« Sans eau pas de contrat »

- - 3 min
Régis Rougier, nouveau président des producteurs de maïs semence des Limagnes et du Val d’Allier, revient sur l’importance de l’irrigation. Crédits : © M. COMTE

Régis Rougier est le nouveau président du Syndicat des producteurs de maïs semence des Limagnes et du val d’Allier. Agriculteur à Joze en SCEA, il cultive environ 130 hectares de grandes cultures (maïs semence et consommation, betterave, blé, tournesol) et élève également une quarantaine de génisses. L’agriculteur considère l’irrigation comme le pilier central de l’agriculture de Limagne. «La majorité des agriculteurs de Limagne produisent du maïs semence et/ou du maïs consommation. Le maïs semence est une source de revenu supplémentaire non négligeable pour les exploitations. Limagrain exige que les parcelles destinées à cette production soient irriguées pour garantir un certain rendement et surtout la qualité. Sans eau pas de contrat.»

 

L’eau indispensable

En maïs semence, la qualité de la récolte est aussi importante que la quantité. Une fécondation optimale des pieds femelles par les pieds mâles est recherchée afin d’atteindre les objectifs fixés. L’irrigation joue un rôle primordial dans cette étape ainsi que tout au long de la production. «Les pieds mâles ont besoin d’eau pour développer une masse pollinique importante et féconder un maximum de pieds femelles. S’il vient à y avoir un stress hydrique lors de la pollinisation, le rendement sera lourdement impacté. Cependant, il ne faut pas oublier les autres stades de la culture, où l’apport d’eau se révèle déterminant : au semis pour une levée homogène et au remplissage du grain.»

En maïs semence, comme dans bien d’autres cultures, la campagne 2015 a été l’année type où «l’irrigation a sauvé les meubles». Or, d’après Régis Rougier, les réseaux d’irrigation sont vieillissants, saturés et ne permettent pas de raccorder tous les agriculteurs.

«L’irrigation n’a pas seulement été créée pour supporter 2003 et 2015 mais pour assurer le rendement et le stabiliser quelle que soit l’année. Sans cela, nous ne pourrions pas conserver nos industries et entreprises agricoles.»

 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

sécurité
Suivi
Suivre
irrigation
Suivi
Suivre

Coûteuse irrigation

Outre la saturation des réseaux d’irrigation, Régis Rougier pointe du doigt un autre problème. «Les pompages sont installés dans des coins reculés, à l’abri des regards. Un paradis pour les voleurs qui s’en donnent à cœur joie. Nous avons tout essayé contre les vols mais rien ne fonctionne. À l’ASA(1) des Bressons, nous cumulons plus de 50 000 € de dégâts sur dix ans.»

Entre l’entretien et le fonctionnement, le coût de l’irrigation à l’hectare a augmenté. Ajouter à cela les vols répétitifs et la chute des cours des céréales, l’arrosage coûte cher aux agriculteurs. «Aujourd’hui, l’irrigation est une assurance, une sécurité de rendement ainsi qu’un outil de développement pour nos exploitations.»

 

 

(1) Association syndicale Autorisée.

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires