Bilan de santé de la PAC : sitôt présenté, sitôt critiqué

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L'Allemagne a d'ores et déjà fait part de sa préoccupation, après l'annonce de mesures de redistribution des aides annoncées hier par Madame Fischer Boel.

Les mesures présentées hier par la Commission européenne relatives à la répartition des aides ont fait l’objet de vives critiques de la part de l’Allemagne, notamment, à peine présentées. Les agriculteurs et responsables politiques d’outre-Rhin ont rejeté des propositions qui pénaliseraient selon eux les grandes exploitations notamment de l’est du pays. « L’affaiblissement unilatéral de l’agriculture allemande est inacceptable », tempêtait ainsi dans les colonnes du quotidien Neuv Osnabrücker Zeitung le président de la fédération agricole allemande, Gerd Sonnleitner. Même son de cloche du côté du ministre de l’Agriculture du Brandebourg, un État régional de l’est qui a hérité de la RDA communiste et de ses fermes collectives de gigantesques exploitations agricoles. Les fermes est-allemandes sont pénalisées de façon « plus que proportionnelle » par les propositions de la Commission européenne, a déclaré Dietmar Woidke, jugeant lui aussi « inacceptable » les réformes prévues.

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La commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, a présenté hier à Bruxelles les conclusions de son « bilan de santé » de la PAC, une consultation lancée à l’automne et qui doit déboucher sur un certain nombre de réformes votées pendant la présidence française. Parmi les propositions figure notamment une réduction des subventions aux grosses exploitations, par le biais d’un redéploiement des aides en faveur du « développement rural », ce qui est un moyen de limiter les aides à la stricte production agricole. Les subventions aux agriculteurs « ne sont pas une aumône », a réagi le ministre de l’Agriculture Horst Seehofer à la radio bavaroise, mais « une rémunération pour des standards souhaités par la société et de ce fait des coûts de production beaucoup plus élevés que pour (les agriculteurs) hors d’Europe ».

Une nécessaire relance de la production

Les mesures destinées à relancer la production sont en revanche moins contestées. Dans le contexte mondial actuel de crise alimentaire et de flambée des prix, « il est plus important que jamais de faire en sorte que nos agriculteurs soient libres de répondre à la demande croissante », a souligné la commissaire Mariann Fischer Boel, en présentant ses propositions. La Commission veut supprimer les jachères et entend relever progressivement les quotas laitiers, créés en 1984 à l’époque pour lutter contre la surproduction, avant leur disparition définitive en 2015. Autant de mesures destinées à permettre à l’UE de répondre à une demande croissante, en provenance des pays d’Asie ou d’Amérique latine, où les habitudes de consommation changent avec le développement économique et se rapprochent de celles des pays industrialisés. Ces mesures devraient être approuvées sans grande difficulté par les États européens, qui auront le dernier mot sur le sujet durant la présidence française de l’U au second semestre.

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