinée à protéger et valoriser ces légumineuses qui jusqu’alors étaient largement importées de l’étranger ».
Parmi les légumineuses produites par Arterris (lentilles, haricots secs, …), le pois chiche est, de fait, la plus significative en termes de surface. « Si les surfaces de pois chiche récoltées en 2020 se sont élevées à 2 200 ha, la sole prévisionnelle pour la récolte 2021 devrait s’établir entre 2 500 ha et 2 700 ha, pour atteindre les 3 500 ha en vitesse de croisière », estime Ricard Riu, responsable des produits élaborés et de la transformation végétale d’Arterris.
 

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