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La FNO imagine la filière ovine dans la PAC de demain

Pour son assemblée générale, la FNO a convié éleveurs et décideurs à esquisser les contours d’une PAC capable de redonner un avenir à la filière ovine française.

<em class="placeholder"> Michèle Boudoin, Dacian Cioloș, Jean-Marc Boyer et Brigitte Singla lors de l&#039;AG 2025 de la FNO à Paris</em>
Michèle Boudoin, Dacian Cioloș, Jean-Marc Boyer et Brigitte Singla ont partagé leur vision d'une production ovine soutenue par la politique agricole européenne.
© D. Hardy

À l’occasion de son assemblée générale, le 30 septembre dernier à Paris, la Fédération nationale ovine (FNO) a tenu une table ronde ambitieuse consacrée à l’avenir de l’élevage ovin dans le cadre de la prochaine politique agricole commune (PAC). Quatre invités de premier plan ont débattu devant les éleveurs : Dacian Cioloș, ancien commissaire européen à l’Agriculture, Michèle Boudoin, présidente de la FNO et éleveuse du Puy-de-Dôme, Brigitte Singla, secrétaire générale de la FNO et éleveuse de l’Hérault, et Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme.

Pour incarner l’enjeu du renouvellement, la FNO a commencé par donner la parole à Axel, jeune étudiant passionné de brebis qui rêve de s’installer. Son message est simple : il croit à l’avenir de la filière, à condition que la société et les pouvoirs publics lui ouvrent un chemin.

Des paiements aux vrais services rendus

Avec pédagogie, Dacian Cioloș a expliqué les grandes lignes du débat en cours à Bruxelles. Selon l’ancien commissaire européen, l’Europe doit maintenir un double cap : souveraineté alimentaire et durabilité environnementale. « L’élevage ovin est un secteur exemplaire pour conjuguer ces deux objectifs : plus on produit, plus on entretient les paysages et plus on rend de services environnementaux », a-t-il insisté.

 

 
<em class="placeholder">Brebis au pâturage</em>
Pour Dacian Ciolos, ex-commissaire européen à l’Agriculture : « il faut relier les soutiens aux résultats concrets des éleveurs : surfaces pâturées, biodiversité préservée, prévention des incendies, ouverture des milieux... » © B. Morel

Mais il a aussi alerté sur le risque de renationaliser les aides agricoles : en laissant chaque état décider de l’utilisation des fonds, on risque de créer de fortes distorsions de concurrence. « La PAC est une politique commune. Si chaque pays fait ses choix, il n’y aura plus de règles communes et le marché intérieur sera fragilisé », a-t-il prévenu. Pour lui, il faut relier les soutiens aux résultats concrets des éleveurs : surfaces pâturées, biodiversité préservée, prévention des incendies, ouverture des milieux… « Payons ce que les éleveurs font déjà, rendons-le visible, et ajoutons-y des mesures incitatives pour aller plus loin », a-t-il plaidé.

Besoin d’une aide de base forte

Brigitte Singla assure que la priorité reste de produire davantage d’agneaux pour réduire la dépendance aux importations : « Sans augmentation de la production, l’agneau français disparaîtra des linéaires. » Pour cela, la FNO propose d’agir à plusieurs niveaux : améliorer la productivité en élevage grâce à l’appui technique, renforcer la prévision de production, généraliser la contractualisation afin de sécuriser des prix minimums et réformer l’aide ovine pour en faire un véritable outil d’incitation. « Nous avons besoin d’une aide de base forte, accessible à tous, complétée de bonifications pour la contractualisation, la qualité, ou encore les signes officiels », a détaillé Brigitte Singla. Elle a également défendu une reconnaissance claire du pâturage comme service environnemental. Le slogan « Nos brebis font les paysages que vous aimez » appelle à rémunérer les surfaces pâturées et pastorales pour l’ouverture des milieux, la prévention des feux et le maintien de la biodiversité.

Se saisir des négociations

Pour Michèle Boudoin, l’ovin est devenu la variable d’ajustement des négociations commerciales depuis quarante ans. « Nous avons payé la mondialisation avec les contingents d’importation de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et demain peut-être de l’Australie. Pendant ce temps, nos cheptels se réduisent. »

Dacian Cioloș a conclu en appelant les éleveurs à se saisir de la fenêtre de négociation ouverte : « L’Europe ne se subit pas, elle s’écrit. Vous avez des arguments solides, faites-les valoir. Reconstruisons un revenu prévisible, fondé sur la vente de produits et la rémunération des services. C’est ainsi qu’Axel et les jeunes de sa génération auront envie de s’installer demain. »

Coté web

Les activités de la FNO en vidéo

Le rapport d’activité de la Fédération nationale ovine est à visionner sur la chaîne YouTube de la FNO. Le film de 16 minutes présente les nombreuses luttes, actions et avancés du syndicat et se termine par un amusant bêtisier.

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