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Le vote pour les élections aux chambres d’agriculture ouvre ce 15 janvier (jusqu'au 31 janvier). L’occasion de rappeler le rôle et les missions de ces organismes consulaires agricoles vieux de plus de 100 ans.
Il y’a six ans le taux de participation au collège 1 des chefs d’exploitations agricoles pour les élections aux Chambres d'agriculture s’affichait à 46,22% contre 54,34% en 2013 et 65,5% en 2007. Les syndicats agricoles s’évertuent à inciter les agriculteurs à voter pour ces élections 2025. L’enjeu est important au regard du rôle, des missions et du poids politique des Chambres d’agriculture.
Lire aussi : Elections aux chambres d’agriculture 2025 : pourquoi, quand et comment voter ?
Le réseau des chambres d'agriculture se compose de chambres départementales d'agriculture, des chambres régionales d'agriculture ou de région et de Chambres d'agriculture France. (selon Article L510-1 du code rural Modifié par Ordonnance n°2022-583 du 20 avril 2022 - art. 1 (V)).
Il comprend également des chambres interdépartementales.
Il s’agit d’établissements publics placés sous la tutelle de l’Etat et administrés par des élus issus des activités agricoles, des groupements professionnels agricoles et des propriétaires forestiers.
Le réseau se compose aujourd’hui de :
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« Le réseau des chambres d'agriculture et, en son sein, chaque établissement et chambre territoriale contribuent à l'amélioration de la performance économique, sociale et environnementale des exploitations agricoles et de leurs filières et accompagnent, dans les territoires, la démarche entrepreneuriale et responsable des agriculteurs ainsi que la création d'entreprises et le développement de l'emploi », peut-on lire dans le code rural. (selon Article L510-1 du code rural Modifié par Ordonnance n°2022-583 du 20 avril 2022 - art. 1 (V)).
Pour ce faire, les établissements et chambres territoriales qui composent le réseau des chambres d'agriculture ont, dans le respect de leurs compétences respectives, « une fonction de représentation des intérêts de l'agriculture auprès des pouvoirs publics et des collectivités territoriales. »
« Ils contribuent, par les services qu'ils mettent en place, au développement durable des territoires ruraux et des entreprises agricoles, ainsi qu'à la préservation et à la valorisation des ressources naturelles, à la réduction de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques et à la lutte contre le changement climatique » est-il aussi indiqué dans le code rural.
Lire aussi : Chambres d’agriculture et changement climatique : des diagnostics pour accompagner les exploitations agricoles
Les chambres départementales d'agriculture peuvent être consultées par les personnes publiques mentionnées à l'article L. 511-3 du code rural, sur toutes les questions relatives à l'agriculture, à la valorisation de ses productions, à la filière forêt-bois, à la gestion de l'espace rural, à la prévention des risques naturels, à la mise en valeur des espaces naturels et des paysages, et, dans l'espace rural, à la protection de l'environnement.
Elles peuvent, en outre, émettre des avis et formuler des propositions sur toute question entrant dans leurs compétences et visant le développement durable de l'agriculture et de la forêt, ainsi que promouvoir ou participer à toute action ayant les mêmes objets.
Elles remplissent les missions suivantes :
Les chambres départementales d'agriculture sont aussi appelées par l'autorité administrative à grouper, coordonner, codifier les coutumes et usages locaux à caractère agricole qui servent ordinairement de base aux décisions judiciaires. Les usages codifiés sont soumis à l'approbation des départements.
Lire aussi : Elections aux chambres d’agriculture : quels enjeux par département ? Revoir les résultats de 2019
Instaurée par la loi Egalim la séparation de la vente et du conseil des produits phytosanitaires a introduit l’obligation pour les exploitants agricoles de réaliser un conseil stratégique phytosanitaire (CSP). Les chambres d’agriculture ont procédé à 3571 CSP en 2022. Devant être obligatoire à compter du 1er janvier 2024 le conseil stratégique phytosanitaire a été suspendu par décret du 9 avril 2024 suite au mouvement de contestation des agriculteurs en 2023-2024.
L’article 83 de la loi Egalim avait aussi introduit la mise en place de chartes au niveau départementales (dites chartes ZNT ou chartes riverains) pour protéger les riverains lors de l’utilisation de produits phytosanitaires.
Les chambres d’agriculture ont contribué à la rédaction des modèles de 81 chartes ZNT. Des chartes qui ont été en partie attaquées par des ONG dont Générations futures.
Les chambres d’agriculture sont partie prenante dans l’encadrement du développement de l’agrivoltaïsme. Dès novembre 2023, le réseau a partagé sa vision sur cette nouvelle activité en se dotant d’une doctrine nationale, déclinée depuis au niveau départemental.
En tant que membres de la CDPenaf (commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers), les Chambres d’agriculture peuvent donner leur avis sur le développement des projets. Elles ont par ailleurs pour mission d’encadrer les conditions d’implantation des installations photovoltaïques au sol sur terrains agricoles, naturels ou forestiers, via l’établissement de documents-cadres par département.
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« Les résultats des élections aux chambres d’agriculture permettent de déterminer la représentativité des différentes organisations syndicales » souligne par ailleurs Chambre d’agriculture France dans son dossier de presse sur les élections 2025. « Ils constituent par ailleurs l’un des critères pris en compte pour habiliter les organisations syndicales d’exploitants agricoles à vocation générale à siéger dans certaines commissions aux différents échelons », selon les articles R514-37 et R514-39 du code rural.
Autre enjeu de taille : le calcul du financement des syndicats agricoles est basé sur les résultats des élections aux chambres d'agriculture.
Les chambres d’agriculture se voient confier de nombreuses missions de service public par l’Etat (détaillées dans un rapport du CGAAER de 2018) sur diverses thématiques :
Les Chambres d’agriculture répondent par ailleurs à de nombreux appels à projets (AAP) français ou européen leur permettant de développer des prestations comme le conseil pour la vente à la ferme, les conseils en agroforesterie, ou l’accompagnement de l’épandage des boues de stations d’épuration sur les terres agricoles ou encore de contribuer à l’alimentation de base de données de références technicoéconomiques par filière.
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En novembre 2021, les Chambres d’agriculture ont signé avec l’Etat un nouveau contrat d’objectifs et de performance 2021-2025 (COP). Son but : préciser les objectifs et ambitions partagés entre l’Etat et les présidents des établissements du réseau des chambres d’agriculture pour mettre en place les actions prioritaires autour de trois axes : accompagner l’agriculture dans ses transitions économiques, sociétales et climatiques ; créer plus de valeur dans les territoires et faire dialoguer agriculture et société.
Un COP qui s’est accompagné de la mise en place d’indicateurs de résultats.
Le premier bilan 2022 publié en 2023 dresse le bilan suivant pour les Chambres d’agriculture :
Les 102 établissements du réseau des chambres d’agriculture, pilotés par 3200 élus, emploient 8230 collaborateurs dont 6430 cadres et techniciens.
En 2021, le budget consolidé du réseau était de 750 millions d’euros, des fonds provenant :
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Face à un budget public contraint, les Chambres d’agriculture ont tendance à développer des prestations de services payantes qui ne représentaient que 25% de leurs ressources en 2009 (selon nos confrères d’AgraPresse citant en 2019 un rapport du CGAAER) contre 34% aujourd’hui.
Les Chambres d’agriculture proposent de nombreuses activités de conseils techniques et technico-économiques pour toutes les productions avec des réseaux d’expérimentation. Elles délivrent aussi des conseils sur l’agroéquipement. Certaines chambres proposent un service foncier ou un service juridique.
Parmi les services payants proposés par les Chambres d’agriculture on peut aussi citer Terralto, qui accompagne les collectivités dans leurs projets d’agriculture urbaine par exemple, ou encore plusieurs services numériques dont :
Actuellement en suspens, le projet de loi d’orientation agricole dont la reprise de l’examen est promise par le nouveau gouvernement devrait impliquer un changement pour les Chambres d’agriculture.
Les Chambres d’agriculture devraient être la cheville ouvrière du réseau France services agriculture, créé par la loi et représentant « un point d’accueil départemental unique » pour la transmission des exploitations et l’installation des agriculteurs.
Le texte, déposé fin mai 2024 au Sénat, prévoit aussi la mise en place volontaire d’un diagnostic modulaire de l’exploitation agricole (mobilisé notamment lors de la cession ou l’installation) comprenant un module de « stress-test climatique », un module d’analyse économique de l’exploitation, et un module consacré à l’aspect social du projet.
A noter que les chambres d’agriculture ont lancé dès 2023 une expérimentation auprès de 1000 exploitations pour mettre en place un diagnostic de vulnérabilité face au changement climatique.
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