Jean-Marie Gabillaud, président de Coop de France Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Basse et Haute Normandie) a brossé l’actualité de la coopération sur le Grand Ouest, mardi à Rennes. A ses yeux, les restructurations en cours dans le monde coopératif doivent privilégier le développement de la marge.
Les Marchés :
Quels enseignements tirez-vous de l’exercice 2008 qui a confirmé le grand mouvement des rapprochements entre coopératives ou entre coopératives et entreprises privées ?
Jean-Marie Gabillaud : Rien n’est jamais acquis ; des productions peuvent s’effondrer en quelques années, si elles ne parviennent pas à s’adapter. Aujourd’hui, on voit que le secteur animal est fragilisé, y compris dans les bassins de production spécialisés, que ce soit en porc ou en viande bovine. S’il y a concentration des opérateurs de la transformation, les éleveurs auront plus de visibilité, lorsque les transformateurs leur demanderont d’adapter leurs pratiques (notamment par la génétique) pour fournir le poids de carcasse dont ils ont besoin. Parallèlement au regroupement de la transformation (CAVAC apporte ses animaux à SOCOPA, ndlr), la production doit aussi s‘organiser pour mieux défendre les prix à la production. Dans certains mouvements de restructuration récents, on constate deux schémas : le premier veut favoriser le meilleur coût de revient, le second développer de la valeur. Ce n’est pas la même vision, et ma préférence va au second.
Les Marchés :
L’implication des coopératives sur leur territoire n’est plus à démontrer. Mais la culture d’entreprise est-elle forte chez les adhérents des 131 coopératives du grand Ouest ?
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J.-M. G. : Nous militons pour qu’ils s’engagent plus dans la vie de leur coopérative. Ils disent souvent : le pouvoir de la coopérative s’éloigne. Mais lorsque leur groupement organise des réunions dans leur canton, il n’y a pas toujours beaucoup de monde. Nous souhaitons donc qu’ils investissent plus que du capital social dans leur coopérative, par exemple dans un actionnariat nouvelle formule. Nous y travaillons. Paradoxalement, les coopératives n’éprouvent aucune difficulté pour renouveler les sièges des conseils d’administrations.
LM :
Quelles sont les positions de Coop de France Ouest dans le débat sur les orientations futures de la PAC ? Et votre sentiment sur l’application de la LME ?
J.-M. G. : Nous souhaitons clairement nous engager dans un système assurantiel (récolte, aléa…). Mais, puisque Bruxelles ne veut plus s’occuper des marchés et que l’Etat français n’en a plus les moyens, c’est aux agriculteurs de se le payer, tout en obtenant de la France une progressivité dans la modulation de la réforme de la PAC.