Lait : l’avenir se précise en Midi-Pyrénées

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La filière laitière régionale semble se diriger vers un schéma d’adaptation volontaire.

En 2007, un groupe de prospective, mis en place à l’initiative de CER France Midi-Pyrénées et de la Chambre régionale d’agriculture, avec l’appui du Conseil régional, formulait cinq scenarii possibles pour l’avenir de la filière laitière régionale d’ici à 2020. Un an après, il fait un premier bilan, à la lumière des faits marquants de 2007-2008.

Parmi ceux-ci, le groupe place en première position la sous réalisation des références de - 4 %, par rapport à 2006-2007, et l’augmentation du prix des céréales qui pénalise doublement la filière par la concurrence qu’elle instaure, interrogeant les éleveurs quant à leurs choix futurs de production. Mais il note aussi que des initiatives de gestion régionale (projet interprofessionnel de Cilaisud, régionalisation des transferts de quotas sans terre en Aquitaine et Midi-Pyrénées) témoignent d’une prise de conscience et d’une volonté de la filière de mettre en œuvre un scénario d’adaptation volontaire. En 2007, en Midi-Pyrénées, 6 Ml de lait (sur 7 Ml disponibles) ont ainsi été transférés entre départements.

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La restructuration industrielle s’organise

« Dans un même temps, l’augmentation du prix du lait (+ 224 euros/1 000 litres entre le 4 e trimestre 2007 et le 2 e trimestre 2008) et le potentiel du marché espagnol, insoupçonnés il y a un an, jouent en faveur du maintien de la production laitière dans les zones d’élevage et sont peut-être des opportunités de développement à saisir, pour accompagner cette adaptation » , indique le groupe de prospective. La restructuration s’organise, par ailleurs, du côté des industriels, Sodiaal ayant, par exemple, créé une seule union régionale au lieu des trois existantes dans le Sud-Ouest. « Bon nombre des évènements observés en 2007 traduisent une orientation vers le scénario d’adaptation volontaire. C’est le rythme auquel avancera cette adaptation qui est aujourd’hui déterminant pour sa réalisation », souligne encore le groupe.

Certains « signaux négatifs » sont toutefois évoqués, comme l’augmentation des coûts de production, la sous réalisation chronique des quotas (-12 % au total), la livraison de 20 Ml de lait à l’Espagne, fragilisant les outils de transformation régionaux qui manquent de matière première, ou encore le désengagement de l’Etat quant au financement des investissements dans les exploitations. Mais ils n’ont rien d’irrémédiable et poussent justement à réagir, ce qui tenterait à prouver que le scénario de la fin programmée de la filière n’est pas d’actualité.

Enfin, trois autres scenarii avaient été évoqués. Celui de l’éco-relocalisation pourrait être porté par l’actualité sur les préoccupations environnementales. En revanche, le groupe d’investigation pense « qu’il est trop tôt » pour se prononcer sur un éventuel scénario de l’éleveur laitier à l’entrepreneur rural, dans lequel l’agriculteur transformerait son lait à la ferme, tandis que l’hypothèse d’une « milk valley » est de plus en plus improbable.

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