Après de longues semaines de négociations infructueuses, industriels et producteurs ont finalement réussi à trouver un compromis sur le prix du lait pour les mois de novembre et décembre, ainsi que pour le premier trimestre 2009. Cet accord intervient quelques jours après que la FNPL se soit dite prête à accepter une baisse
« supportable » du prix du lait, pour sortir du conflit qui enlise la filière depuis des semaines. Réunies le 1
er décembre à Paris, les trois familles de l’interprofession, représentées par leur fédération (FNPL, FNCL et FNIL) sont parvenues à se mettre d’accord sur un prix payé aux producteurs en diminution de 25 euros pour 1 000 litres sur les deux derniers mois de l’année 2008, ramenant le prix à environ 315 euros. En revanche, la baisse devrait atteindre 45 euros pour le mois de janvier et 55 euros pour le mois de mars 2009. Pour Bertrand de Kermel, directeur de la FNCL (coopératives),
« les entreprises comme les producteurs ont besoin de visibilité sur un moyen terme. Il était temps qu’un accord soit trouvé, cela est mieux pour l’ensemble de la filière », ajoutant que la plus forte baisse intervient en fin de campagne au moment où il y a moins de lait.
Bâtir un plan de filière
Seules la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale, absentes de l’interprofession, ont réaffirmé leur refus de toute baisse du prix du lait, mettant en avant l’augmentation de 18 à 17 % des charges des producteurs.
« Le quota annuel moyen des producteurs français est de 260 000 litres de lait. En l’espace de six mois, l’éleveur voit son chiffre d’affaires diminuer de 5 600 euros, alors même que les charges ont explosé ces derniers mois », s’indigne également l’OPL (Organisation des Producteurs de Lait).
Les négociations ne vont pas s’arrêter là. Il est question de continuer le travail au sein de l’interprofession pour
« bâtir un plan de filière ».
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Ce dernier porterait sur la mise en place d’un nouveau système d’indicateurs
« destiné à éclairer les acteurs économiques sur l’évolution des marchés et des prix », sur la création d’un observatoire des volumes
« apte à favoriser la meilleure adéquation entre l’offre et la demande de lait ».
S’il semble y avoir un consensus autour des indices actuels de fixation du prix du lait, la cotation du prix allemand fait débat. La FNPL propose également que l’évolution du prix de vente des PGC ainsi que les charges des producteurs soient prises en compte. De son côté, le ministère de l’Agriculture a salué les efforts des différentes familles professionnelles pour aboutir à cette décision et appelle
« les familles professionnelles à travailler ensemble à des propositions concrètes sur les modalités de contractualisation ».