L’institut Montaigne a publié le 6 octobre une note dédiée à l’agriculture en vue de l’élection présidentielle de 2027. Le think tank libéral y propose notamment de créer un « géant européen » des engrais, à l’image du groupe Airbus.
Vers un « Airbus » des engrais en Europe ? L’institut Montaigne a publié le 6 octobre une note dédiée à l’agriculture en vue de l’élection présidentielle 2027. Le think tank libéral y présente notamment son idée de créer un « géant européen » des engrais, à l’image du groupe Airbus. La note propose une prise de participation de 11 % de l’Etat dans une société dédiée à la production d’engrais, et suggère de développer en parallèle un « Plan français pour l’ammoniac vert ». Ces mesures représenteraient 2 à 2,65 milliards d’euros sur cinq ans, chiffre l’institut Montaigne, sur 5,5 à 11,5 milliards au total pour l’ensemble de ses propositions dédiées à l’agriculture.
L’institut propose aussi la création de stocks d’engrais pour 90 jours, pour 1,2 milliard par an. L’objectif est de réduire les dépendances « à l’azote, mais aussi au phosphate ou au potassium », soutient le think tank, qui souligne que la France « ne produit que 30 % des engrais qu’elle consomme ».
Un « marché unique de l’engrais » à développer en parallèle de l’entreprise
Au niveau européen, l’institut Montaigne explique que la création d’un « géant européen » des engrais nécessiterait le rachat et la fusion d’usines en Europe. Tous les champs d’activités devraient être mobilisés : recyclage des nutriments, récupération et valorisation duphosphoreet de l’azote, filières du biométhane et du biogaz, valorisation des digestats et des algues, développement des solutions microbiennes. En parallèle, un marché unique de l’engrais devrait être développé via cette « multinationale », suggère le think tank, avec une « standardisation commune à l’échelle continentale ». La création d’une telle entreprise devrait néanmoins être acceptée par la Commission européenne, note l’institut Montaigne, qui voit là un « point de tension » du fait de la « politique antitrust » de Bruxelles.