Alors que 216 loups ont déjà été prélevés sur les 227 autorisés au niveau national, la FDSEA et les JA de la Corrèze ont sollicité le Préfet pour demander l'activation immédiate de la réserve réglementaire de 2 %. Objectif : garantir aux éleveurs les moyens de défendre leurs troupeaux jusqu'à la fin de l'année.
La pression du loup ne faiblit pas en Corrèze. En 2025, 87 constats de prédation ont été réalisés par l'OFB, concernant notamment 222 ovins, 6 bovins et 1 chien.
En 2026, à ce jour, 56 constats ont été réalisés. Parmi eux, 27 ont conclu à une « responsabilité du loup non écartée », concernant 59 ovins tués ou blessés et 4 bovins tués. 4 autres constats, classés en « cause indéterminée », ont fait l'objet d'une proposition d'indemnisation au regard du contexte local de prédation, concernant 5 bovins tués ou blessés.
Avec l'installation d'un couple reproducteur et la présence de portées, le loup est désormais durablement implanté dans le département. Pour la FDSEA et les JA, il n'est donc pas question de laisser les éleveurs sans moyens d'actionalors que la prédation continue.
Au 5 octobre 2026, 216 loups ont déjà été prélevés sur les 227 autorisés, soit plus de 93 % du plafond national. Dans plusieurs départements, des restrictions apparaissent concernant la mobilisation des lieutenants de louveterie, tandis que les tirs de prélèvement ont été suspendus à l'approche du plafond.
« Le plafond national ne doit pas devenir un plafond de protection des troupeaux. On ne peut pas demander aux éleveurs d'attendre une nouvelle attaque, voire plusieurs, avant de leur donner les moyens d'agir », estime Marie-France Forest, secrétaire générale de la FDSEA de la Corrèze.
La FDSEA et les JA refusent que la gestion du plafond national conduise à ralentir les tirs de défense ou à restreindre la mobilisation de la louveterie. En Corrèze, où l'élevage en plein air joue un rôle majeur dans l'économie agricole et l'entretien des territoires, la capacité à intervenir rapidement est essentielle pour éviter que la prédation ne s'installe davantage.
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La réglementation prévoit la possibilité de mobiliser 2 % supplémentaires, portant le plafond national de prélèvement de 21 % à 23 %. Pour la FDSEA et les JA, cette réserve doit désormais être activée, sans attendre l'atteinte du plafond actuel.
« Cette réserve existe précisément pour éviter une rupture dans les capacités d'intervention. Nous demandons qu'elle soit activée maintenant, et non lorsque les 227 prélèvements auront été atteints et que les éleveurs risqueront de se retrouver sans solution, insiste Marie-France Forest.
La FDSEA et les JA demandent ainsi au Préfet de maintenir toutes les possibilités de tirs de défense en Corrèze, de garantir la pleine mobilisation des lieutenants de louveterie en fonction de la réalité de la prédation et d'intervenir auprès du préfet coordonnateur et du Gouvernement pour obtenir l'activation immédiate de la réserve réglementaire de 2 %.
« Les éleveurs ne peuvent pas être les variables d'ajustement de la gestion d'un plafond national. La priorité doit rester la protection des troupeaux et la baisse effective de la prédation, conclut la secrétaire générale de la FDSEA.
Pour la FDSEA et les JA, il faut donner aux éleveurs les moyens d'agir avant la prochaine attaque, et non attendre qu'elle survienne pour réagir.