La pomme de terre semble avoir bénéficié du discours sur les hausses de prix des produits frais alimentaires.
Parmi les résultats positifs de la campagne de pommes de terre de conservation 2007/2008, outre l'excellent bilan des exportations, il faut noter la confirmation d'une reprise de la consommation intérieure. Le panel Secodip, pour le compte du CNIPT (interprofession pomme de terre) enregistre une augmentation de la consommation des ménages pour la campagne écoulée, de 4,3% dont 5,3% en grande distribution, les hard discounters affichant une augmentation de 6,8% et les superettes, près de 23%. Les circuits spécifiques qui représentent 20% du marché enregistrent aussi une légère embellie de 0,8% grâce aux ventes chez les détaillants : + 8,6 %. En revanche, la dégradation des ventes sur les marchés s'accentue lourdement, avec - 10 %.
Même tendance à l'étranger
Les prix de détail, après une très forte hausse en 2006/2007 (+ 22 %), ont baissé en 2007/2008, de 11 %, toutes variétés confondues. Laurence Silbert, chargée des études et de la communication au CNIPT, constate que
« la même tendance est observée dans d'autres pays, Grande-Bretagne et Allemagne, ce qui laisse à penser que, outre les actions de communication, la médiatisation des hausses de prix de produits frais alimentaires a profité à la pomme de terre qui garde une image de produit accessible ».
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La baisse des prix de la pomme de terre à la distribution ne serait peut-être pas à l'origine de la reprise car on considère généralement que l'acte d'achat pour ce légume n'est pas motivé par son prix et l'on notera au passage que le recul des prix de détail en 2007/2008 est très largement inférieur à celui subi aux stades production et expédition.
Le conditionnement préféré du consommateur français demeure le 2,5 kg, mais il a connu l'an dernier un recul de près de 3%, au profit des extrêmes, les plus de 5 kg progressant de 43 % et les petits, moins de 2,5 Kg , de 21% ; le vrac stagne. Il faut donc considérer avec prudence cette reprise de consommation qui pourrait avoir eu une origine conjoncturelle.