Victoire des agriculteurs : le Parlement européen saisit la Cour de justice
Après deux jours de forte mobilisation des agriculteurs devant le Parlement européen à Strasbourg, les eurodéputés ont voté ce mercredi 21 janvier en faveur de la saisine de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE).Un vote serré mais décisif : 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions.
Cette décision marque une étape clé dans le combat mené par les agriculteurs contre l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. En saisissant la CJUE, le Parlement européen demande à la Cour de vérifier si cet accord est conforme aux traités européens. Conséquence immédiate : l’accord est gelé, le temps de l’examen juridique.
Pour les agriculteurs mobilisés, cette victoire, acquise à seulement dix voix d’écart, démontre que la pression du terrain porte ses fruits et que la défense de l’agriculture européenne peut encore être entendue à Bruxelles et Strasbourg.
« Une victoire essentielle pour notre agriculture creusoise »
Christian Arvis, vous etes le président de la FDSEA de la Creuse et tout juste rentré de Strasbourg, quelle est votre réaction après ce vote ?
Christian Arvis : C’est une vraie satisfaction, et surtout une victoire collective. Cette décision montre que la mobilisation des agriculteurs n’a pas été vaine. Quand on se bat, quand on est présent sur le terrain, on peut faire bouger les lignes, même au niveau européen.
Que représente cette saisine de la CJUE pour les agriculteurs ?
CA : C’est une étape indispensable. Depuis le début, nous dénonçons un accord déséquilibré, qui met en concurrence nos exploitations avec des productions qui ne respectent ni nos normes sanitaires, ni nos normes environnementales. Le fait de geler l’accord le temps de l’examen juridique, c’est déjà une protection pour nos filières.
Le combat est-il terminé ?
CA : Non, clairement pas. Cette victoire est précieuse, mais elle reste fragile. L’écart de voix est faible, ce qui montre que rien n’est acquis. Nous resterons vigilants et mobilisés. Les agriculteurs de la Creuse, comme partout en France, demandent simplement une chose : pouvoir vivre de leur travail dans des conditions équitables.
Un message à adresser aux décideurs européens ?
CA : L’agriculture ne peut pas être la variable d’ajustement des accords commerciaux. Cette décision doit être un signal fort : l’Europe doit protéger ses agriculteurs si elle veut préserver sa souveraineté alimentaire.