JTIC 2026 : les industries céréalières placent l’adaptation au cœur des débats

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Olivier Duvernoy, président de l'Aemic, association professionnelle en charge de l'organisation des Journées techniques des industries céréalières, les 3 et 4 novembre 2026 à Rennes. Crédits : © Aemic

À l’occasion des 76e Journées techniques des industries céréalières (JTIC), organisées les 3 et 4 novembre 2026 à Rennes, Olivier Duvernoy, président de l’Aemic, revient sur les grands enjeux de la filière : adaptation au changement climatique, intelligence artificielle, attractivité des métiers, gestion de l’eau. Une édition marquée par l’ouverture à l’ensemble de l’écosystème céréalier.

Les Journées techniques des industries céréalières (JTIC) sont organisées par l’Aemic, le réseau des filières céréalières qui rassemble les entreprises de ces filières. L’association compte environ 500 adhérents, dont une proportion de plus en plus importante d’entreprises alors que l’adhésion était plutôt individuelle auparavant. Elle travaille aussi sur plusieurs partenariats avec d’autres structures de formation, comme Polytech Agral Sorbonne, une école d’ingénieurs spécialiste des sciences des aliments, des biotechnologies et du management industriel avec la démarche de projet comme outil pédagogique. Dans ce cadre, le programme des JTIC 2027, qui auront lieu les 3 et 4 novembre 2027 à Reims, sera réalisé en co-construction entre l’Aemic et Polytech Agral Paris.

Pouvez-vous nous présenter les Journées techniques des industries céréalières (JTIC) en général et l’édition qui aura lieu les 3 et 4 novembre 2026 ?

Ce sera la 76e édition des Journées techniques des industries céréalières, et la première fois en Bretagne, à Rennes. Les JTIC se veulent toujours très techniques sur les métiers spécifiques à nos industries de meunerie, mais elles s’ouvrent de plus en plus à l’ensemble des métiers amont - les semenciers par exemple - et aval - les Ambassadeurs du Pain, une association qui œuvre en faveur des « valeurs nutritionnelles et gastronomiques du pain ». Elles se tournent aussi vers les organismes stockeurs, les coopérateurs et les entreprises de première et deuxième transformation… Il est important que nos industries ne soient pas autocentrées uniquement sur la technique mais qu’elles sachent aussi construire, valoriser et conserver un tissu, un réseau humain. Il s’agit notamment d’attirer des jeunes vers l’ensemble de nos métiers.

De quoi parlera-t-on pendant ces journées ?

Pour moi, l’année 2026 signifie un changement de monde avec les très fortes chaleurs et de très fortes sécheresses enregistrées cette année. C’est un risque qui existera désormais de façon récurrente. Nous allons poursuivre ce que nous avons entamé l’an passé avec d’autres pays européens sur le partage d’expériences sur ces sujets, comme avec l’Espagne, déjà confrontée depuis plusieurs années à ces problématiques, et qui a mis et continue de mettre en place des solutions pour gérer les nouvelles conditions climatiques. On le fait aussi avec le Maroc, pays qui présentera une délégation importante cette année aux JTIC. Jusqu’ici, en France, on ne s’est jamais vraiment soucié de la question de l’approvisionnement et de la ressource puisque le volume et la qualité des productions sont au rendez-vous chaque année. Il faut bien comprendre que des pays comme l’Espagne ou le Maroc s’adaptent tous les ans et en permanence en fonction de leur récolte.

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Comment cela se matérialisera-t-il concrètement ?

Tout d’abord, nous présenterons toujours une série des posters permettant de mettre en avant des travaux de recherche, des projets, des produits, des services ou encore des avancées scientifiques ou techniques. Mais pour la première fois, chaque poster bénéficiera d’un temps de présentation à l’oral pour les rendre plus dynamiques. Ensuite, nous renouvelons, pour la troisième année consécutive notre Vitrine de l’innovation, avec la remise de deux prix (l’un par un jury, l’autre par le vote des participants aux journées).

Pour illustrer cet esprit d’innovation, que nous évoquions auparavant, une startup présentera un système de contrôle en continu des qualités de l’eau utilisée dans nos industries. Jusqu’à présent, ce n’était pas une préoccupation pour les entreprises de nos filières. Autre élément, qui concerne plus les marchés, des innovations intégrant des éléments d’intelligence artificielle pour mieux gérer ses approvisionnements et ses achats. Il s’agit d’avoir une vision claire des cours, qui changent toujours plus rapidement du fait de la géopolitique. Certains outils sont également développés afin de vérifier la bonne qualité des grains au moment de leur livraison.

À ce propos, comment jugez-vous la récolte 2026 en blé ?

Cette année, le marché français sera bien approvisionné, sans aucun problème. La récolte a été plus faible qu’en 2025 mais la qualité est bien présente, même s’il faut faire attention au traitement des grains, qui sont particulièrement secs en sortie de récolte. Le premier travail du meunier reste de définir les bons assemblages de blés en fonction des qualités de la nouvelle récolte.

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