Pour son vingtième anniversaire, Europêch, qui s'est déroulé à Perpignan cette semaine, est revenu sur les prévisions de récoltes de pêches, nectarines et abricots 2008. S'il est un fruit qui devrait se commercialiser ce printemps sans trop de souci, si la météo est de la partie, c'est l'abricot dont les vergers ont été décimés par le gel, ont constaté les experts venus de toute l'Europe au forum économique annuel des fruits d'été. En France, le gel a frappé par deux fois en Rhône-Alpes après une floraison inhabituellement précoce. Il a épargné le Roussillon mais pas les provinces espagnoles ni l'Italie. Seule la Grèce disposera d'un potentiel habituel d'abricots.
Avec une production estimée à 40 % du potentiel dans la région la plus touchée, la France devrait mettre en marché à peine 90 000 tonnes d’abricot en 2008 (50 % environ d’une année normale). Reste que les interrogations sont nombreuses chez les producteurs, notamment français, habitués qu’ils sont à subir presque jusqu’à la récolte des chutes physiologiques de fruits liées aux coups de gel printanier.
Les producteurs de pêches et de nectarines semblent pour leur part entrer dans une année classique à défaut d’être exceptionnelle. Là encore, les aléas climatiques ont frappé en Espagne pays où la question de l’eau demeure prégnante. Le gel, encore, a touché les provinces du nord de l’Italie, épargnant la France et la Grèce. Sans oublier la France, le gel aurait gommé 20 % de la récolte des tablettes, dont les tonnages reculent très sensiblement dans les deux espèces phares, pêche (-21 %) et nectarine (-18 %) et qui souffre en plus d’un recul structurel des vergers.
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Au final, fin avril, les estimations de production ont été établies à 1,398 million de tonnes pour la pêche (-1 % par rapport à 2007), 1,385 million de tonnes pour la nectarine (-2 % par rapport à 2007) et 1,049 million de tonnes pour la Pavie destinée principalement à l’industrie (+4 % par rapport à 2007).
Oublier la sombre année 2007
Reste maintenant à éviter le cauchemar du début de la saison 2007 qui avait vu les prix commencer très bas et peiner à atteindre un niveau rémunérateur pour les producteurs. Les premières indications en la matière ne sont pas forcément engageantes puisque les prix semblent encore bas pour l’entrée des andalous en production. C’est justement en Espagne que les interrogations sont les plus nombreuses, liées au climat et à la ressource en eau, mais aussi au choix variétal puisque les producteurs hésitent entre la Pavie, qui bénéficie du double marché du frais et de la conserve dans ce pays, et les pêches et nectarines, voire tentent de diversifier leur production vers la cerise ou, dans une moindre mesure, vers l’abricot, notamment en Catalogne et Aragon.