Concernant la FCO, Coop de France s'oppose à un plan de retrait de bovins maigres. Pour régler la crise porcine, un effort est demandé aux industriels de la charcuterie et aux distributeurs.
L’AG du Pôle Animal de Coop de France, mercredi à Paris, s’est efforcée de dégager des solutions face aux crises du secteur. Les difficultés ne manquent pas, avec le renchérissement des matières premières, l’extension de la fièvre catarrhale ovine. Concernant la FCO, le président Gilbert Herpe a mis en garde contre des remèdes à court terme.
« Le retrait de bovins maigres, dans l’espoir d’assainir le marché, ne ferait qu’ouvrir la porte aux viandes d’outre-Atlantique. Inutile de décrire l’effet sur les prix de nos propres exportations de viande et de broutards, qui seront fatalement indexés sur les cours à l’import », a-t-il déclaré. Pour lui, la solution passe par un encouragement au maintien de l’engraissement en France.
La filière porcine a quant à elle du mal à répercuter la hausse des prix de l’alimentation du bétail.
« Tous les maillons doivent prendre leurs responsabilités, a estimé le président Bétail et Viande Jean-Michel Fritsch.
Je pense tout particulièrement aux industries de la charcuterie et à la distribution. Avec un peu de civisme et de bonne volonté de la part de chacun, les éleveurs pourraient voir le bout du tunnel. »
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Une table ronde a permis d’envisager différents scenarii à l’horizon de 10 ans. L’hypothèse la plus plausible semble être celle d’un niveau élevé du prix des matières premières, mais avec une forte volatilité. Pour le président de Sofiproteol Xavier Beulin, la réponse adaptée tourne autour de quatre points.
« L’UE doit proposer un minimum de soutien forfaitisé, a-t-il dit.
Compte tenu de la volatilité des cours, le producteur doit avoir à disposition des filets de sécurité, comme l’assurance, les marchés à terme, le stockage. Je crois beaucoup à l’organisation des filières, point sur lequel on a des progrès à faire en France. Enfin, le deuxième pilier de la Pac ne doit plus être conditionné à des contraintes. Il faut inverser les choses et mettre en place un dispositif plus incitatif. »
L’animatrice Patricia Lecadre, du Céréopa, a livré un exposé très dense sur l’impact du coût des matières premières dans les filières animales. Tout le monde est concerné par cette situation de rupture. Le cultivateur est amené à gérer différemment ses assolements, ses rotations. Sauf si une contractualisation forte le lie à l’aval. L’éleveur a besoin d’être un bon gestionnaire, pour déterminer ce qui est le plus intéressant en termes de marge, et choisir par exemple de vendre ses céréales, d’arrêter ses productions animales.
De son côté, le fabricant d’aliment voit son métier revalorisé. Il doit se montrer réactif par rapport aux disponibilités de matières premières, gérer les risques sur les marchés à terme. Le transformateur doit être en mesure d’exercer un pouvoir de marché, qui est la capacité à dicter ses conditions en termes de prix, de cahier des charges. Une réalité s’impose au négociant : la hausse des coûts de transport. Cela interpelle sur l’opportunité d’une régionalisation des marchés. Le maïs d’importation, très prisé actuellement, pourrait à l’avenir se faire plus rare.