De mémoire de producteur, jamais le lait n’avait atteint un tel niveau. La recommandation de prix pour le premier trimestre 2008, tombée mercredi, préconise une hausse de 103,7 euros pour 1000 litres par rapport au premier trimestre 2007 soit près de 40 % d’augmentation sur un an. Le manque de disponibilités et une forte demande explique cette évolution, qui réjouit la FNPL autant qu’elle inquiète.
« Nous sommes heureux pour les éleveurs, mais nous n’aimons pas les grosses variations. Nous ne sommes pas sûrs de nous en sortir au niveau de la filière, des producteurs et du consommateur » a indiqué la Fédération nationale des producteurs de lait aux
Marchés.
Le risque d’une telle hausse réside dans sa répercussion sur les prix de vente, qui pourrait se révéler dissuasive en bout de chaîne. En Allemagne, les très fortes augmentations de prix (de l’ordre de 30 % sur le beurre, de 10 à 20 % sur les fromages), notamment dans le hard discount, ont entraîné un fort recul des ventes. La structure de la distribution française pourrait atténuer cet effet, en fonction des politiques de tarifs décidées par les groupes.
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Dans ce bal à plusieurs, l’accueil réservé à cette recommandation de tarif par les industriels est également à surveiller. Car dans un marché des produits laitiers assez mature, le curseur des prix va devoir être ajusté avec précision pour éviter les reports de consommation. Après une baisse régulière des prix à la production (voir graphique), le lait s’est récemment transformé en or blanc, sans rassurer totalement le secteur.
« On part dans le mur en dérégulant les marchés, et il y a un phénomène de yo-yo des prix pour les éleveurs » observe la FNPL, au moment ou la Commission préconise la disparition des instruments de régulation. Le niveau de prix actuel devrait déboucher sur un prix du lait en 2008 compris entre 340 et 345 euros/1 000 litres, avec de nouvelles recommandations à la hausse pour les prochains trimestres (d’intensité moindre cependant). Cette poussée de fièvre des prix devrait permettre de rattraper le retard observé par rapport à d’autres pays, mais la réaction des consommateurs et de la distribution pèse comme une épée de Damoclès au-dessus de la filière. La période de négociations des tarifs s’annonce très chaude.