Annie Genevard s’est exprimée le 3 novembre devant la commission des affaires économiques du Sénat sur l’assurance prairies, interpellée par le sénateur des Vosques Daniel Gremillet.
« La carte définitive sera connue mi-novembre. Depuis mi-octobre, les éleveurs ont accès à la carte de fin septembre à ma demande. Je m’y étais engagée à Cournon », a déclaré Annie Genevard, le 3 novembre, à propos de l’indice prairies d’Airbus servant au déclenchement de l’assurance récoltes. « C’est rouge partout hein ! On a de fortes présomptions pour que ça déclenche fortement » a-t-elle ajouté à l’adresse de Daniel Gremillet, sénateur LR des Vosges, qui l’interrogeait lors de l’audition de la ministre de l’Agriculture par la commission des affaires économiques du Sénat.
Les éleveurs n’ont toujours pas connaissance des pertes qui vont être enregistrées
« Concernant les fourrages, on est aujourd’hui le 3 novembre et les agriculteurs n’ont toujours pas connaissance des pertes qui vont être enregistrées par leurs assureurs, pour ceux qui sont assurés, ou par l’ISN, l’avait-il ainsi interpellé. C’est un vrai problème quand on voit les surfaces herbagères qui couvrent notre territoire. Et ce d’autant plus dans un contexte où les sources en fourrage vont être limitées. Je crains le pire pour la fin de l’hiver 2026-2027 ».
Se voulant rassurante sur le déclenchement de l’assurance prairies, Annie Genevard s’est toutefois inquiétée du sort des agriculteurs non assurés. « C’est un drame ! Ce système d’assurance ne fonctionne pas en ce sens que les agriculteurs n’y adhèrent pas », a-t-elle déploré.
17 000 euros d’indemnisation pour une parcelle assurée contre 2500 pour une parcelle non assurée
« Nous sommes à 80% d’agriculteurs non assurés. Or j’ai donné des exemples à Cournon (au Sommet de l’élevage, ndlr) : une parcelle assurée c’est environ 17 000 euros d’indemnisation, la même non assurée bénéficiera de 2500 euros. A raison d’un coût de 2000 euros d’assurance, il aurait fallu 8 ans avant que l’éleveur perde de l’argent », calcule la ministre.
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« Cette année une grande compagnie d’assurance m’a dit que les agriculteurs sont passés à côté de 2 à 3 milliards d’indemnisations sur les 5 à 6 milliards de pertes de récolte», a-t-elle encore ajouté.
La ministre appelle les organisations agricoles à se mettre autour de la table
Une situation qui coûterait aussi à l’Etat, selon la ministre, qui indique que l’indemnité de solidarité nationale (ISN) devrait « tutoyer le milliard d’euros cette année », alors que l’engagement du président de la République en 2023 était que le coût ne dépasse pas 600 millions d’euros par an, voire exceptionnellement 680 millions d’euros.
Reconnaissant le frein à l’assurance portant sur le fait que l’agriculteur devait débourser la totalité de la prime et attendre plusieurs mois d’être remboursé de la « contribution européenne », la ministre a estimé qu’il allait « falloir se mettre autour de la table pour travailler autour de l’assurance récolte ».