Après 17 ans d’absence en Châtaigneraie, le concours départemental de la race aubrac revient à Montsalvy
Concours départemental aubrac : Montsalvy se prépare à accueillir les meilleurs spécimens du Cantal
Le 27 septembre, il n’y a pas que les sénateurs qui seront élus. Les plus beaux spécimens que compte le Cantal en race aubrac seront également désignés. Après Saint-Flour, c’est à Montsalvy, en Châtaigneraie, que seront attendus 250 animaux présentés par une soixantaine d’éleveurs au concours annuel départemental.
L’événement, qui n’avait plus fait étape en Châtaigneraie depuis 2009, confirme la volonté du syndicat des éleveurs aubrac du Cantal de faire vivre son concours au fil des territoires. Une itinérance qui n’est pas qu’une affaire de géographie : elle constitue aussi, pour son président Jean-Marie Vidalenc, une manière de mettre à l’honneur, à leur tour, les éleveurs de ce secteur qui font régulièrement l’effort de présenter leurs animaux dans le traditionnel triptyque Saint-Flour, Pierrefort, Chaudes-Aigues.
Et Montsalvy, labellisée "Petite cité de caractère", se trouve à deux kilomètres de l’Aveyron, dans une zone où l’aubrac est solidement implantée. Rien d’étonnant donc à ce que le rendez-vous soit appelé à attirer bien au-delà du seul cercle des éleveurs : environ 3 000 visiteurs sont attendus.
Une affaire de famille
Sur les quelque 700 adhérents de l’Union aubrac, le syndicat cantalien compte 220 éleveurs, représentant environ 4 500 vaches mères. Parmi eux, Jérôme Malvezin, installé à Montsalvy avec sa mère Mireille au sein du Gaec, voit dans le concours bien davantage qu’une compétition.
"C’est un moment d’échange important, qui permet de garder des liens, loin des réseaux sociaux. Les éleveurs d’aubrac, on est une famille." Jérôme Malvezin, éleveur à Montsalvy
L’idée d’organiser le départemental à Montsalvy avait d’ailleurs germé quelques années plus tôt, au Salon de l’agriculture de Paris, lors d’une rencontre entre Jérôme Malvezin, Jean-Marie Vidalenc et Vincent Descoeur. Une concrétisation qui satisfait particulièrement Laurent Pradal, le maire, heureux d’accueillir "un concours aussi prestigieux" et un "moment fort de l’année 2026".
La commune s’est mobilisée autour de l’organisation, avec Albert Fau, chargé des animations, et Benoît Madamour, premier adjoint et lui-même éleveur d’aubrac. Il ne présentera toutefois pas ses animaux, "pas suffisamment habitués à ce type de manifestation".
Une rustique qui progresse
Le concours départemental sera aussi l’occasion de rappeler les atouts d’une race confrontée, comme toutes les autres, aux difficultés de l’élevage et aux effets du changement climatique.
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Plusieurs conversions vers la race avaient notamment été observées après la sécheresse de 2003. Cette année encore, les conditions climatiques ont mis les élevages à rude épreuve, mais l’aubrac a quelques arguments à faire valoir. Sa rusticité et sa capacité d’adaptation lui permettent de supporter des conditions auxquelles d’autres races résisteraient moins bien.
"Une qualité observée jusque dans des pays au climat autrement plus aride, comme le Kazakhstan.", Jean-Marie Vidalenc, président du syndicat départemental des éleveurs de race aubrac du Cantal
Et dans le Cantal, Jean-Marie Vidalenc donne une image parlante : "Cet été, même à 16 heures, il n’y avait pas une vache à l’ombre." Une manière de souligner la résistance d’animaux qui continuent à pâturer quand la chaleur incite, selon lui, d’autres à rechercher la fraîcheur.
Le contexte économique n’est pourtant pas idéal non plus, entre décheptellisation – mais la race aubrac gagne des effectifs ! – et baisse du prix du broutard. "On ne s’en sort pas si mal", relativisent les éleveurs, convaincus que la qualité des animaux sera au rendez-vous. Car derrière les prix et les classements, l’enjeu reste celui de la promotion de la race et de ses qualités d’élevage.
Une mobilisation autour du concours à Montsalvy
Dès le 22 septembre, les bénévoles monteront les parcs autour de la salle polyvalente. Une quarantaine de bénévoles sont mobilisés le jour J, avec le renfort de jeunes de la MFR de Marcolès et du lycée agricole Louis-Mallet de Saint-Flour.
"Mais toutes les bonnes volontés sont les bienvenues."
Enfin, trois "plaques d’ambassadeurs" seront remises à Jean-Pierre Felgines, administrateur du syndicat depuis les années 2000, à Michel Malvezin, l’un des pionniers de la race dans le secteur (depuis 1948 sur sa ferme), et à Vincent Descoeur, dont l’implication a contribué à faire venir le concours départemental à Montsalvy.
Au Programme : Le 27 septembre, jour du concours, casse-croûte offert aux éleveurs par Alain Cammas, négociant ; 9 heures, début des jugements de sections par des juges agréés venus de l’extérieur du Cantal ; 11 h 30, présentation génétique issue de l’insémination par Altitude ; repas ouvert à tous ; 14 heures, championnats ; 16 heures, prix d’ensemble et de famille ; 17 h 30, vente aux enchères des 25 animaux d’Aubrac prestige XXI.