Les Grands Thermes de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme), lauréats de la Mission patrimoine en Auvergne-Rhône-Alpes

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Inaugurés en 1908, les Grands Thermes de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) témoignent de l’âge d’or du thermalisme auvergnat. Désaffecté depuis 2004, l’édifice devrait retrouver une nouvelle vocation culturelle. Crédits : © Fondation du patrimoine - My Photo Agency - Ivan Portal

Privés d’activité thermale depuis 2004, les Grands Thermes de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) ont été désignés site emblématique 2026 de la Mission patrimoine en Auvergne-Rhône-Alpes. À la clé, 300 000 euros pour financer les travaux prioritaires. Lancé à l’initiative de Stéphane Bern, le Loto du patrimoine contribue ainsi à sauver des sites en péril et à leur offrir un second souffle.

Aux Grands Thermes de Châtel-Guyon, une seconde vie à construire

Des toitures vétustes et de nombreuses infiltrations qui menacent les charpentes et les décors intérieurs : aux Grands Thermes de Châtel-Guyon, l’urgence est d’abord de stopper les dégradations. Ouvert aux curistes en 1908, l’établissement témoigne de l’âge d’or du thermalisme auvergnat.

Mais l’activité thermale a cessé en 2004 et le bâtiment se détériore depuis. Désignés site emblématique 2026 de la Mission patrimoine en Auvergne-Rhône-Alpes, les Grands Thermes bénéficient d’une dotation de 300 000 euros pour engager les travaux prioritaires, notamment la réfection des toitures et des verrières.

bâtiment thermal

Les thermes témoignent de la richesse de la Belle Époque

« Il faut urgemment arrêter les infiltrations qui le menacent », souligne Thierry Martin-Lassagne, délégué régional Auvergne de la Fondation du Patrimoine. L’enjeu dépasse la seule préservation des murs. Mosaïques, céramiques et peintures témoignent de la richesse des décors de la Belle Époque. La municipalité souhaite permettre au public de découvrir davantage le bâtiment et d’y développer des activités culturelles. Encore faut-il mettre les lieux en sécurité avant de leur imaginer de nouveaux usages.

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Quel est l'objectif de la Mission patrimoine de Stéphane Bern ?

À l’origine du dispositif, une mission confiée en 2017 par le président de la République à Stéphane Bern : identifier les sites patrimoniaux en péril et trouver des moyens de financer leur restauration. La Mission patrimoine est lancée l’année suivante, avec le concours de la Fondation du Patrimoine, du ministère de la Culture et de FDJ United, qui commercialise les jeux dédiés.

Le principe : les joueurs achètent des tickets à gratter ou participent aux tirages spéciaux du Loto du Patrimoine.

Une partie des recettes contribue ensuite au financement des sites sélectionnés. Ces aides viennent compléter les sommes réunies par les propriétaires, les collectivités et d’autres partenaires ; elles ne couvrent donc pas nécessairement l’intégralité des travaux. Le Loto constitue l’un des leviers de la Fondation du Patrimoine, qui fête ses 30 ans en 2026. Créée en 1996, elle mobilise aussi les dons des particuliers et le mécénat pour sauvegarder le patrimoine français.

Quels sont les projets lauréats de la Mission patrimoine ?

  • Ain : le château de Chenavel à Jujurieux,
  • Allier : le château de Chassimpierre et ses dépendances à Châtelperron,
  • Ardèche : Les Fabriques de Meyras,
  • Cantal : le château de Pesteils à Polminhac,
  • Creuse : le château de Pontarion,
  • Corrèze : le château de Turenne,
  • Drôme : le château de Cornillon-sur-l’Oule,
  • Haute-Loire : L’abbatiale Saint-Chaffre au Monastier-sur-Gazeille,
  • Haute-Savoie : la Grange Fauré à Annecy,
  • Isère : L’église abbatiale Saint-Theudère à Saint-Chef,
  • Loire : le moulin de l’Hermite à Périgneux,
  • Lozère : l'église Saint-Médard de Banassac-Canilhac,
  • Puy-de-Dôme : l’église Saint-Jean d’Esteil,
  • Rhône : l’hôtel-restaurant Anne de Beaujeu à Beaujeu,
  • Savoie : le couvent des Cordeliers à La Chambre.

Comment sont sélectionnés les projets de la Mission patrimoine ?

Les candidatures sont étudiées par les délégations de la Fondation du Patrimoine et les directions régionales des affaires culturelles (Drac), avant l’examen des dossiers par le comité national de sélection. « Plusieurs critères entrent en jeu : l’intérêt patrimonial, l’état de péril, la maturité du projet et ses retombées pour le territoire », explique Thierry Martin-Lassagne.

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Un bâtiment remarquable ne suffit donc pas à emporter la décision, il faut aussi préparer sa restauration et démontrer qu’il pourra retrouver une fonction. Pour les sites emblématiques, la dotation répond aux besoins de financement de la tranche de travaux retenue. Pour les projets départementaux, les montants sont calculés en fin d’année, lorsque les recettes des jeux sont connues.

chapelle

« La nouvelle vie envisagée compte également dans la sélection : il faut une vision pour un projet commun et une nouvelle vie », insiste le délégué régional. Il cite une chapelle désacralisée à Villefranche-d’Allier, dans l’Allier, qui doit accueillir des activités de formation pour des jeunes d’un institut médico-éducatif (IME), avec des salles de classe, de conférence et d’exposition. La restauration doit ainsi permettre au bâtiment de retrouver une utilité locale.

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Un important réseau de bénévoles autour de la mission du Patrimoine

La sélection n’est qu’une première étape. Une fois les travaux engagés, encore faut-il s’assurer qu’ils avancent conformément au projet. En Auvergne-Rhône-Alpes, environ 200 bénévoles contribuent à ce suivi, selon Thierry Martin-Lassagne. Ils se rendent sur les sites, photographient l’avancement des travaux et transmettent leurs observations.

Certains, notamment d’anciens architectes, apportent leur expertise technique. À l’échelle nationale, la Fondation s’appuie sur environ 1 500 bénévoles. Retraités comme jeunes actifs, ils donnent de leur temps pour tenir des permanences sur des Salons, rencontrer des élus ou accompagner les porteurs de projets, souvent des communes et des associations aux moyens limités. Depuis 2018, plus de 1 080 sites ont été accompagnés par la Mission patrimoine.

Selon le bilan national publié en 2026, plus de 70 % des projets sélectionnés par la Mission patrimoine entre 2018 et 2025 sont sauvés ou sur le point de l’être.

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