La filière œuf craint les distorsions

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Le changement de réglementation en 2012 ne sera pas sans conséquence sur les coûts de production.

Un thème est revenu lors de l'assemblée générale du Comité national pour la promotion de l'œuf (CNPO), jeudi 6 novembre à Paris : le bien-être animal, et plus précisément, l'interdiction des cages conventionnelles en 2012, conformément à la directive 1999/74/CE établissant les normes minimales relatives à la protection des poules pondeuses. Comme l'a rappelé Pascale Magdelaine de l'Institut technique de l'aviculture (Itavi), le changement de système ne sera pas sans conséquence sur les coûts de production ; les dernières estimations de l'Itavi sont à leur augmentation de l'ordre de 8 %.

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Théoriquement, la hausse sera similaire dans tous les états membres. Mais l'homogénéité ne fait pas loi au sein de l'Union, et les risques de distorsions de concurrence intracommunautaire sont bien réels. Certains pays vont d'ores et déjà plus loin, poussés par l'évolution des habitudes des consommateurs comme les revendications des associations de bien-être animal. C'est le cas de l'Allemagne qui préconise des « mini-volières » (soit des cages plus hautes avec une densité plus faible que celles recommandées par la Commission), ou le cas de l'Autriche qui a interdit les cages à compter du 1 er janvier 2009. Au Royaume-Uni ou en Allemagne, les grandes surfaces ne proposent plus que des œufs alternatifs. Si, pour ces pays, de telles mesures entraînent une hausse plus marquée de leurs coûts de production, d'autres Etats sont loin de pouvoir assurer l'application de la directive. Dans le sud et l'est de l'Union, très peu d'investissements ont été réalisés jusqu'à maintenant, laissant à penser que la mise aux normes ne sera pas effective en 2012. En France, selon le CNPO, les investissements « s'effectuent progressivement depuis 2003, mais ils ne représentent que 5 à 10 % du parc actuel ».

Quelles garanties ?

À ces risques de distorsion viennent s'ajouter des inquiétudes quant à l'arrivée d'œufs des pays tiers, à des prix bien plus compétitifs. Le CNPO s'interroge sur les garanties qui seront apportées aux consommateurs. Sans oublier que nul ne peut prévoir l'orientation du commerce. Si c'est aujourd'hui que les éleveurs doivent faire de lourds investissements, qu'en sera-t-il de la revalorisation de leur production, en sachant que le consommateur continuera pour sa part à souhaiter de l'éthique à petit prix ?

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