Tout ce qu'il faut savoir sur la DNC
Le GDS vous propose une Foire Aux Questions autour de la DNC. Au 2 janvier 2026, et depuis le 29 juin 2025, 117 foyers de DNC ont été recensés en France. Cela représente 82 élevages impactés.
Le GDS vous propose une Foire Aux Questions autour de la DNC. Au 2 janvier 2026, et depuis le 29 juin 2025, 117 foyers de DNC ont été recensés en France. Cela représente 82 élevages impactés.
Comment se propage la DNC ?
Les deux vecteurs principaux sont les stomoxes (mouches piqueuses) et les taons. Ces insectes sont hématophages. Ils transmettent le virus responsable de la DNC de manière mécanique : ils infectent leurs pièces buccales lors d’un repas de sang ; ce repas de sang peut être interrompu (ce qui arrive fréquemment, le bovin réagissant à la piqûre) ; et à ce moment-là, la mouche piqueuse ou le taon va sur un autre animal présent à proximité pour continuer son repas de sang. C’est de cette manière-là qu’il transmet le virus du premier bovin au second.
Stomoxes et taons se déplacent naturellement sur un rayon allant de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres. Ils peuvent donc contaminer des bovins dans un périmètre géographique relativement restreint autour d’un bovin porteur du virus.
La transmission non-vectorielle est peu documentée. Pour autant, les croutes, la salive et le lait (s'il y a des lésions sur le trayon) peuvent être contaminés. Donc, la litière est contaminante mais dans une moindre mesure.
Le virus peut se déplacer sur de plus longues distances lors de déplacements de bovins en phase d’incubation.
Pourquoi ne pas abattre seulement les animaux malades ?
Il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un abattage total du troupeau mais d’un abattage sélectif (l’unité épidémiologique) et complet (tous les animaux de l’unité).
Il s’agit d’une mesure pertinente au regard de l’objectif fixé pour cette maladie (éradication immédiate), en complément des autres mesures de gestion (restrictions de mouvements, surveillance et vaccination massive et rapide).
La DNC est une maladie vectorielle, transmise par les stomoxes et les taons, le délai d’incubation de la DNC varie fortement d’un individu à l’autre, de 7 jours à 35 jours. Ainsi, dans un même lot, il peut y avoir des animaux présentant des signes cliniques, des animaux en période d’incubation, mais aussi des animaux asymptomatiques.
Les tests sérologiques (basés sur la détection d’anticorps) ne peuvent être utilisés car, contrairement au test virologique par PCR, ils ne permettent pas de distinguer la réaction liée à un virus sauvage de celle liée à la vaccination. De plus, les tests virologiques effectués sur le sang ont une signification limitée car la charge virale (présence du virus dans le sang) est faible et intermittente. Il n’est donc pas possible de distinguer au sein d’un élevage, les animaux infectés et ceux qui ne le sont pas ou qui n’expriment pas encore la maladie.
Par ailleurs, sans bâtiments hermétiques aux vecteurs, le confinement des animaux ne peut être une mesure efficace pour une maladie vectorielle. En effet, les insectes vecteurs peuvent entrer et sortir des bâtiments, et ainsi continuer de répandre la maladie.
Seul le dépeuplement total du foyer permet d’éteindre rapidement la circulation du virus. L’expérience des pays qui ont pratiqué cette méthode montre que c’est la plus efficace, associée aux autres mesures de lutte que sont le contrôle des mouvements et la vaccination. Ce fut le cas de la Bulgarie en 2016 par exemple.
Est-ce que les cadavres de bovins issus de foyers, présentent un risque de propagation de la maladie ?
Les stomoxes (mouches piqueuses) et les taons se nourrissent de sang uniquement sur des animaux vivants. Ces insectes ne sont donc pas attirés par les cadavres. Ils ne peuvent donc pas s’infecter sur des animaux morts.
Par ailleurs, lors du dépeuplement, tous les cadavres sont désinsectisés, au même titre que les véhicules de transport.
Est-ce que d’autres animaux (chevaux…) ou faune sauvage jouent un rôle dans la propagation de la maladie ?
Le virus n’est pas transmissible à d’autres animaux que les bovins. Certes, les stomoxes et les taons peuvent piquer d’autres animaux mais ces derniers ne sont pas sensibles à ce virus et ne peuvent pas contribuer à la propagation du virus. La présence d’animaux non-sensibles à proximité de bovins est même un facteur de « dilution » de la maladie : chaque insecte qui pique un cheval par exemple est, de fait, moins susceptible de piquer un bovin.
Pourquoi éradiquer la maladie et ne pas vivre avec la DNC ?
La DNC est une maladie virale grave qui fait souffrir les animaux et peut provoquer jusqu’à 10 % de mortalité, sans oublier les animaux qui peuvent survivre mais garder des séquelles graves et devenir des non-valeurs économiques. Par ailleurs, d’autres maladies graves peuvent aussi arriver en France et leur coexistence aurait un impact sanitaire encore plus fort. L’éradication de la maladie vise donc d’abord à protéger l’ensemble du cheptel bovin français.
Lire aussi : DNC : un combat collectif pour préserver l’élevage Français
Que retirer de l’épidémie des Balkans et de l’Europe du Sud ?
Le retour d’expérience est peu précis et il est difficile de comparer les situations entre elles. Il semble ressortir malgré tout que la Bulgarie, qui a appliqué le triptyque « abattage total + vaccination + restriction aux mouvements » le plus strictement est le pays qui a éradiqué le plus rapidement.
Quand l’abattage partiel a été pratiqué (soit d’emblée, soit dans un second temps), il semble que ce soit davantage pour des raisons de coût (nombreux foyers, pays non-membres de l’UE) que pour des considérations techniques.
Est-ce que la désinsectisation peut être un moyen de lutte contre la DNC ?
Pour protéger de manière efficace les animaux contre les piqures de stomoxes et de taons, il serait nécessaire de répéter très régulièrement (toutes les semaines) les traitements insecticides. Or, ces traitements ont une forte écotoxicité et les répéter dans la durée n’est pas envisageable tant d’un point de vue environnemental qu’au regard des attentes sociétales.
De plus, on observe une résistance des stomoxes à certains insecticides. Le risque est donc d’entretenir et développer des résistances aux insecticides à moyen terme.
Comment expliquer qu’un animal vacciné tombe malade ?
La situation présente est rare mais elle est possible. D’après les producteurs de vaccins, un animal vacciné commence à être bien immunisé seulement à partir de 21 jours post-vaccination. Par ailleurs, le délai d’incubation de la DNC varie fortement d’un individu à l’autre, de 7 jours à 35 jours.
Ainsi, si le bovin est contaminé avant que la protection apportée par le vaccin soit optimale, il peut alors développer la maladie, qui se manifeste par des symptômes, au plus tôt, à la fin du délai d’incubation de la maladie.
A titre d’exemple, un animal contaminé au 20ème jour après vaccination et ayant une incubation de 15 jours pourra exprimer des symptômes cliniques de la maladie 35 jours après la vaccination.
Pourquoi abattre d’autres animaux que celui malade alors qu’ils sont tous vaccinés et qu’ils ne présentent aucun signe clinique ?
Un animal de l’exploitation est porteur de la souche sauvage de la DNC, preuve que le virus circule dans l’élevage. D’autres animaux infectés mais asymptomatiques (absence de symptômes) sont potentiellement présents dans l’élevage. Par ailleurs, de la même façon que l’animal malade a exprimé tardivement la maladie, d’autres animaux peuvent être encore en incubation.
Or, il est nécessaire de tarir rapidement cette source de virus pour protéger les élevages voisins, d’où la nécessité de dépeupler le foyer.
Quelles sont les justifications de cet agrandissement de zone vaccinale dans le Sud-Ouest ?
Alors que la situation sanitaire vis-à-vis de la DNC est stabilisée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes grâce à des mesures efficaces de lutte, elle reste préoccupante en Occitanie. Deux nouveaux foyers ont en effet été confirmés les 9 et 10 décembre, respectivement en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées. Un nouveau cas de DNC a été détecté et confirmé en Ariège le 1er janvier, dans un élevage de Léran, entre Mirepoix et Lavelanet. La situation nécessite le renforcement des actions pour éradiquer la maladie.
L’extension de la vaccination dans les zones limitrophes aux zones règlementées, a pour objectif de créer un cordon sanitaire supplémentaire et de « gagner » la course contre la montre face à la diffusion du virus, en complément des autres mesures de gestion nécessaires.
Pourquoi ne pas vacciner l’ensemble du territoire français ?
L’objectif est d’éradiquer la maladie. De ce fait, la vaccination ne peut pas être conduite sur une base volontaire. Elle peut être imposée par l’État dans deux cas de figure :
• la présence de foyers dans la zone ;
• l’existence d’un risque important d’introduction du virus dans la zone concernée, même en l’absence de foyers (c’est le cas en Corse du fait de la présence de DNC en Sardaigne, ou dans les départements proches des derniers foyers en Occitanie). Aujourd'hui, 3 contraintes sont à noter pour une vaccination de l’ensemble du territoire.
Lire aussi : Foyer DNC du Doubs : ce que dit l’enquête épidémiologique
On nous explique que les PCR sur sang ne sont pas fiables dans un contexte de diagnostic sur un cheptel infecté alors que les Italiens l'ont ajouté dans leurs exigences pour introduire des bovins depuis les zones vaccinales (anciennes zones règlementées).
En savoir plus : DNC : Les animaux vaccinés peuvent être exportés vers l'Italie
La circulation du virus dans le sang des animaux infectés est intermittente, d’où la limite à l’utilisation du test PCR de façon isolée dans le cadre d’un diagnostic.
Les mouvements de bovins depuis les zones vaccinales vers l’Italie sont soumis à plusieurs exigences (atteinte immunité collective dans la zone géographique, absence de foyers, et vaccination individuelle de l’animal et du lot). La réalisation de PCR sur sang avant départ est une garantie additionnelle demandée par les Italiens, en complément des autres mesures.
Quelle est la situation dans les autres pays de l’UE ?
Les autres pays européens confrontés à la DNC, comme l’Espagne et l’Italie, appliquent eux aussi la stratégie d’abattage de tous les bovins présents dans un foyer confirmé de DNC.
L’objectif est le même qu’en France, éradiquer la DNC, compte tenu de l’impact sur la santé animale qu’elle peut avoir sur des millions de bovins si le virus circulait sur une grande partie du territoire.
En Suisse, il n’y a pas eu d’abattage car le pays n’a pas eu de foyer de DNC.