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Elevage d'insectes : la société Mutatec poursuit son développement dans le Vaucluse

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La société Mutatec recycle les sous-produits de l'agriculture, notamment des fruits et légumes écartés ou invendus, grâce aux mouches-soldats noires qu'elle élève. Crédits : © Mutatec
Larve de mouche-soldat noire Crédits : © Mutatec

7 000 tonnes d’écarts de triage par an et bientôt 30 000 tonnes : installée à Cavaillon dans le Vaucluse, la société Mutatec démarre en effet l’extension de sa première ferme à insectes de taille commerciale. Elle y recycle les pertes et sous-produits de l’agriculture et de l’agroalimentaire grâce aux insectes qu’elle élève : les mouches-soldats noires comme reproducteurs d’un côté, leurs larves de l’autre. La ferme est autonome : elle prépare les aliments des insectes, elle assure la reproduction des mouches, elle engraisse les larves, elle les abat et les transforme sur place. L’entreprise valorise majoritairement des fruits et des légumes écartés après la récolte car hors calibre ou abîmés (pommes, melons, courges), mais aussi les fruits non commercialisés des mûrisseries (bananes), des invendus de fruits et légumes, des résidus des industries agroalimentaires de transformation (épluchures, résidus de pressage de jus de fruits) et des produits non conformes ou à date de péremption dépassée (boulangerie).

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Mouche-soldat noire adulte
Mouche-soldat noire adulte © Mutatec

Une petite dizaine de zones favorables identifiées

Créée en 2015 par Jérôme Costil, ingénieur agronome, et Christophe Trespeuch, vétérinaire, Mutatec se présente comme une entreprise de bioconversion par les insectes. « Nous offrons aux écarts une voie à plus forte valeur ajoutée que le compostage ou la méthanisation », pointe Christophe Trespeuch. Par expérience, un certain nombre de biomasses semblent tout à fait adaptées et permettent d’atteindre des performances satisfaisantes (melons, pommes et courges, mais aussi pommes de terre, carottes, petits pois, haricots). Alors que d’autres sont limitantes par leur profil nutritionnel (salade, chou, brocoli). La collecte de certaines matières est naturellement saisonnière, mais l’entreprise parvient à contrebalancer ces variations grâce à son propre outil de mélange et de préparation de l’alimentation sur la ferme. L’entreprise commercialise des insectes entiers, des protéines, des lipides et du frass utilisé en engrais : il s’agit d’un mélange des déjections des insectes et de ce qui reste de leur support de croissance.

Les insectes produisent aussi des nutriments fonctionnels comme l’acide laurique, des peptides antimicrobiens et de la chitine. Après la phase des démonstrateurs (à Chateaurenard de 2015 à 2019 puis à Caumont-sur-Durance), l’entreprise a donc construit la première tranche de sa ferme de démonstration de Cavaillon en 2020. Elle est pleinement fonctionnelle depuis 2022 et les travaux d’extension démarrent. Mutatec a également implanté une ferme pilote à Guayaquil (Équateur). Soutenu par deux actionnaires industriels (Sede, filiale de Veolia qui sécurise des approvisionnements ; et Le Gouessant un des leaders français de l’aquaculture qui apprécie les protéines d’insectes), la start-up envisage de disposer de cinq fermes en 2030 réparties en France, dans l’Union européenne et à l’international. « Nous avons identifié une petite dizaine de zones favorables en France », indique le dirigeant.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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