Les AOC laitières craignent l’après-quotas

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Les producteurs souhaitent pouvoir s'organiser et gérer collectivement les volumes de lait et de fromages. Il faudra d'abord passer sous les fourches caudines du droit de la concurrence.

Plusieurs sujets étaient à l’ordre du jour de l’assemblée générale du conseil national des appellations d’origine laitières qui se tenait à Aurillac, vendredi dernier. Le douloureux problème de la fin des quotas laitiers avec la libéralisation du marché (au sein duquel les AOC se sentent peu désarmées) figurait en tête. Avec 44 AOC fromagères et 3 AOC beurre et crème, la production est de 231 592 tonnes dont 71 % au lait cru.

D’où la demande des producteurs de pouvoir s’organiser et de gérer collectivement les volumes de lait et de fromages. « Pas facile,a avoué Marie Christine Bûche, directrice de la sous-direction produits agricoles et alimentaires à la DGCCRF. Une décision du Conseil de la Concurrence en date du 15 juin 2007 a décidé que les plans de campagne dans un contexte privilégié sont condamnables. Il me semble que les solutions possibles passent d’une part au niveau européen par un régime identique à celui des AOC viticoles et d’autre part, que les cahiers des charges introduisent des notions de développement durable exigées par les producteurs. »

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Compte tenu de cette spécificité des AOC à la fois en termes de patrimoine gastronomique, de développement durable et de contribution à l’aménagement du territoire, cette adaptation des règles de la concurrence à la spécificité des AOC a fait l’objet d’une motion signée par Bernard Pellicier, président du Cnaol et Nicola Baldrighi, président de l’AFIDOP (association des fromages AOP italiens).

Un logo AOP à la place du logo AOC

Mais la libéralisation du marché n’est pas la seule préoccupation de la filière. Le Cnaol attend depuis longtemps la possibilité d’afficher le logo de l’AOP sur ses étiquettes, pratique qui ne peut se faire que lorsque le vieux logo français des appellations fromagères aura disparu. Or la filière attend depuis longtemps l’abrogation du décret concernant ce logo. « Je souhaite que ce logo soit supprimé le plus vite possible et je demande à madame la directrice de l’Inao, Marion Zalay, de s’en occuper le plus vite possible », a demandé Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, qui était venu conclure les travaux de l’AG. Même accord de point de vue du ministre sur la transformation des logos européens de l’AOP et de l’IGP : « La différence doit être visible pour les consommateurs. » La question des ingrédients pose également problème au Cnaol qui voit fleurir l’utilisation d’AOC dans les recettes telle cette pizza au Beaufort contenant moins de 1 % de Beaufort ! Là encore, Michel Barnier a répondu que « la question des ingrédients » devait « être négociée ».

Mais si le ministre savoyard exprime son sentiment, encore faut-il que Bruxelles ratifie ce changement lors des modifications du règlement 510 qui devraient avoir lieu en 2008. « En octobre 2008, le livre vert sur la qualité en général et sur les AOP et IGP sera prêt. La Commission tiendra compte des desiderata des producteurs ou de leurs représentants,a confirmé Nikiforos Sivenas, directeur des aspects horizontaux du développement durable à la Direction Générale de l’Agriculture de la Commission Européenne. « Je ne suis pas le ministre des grandes annonces, a conclu Michel Barnier, mais je suis le ministre du suivi » Celui-ci a apporté son soutien au Cnaol et a demandé à ce que les fédérations nationales soient consultées.

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